Culture

20.08.2026


Par Lee Ji Yae

Vous vous rappelez de Moon-gwang, la gouvernante de la riche famille de Parasite, et de Ki-jung, la fille de la famille Kim qui se fait passer pour une experte en art ? Les voilà toutes deux réunies dans une nouvelle histoire de vengeance féminine, intitulée The Journey to Gyeongju.

Le film suit une famille en deuil, Ok-sil, la mère, et ses trois filles, Jang-ju, Yeong-ju et Dong-ju, qui entreprennent un voyage à Gyeongju pour se venger après la libération de prison de l’homme responsable de la mort de la benjamine de la famille, Gyeong-ju. Le film, qui sortira dans les salles coréennes le 26 août, a remporté le prix du public lors du dernier festival du film coréen de Florence, en mars.

Les scénarios mettant en scène des femmes se sont diversifiés en Corée, au-delà des thèmes traditionnellement associés à la famille, à l’épanouissement personnel ou à la guérison, et explorent désormais action, polar ou encore thriller. The Journey to Gyeongju s’inscrit dans cette tendance en mêlant humour noir et action, autour d'un quatuor de femmes unies par un même désir de vengeance.

Mais tandis qu’Ok-sil est convaincue que c'est cette vengeance et elle seule qui pourra réunir sa famille, ses trois filles nourrissent chacune leurs propres rancœurs, accumulées au cours du temps.

L’actrice Lee Jung-eun s’exprime lors d’une conférence de presse à Séoul, le 13 août 2026. © Lotte Entertainement

L’actrice Lee Jung-eun s’exprime lors d’une conférence de presse à Séoul, le 13 août 2026. © Lotte Entertainement


Lee Jung-eun, qui interprète Ok-sil, a présenté son personnage comme très différent des autres mères qu’elle a incarnées, notamment en raison de son « obsession pour la vengeance, qui frôle la folie ». Car c’est la vengeance qui représente pour Ok-sil la seule possibilité de réunir à nouveau sa famille. « Je voulais montrer une mère ordinaire qui, après avoir vécu un événement tragique, sombre dans une folie meurtrière, au point d’être prête à tuer le coupable de ses propres mains, sans même se rendre compte que son chapelet, symbole de sa foi, s’est brisé », a expliqué l’actrice. Contrairement à ses trois filles, Ok-sil ne quitte jamais le t-shirt qu’elles portent toutes les quatre. Au dos du sien, il est inscrit « Maman ».

De gauche à droite : Lee Yeon, Park So-dam, Lee Jung-eun, la réalisatrice Kim Mi-jo, Kong Hyo-jin et Byun Yo-han, lors d’une conférence de presse à Séoul, le 13 août 2026. © Lotte Entertainement

De gauche à droite : Lee Yeon, Park So-dam, Lee Jung-eun, la réalisatrice Kim Mi-jo, Kong Hyo-jin et Byun Yo-han, lors d’une conférence de presse à Séoul, le 13 août 2026. © Lotte Entertainement


Lee Yeon, qui interprète Dong-ju, la troisième fille de la famille, considère que la vengeance « est un acte qui consiste à poignarder à la fois sa cible et soi-même ». « Pour se venger, il faut également surmonter sa propre souffrance. C’est pourquoi le processus de vengeance d’Ok-sil a été si douloureux », a-t-elle déclaré en reconnaissant avoir apprécié le fait que « l’amertume de la vengeance ne soit ni entièrement bonne ni entièrement triste ».

Extraits de « The Journey to Gyeongju ». © Lotte Entertainement

Extraits de « The Journey to Gyeongju ». © Lotte Entertainement


Kim Mi-jo intègre ici plusieurs éléments caractéristiques du cinéma d’action, avec notamment des combats au corps à corps et des courses-poursuites en voiture. Elle décrit The Journey to Gyeongju comme une « histoire familiale où la comédie et la tragédie s’entremêlent » et explique avoir commencé à travailler sur ce projet en s’interrogeant sur le moment précis où une personne décide de se venger, une question qui lui était venue en regardant des films et séries où la vengeance est centrale. « Cela m'a fait comprendre le désir de se venger, mais j’ai toujours voulu savoir comment on en arrivait à prendre cette décision », a-t-elle expliqué. « Je crois qu’il est impossible de répondre facilement à la question de savoir si l'on est capable de tuer quelqu’un. »

The Journey to Gyeongju remet en question l’idée selon laquelle les familles endeuillées finissent nécessairement par pardonner avec le temps. Il interroge la possibilité de continuer à ressentir de l’injustice et de la colère des années après un drame, et pose une question plus fondamentale : que devient une vie lorsque l’on choisit de continuer à vivre avec ses émotions plutôt que de les laisser disparaître ?

ljyhwa@korea.kr