Le réalisateur Lee Sang-il sur le tournage de son film « Kokuho ». © Media Castle
Par Xu Aiying
Kokuho retrace l’histoire de deux hommes ayant consacré leur vie à incarner des rôles féminins dans des pièces de théâtre kabuki, un art traditionnel japonais qui repose sur une transmission rigoureuse, centrée sur la lignée, où les noms de scène et rôles se transmettent de génération en génération. Le film, qui suit l'amitié, les rivalités et les blessures de ces deux acteurs sur près d’un demi-siècle, interroge les notions d’identité, d’héritage et de légitimité, entre la force de la lignée et le talent de ceux venus d'ailleurs.
« Je ne peux pas dire que mes origines coréennes soient directement liées au film, mais la confrontation qui y est dépeinte entre lignée et étrangers reflète une partie de ma vie. J’aimerais tout particulièrement que le public coréen puisse s’identifier à cet aspect du film », a commenté son réalisateur, Lee Sang-il, un Japonais d'origine coréenne, lors d’une conférence de presse donnée à Séoul, le 13 novembre dernier.
Une représentation de théâtre kabuki. © Site Internet du film « Kokuho »
Sorti au Japon en juin,
Kokuho y a rencontré un succès exceptionnel. Avec plus de 10 millions de spectateurs, il s’apprête à devenir le film (hors films d’animations) le plus vu dans le pays depuis 2003. Sa sortie en Corée est prévue le 19 novembre.
Lee Sang-il confie être lui-même surpris de cet engouement. « Je suis heureux de voir les jeunes partager le film sur les réseaux sociaux, tandis que les générations plus âgées le recommandent par le bouche-à-oreille. » Il rapporte également des retours particulièrement marquants. « Beaucoup m’ont dit que les images étaient magnifiques, que le son était puissant, que les trois heures avaient filé sans qu’ils s’en rendent compte. Certains m'ont confié qu’ils avaient bien fait d’aller au cinéma, alors qu’ils n’y étaient plus allés depuis vingt ans. Cela m’a profondément touché. »
Une scène de « Kokuho ». © Media Castle
Pour Lee Sang-il, il n'y a pas qu'au Japon qu'on observe ce phénomène. « L’opéra, les pièces de Shakespeare ou même les films d'Hollywood sont eux aussi riches d'une longue histoire. Ceux qui consacrent leur vie à l’art paraissent brillants, mais leur parcours comporte toujours une part d’ombre. Une vie éclatante marquée par l’obscurité, c’est un thème universel. »
Kokuho représentera le Japon à l’Oscar du meilleur film international à la cérémonie des Oscars 2026, prévue le 15 mars.
xuaiy@korea.kr