Culture

01.09.2026

De gauche à droite, Zo In-sung, Cho Yeo-jeong, Lee Chang-dong, Jeon Do-yeon et Sul Kyung-gu lors d’une conférence de presse à Séoul, le 25 août 2026. © Park Dae-jin / Korea.net

De gauche à droite, Zo In-sung, Cho Yeo-jeong, Lee Chang-dong, Jeon Do-yeon et Sul Kyung-gu lors d’une conférence de presse à Séoul, le 25 août 2026. © Park Dae-jin / Korea.net



Par Xu Aiying

Le réalisateur Lee Chang-dong revient le 6 novembre sur Netflix avec un nouveau long-métrage, intitulé Possible Love.

Mi-ok (Jeon Do-yeon) travaille dans une usine de masques et vit avec son mari, Ho-seok (Sol Kyung-gu), qui vient de se faire licencier. Un jour, aux funérailles d’un ancien collègue de Ho-seok, elle rencontre Ye-ji (Cho Yeo-jeong), une réalisatrice de documentaires qui suit des gens qui viennent de perdre leur emploi, ainsi que son mari, Sang-woo (Zo In-sung), issu d’une famille aisée. Les deux couples, qui mènent des existences diamétralement opposées, se retrouvent alors confrontés à leurs différences et à leurs désirs inavoués.

« Comme le titre l’indique, c’est un film sur l’amour », explique Lee Chang-dong lors d’une conférence de presse à Séoul, le 25 août dernier. « Il interroge la nature de l’amour qu’il est possible de ressentir dans nos vies et la manière dont nous devons le protéger. ».

Un extrait de « Possible Love ». © Netflix

Un extrait de « Possible Love ». © Netflix


Possible Love s’inspire d’un fait de société bien réel. Il y a une dizaine d’années, un grand conglomérat coréen avait été secoué par une grève générale après l’annonce de licenciements massifs. Après avoir initialement renoncé à réaliser un film sur cet événement, Lee Chang-dong a finalement changé d’avis et décidé de traiter le sujet.

« Face aux progrès technologiques massifs qui surviennent depuis une dizaine d'années et qui ont inauguré une ère où le travail lui-même finit par disparaître, la restructuration est devenue une réalité à laquelle chacun peut être confronté », explique-t-il. « L’emploi étant intrinsèquement lié à l’identité de chacun, se faire licencier est un événement bouleversant. J’ai pensé qu’il était nécessaire de raconter ce genre d’histoire », poursuit-il.

« Lorsque les forces qui tentent de dominer nos vies se renforcent, comment devons-nous vivre ? », interroge le réalisateur. « Je suis convaincu que, surtout en ces temps difficiles, ce qui nous permet de vivre pleinement, c’est l’amour entre les êtres humains », déclare-t-il.

Le réalisateur Lee Chang-dong lors d’une conférence de presse à Séoul, le 25 août dernier. © Park Dae-jin / Korea.net

Le réalisateur Lee Chang-dong lors d’une conférence de presse à Séoul, le 25 août dernier. © Park Dae-jin / Korea.net


Lee Chang-dong a fait appel à deux de ses acteurs fétiches pour ce nouveau projet : Jeon Do-yeon, qui avait fait l’affiche de Secret Sunshine (2007) et pour lequel elle a été récompensée du prix d'interprétation féminine au 60e Festival de Cannes, ainsi que Sol Kyung-gu, apparu dans Peppermint Candy (2000) et Oasis (2002).

« Quand je leur ai annoncé que j'allais travailler sur Possible Love, ils ont tout de suite été emballés avant même de se renseigner sur le scénario. S’il y a eu quelques tensions entre nous lors de nos premières collaborations, le temps passé ensemble et le développement de liens personnels ont fait que l'atmosphère sur le plateau était bien plus détendue », confie-t-il.

« Je ne voyais pas d’autre acteur possible dans le rôle de Sang-woo », estime-t-il à propos de Zo In-sung, avec qui il travaille pour la première fois, tout comme Cho Yeo-jeong, qui a « parfaitement saisi la profondeur de son personnage ».

Lee Chang-dong et Jeon Do-yeon sur le tournage de « Possible Love ». © Netflix

Lee Chang-dong et Jeon Do-yeon sur le tournage de « Possible Love ». © Netflix


Le retour du réalisateur de Burning est très attendu dans le milieu du cinéma. Possible Love sera présenté en avant-première mondiale à la 83e Mostra de Venise, avant de représenter la Corée dans la catégorie du Meilleur film international lors de la 99e cérémonie des Oscars en mars 2027.

« Je suis à la fois nerveuse et curieuse de voir comment Possible Love sera accueilli par le public international », confie Jeon Do-yeon. « J’ai été ravi d'apprendre cette nouvelle, même si je m’y attendais », déclare de son côté Sol Kyung-gu.

Possible Love sera quant à lui dans les salles coréennes à partir du 23 septembre, conformément aux exigences de candidature aux Oscars qui stipulent que le film doit être projeté pendant au moins sept jours consécutifs après sa première sortie commerciale en salles dans le pays qui le soumet.

xuaiy@korea.kr