Un groupe de participants au « 2025 K-Beauty-Festival », organisé par l’ambassade de Corée à Madagascar lors de la Foire internationale de Madagascar, à Antanarivo, en mai 2025. © Ambassade de Corée à Madagascar
Par Charles Audouin
Le nombre de fans de la culture coréenne sur le continent africain aurait été multiplié par près de 200 entre 2014 et 2023, rapporte une tribune rédigée par une chercheuse du Korea Institute for International Economic Policy (KIEP) et publiée dans le bulletin hebdomadaire de la Korea-Africa Foundation le 30 avril.
Un chiffre qui dépasse largement la valeur moyenne de 6,5 observée à l’échelle mondiale. « L’expérience de la K-culture semble avoir un impact plus important sur l’appréciation de la Corée et l’amélioration de son image en Afrique, compte tenu de son influence qui demeurait jusqu’ici limitée », souligne le KIEP.
Environ 33,4 milliards de dollars de biens de consommation coréens ont été importés dans 45 pays africains en 2024. L’Afrique du Sud arrive en tête, suivie du Nigeria, du Maroc, du Ghana, de la Libye, de l’Algérie, de l’Égypte et du Sénégal. Les dix premiers pays importateurs représentent à eux seuls 19,5 milliards de dollars, soit 58,3 % du total pour le continent.
Les produits de beauté enregistrent la croissance la plus forte parmi ces importations, avec une hausse annuelle moyenne de 53 % entre 2021 et 2024. « Une tendance qui montre que l’amélioration de l’image de la Corée, portée par la diffusion de contenus culturels, stimule la demande pour certains biens de consommation », selon le KIEP. Les exportations de produits alimentaires ont également progressé de 19,1 % en 2025 par rapport à 2024, soit le rythme de croissance le plus élevé après celui observé pour les pays du Moyen-Orient (22,6 %).
« Le marché africain des biens de consommation présente un fort potentiel de croissance à long terme, porté par une croissance démographique forte, l’urbanisation grandissante et une population jeune », analyse le KIEP, qui appelle à mettre en œuvre « une stratégie visant à convertir la notoriété et l’image positive de la culture coréenne en débouchés commerciaux ». Celle-ci doit s’appuyer dans un premier temps sur les produits de beauté, afin d’élargir la base de consommateurs, avant de s’étendre progressivement à l’alimentation, à la mode et aux produits du quotidien, selon l’institut.
caudouin@korea.kr