Culture

29.09.2026

De gauche à droite, Zo In-sung, Cho Yeo-jeong, Lee Chang-dong et Sul Kyung-gu posent avec le Lion d’argent remporté de la 83e Mostra de Venise, lors d’une conférence de presse à Séoul, le 21 septembre 2026. © Netflix

De gauche à droite, Zo In-sung, Cho Yeo-jeong, Lee Chang-dong et Sul Kyung-gu posent avec le Lion d’argent remporté de la 83e Mostra de Venise, lors d’une conférence de presse à Séoul, le 21 septembre 2026. © Netflix



Par Xu Aiying

Les fans de cinéma coréen attendent avec impatience la sortie de Possible Love, le nouveau film de Lee Chang-dong, prévue le 6 novembre sur Netflix, après qu’il ait été primé à la 83e Mostra de Venise. De retour en Corée, le réalisateur et les acteurs sont revenus sur cette consécration lors d’une conférence de presse à Séoul, le 21 septembre dernier.

« Je suis heureux et honoré, mais ce prix n’est qu’une récompense. Le plus important était l’accueil réservé au film lors de son avant-première mondiale », a déclaré le réalisateur. « J’ai été profondément soulagé et ravi de constater que le public avait été sensible aux questions soulevées par le film et au message qu’il véhicule », a-t-il ajouté.

Zo In-sung est également revenu sur son expérience à la Mostra. « J’ai été surpris de voir de nombreux journalistes monter sur le podium pour demander des autographes à Lee Chang-dong lors d’une conférence de presse », s’est-il rappelé. « Je suis content et reconnaissant de constater le succès qu’il rencontre à travers le monde, ainsi que celui du cinéma coréen en général. »

Le réalisateur Lee Chang-dong s’exprime lors d’une conférence de presse à Séoul, le 21 septembre 2026. © Netflix

Le réalisateur Lee Chang-dong s’exprime lors d’une conférence de presse à Séoul, le 21 septembre 2026. © Netflix


Le réalisateur de Burning et Secret Sunshine aborde dans son nouvel opus de nombreuses questions, à la fois autour des enjeux de lutte sociale, du chômage, de la richesse, des inégalités ou encore de l’éthique dans le cinéma. Il suit Ho-seok, un ouvrier récemment licencié, qui nourrit une colère sourde et sombre dans le désespoir tandis que son épouse, Mi-ok, d’un naturel optimiste, accepte de participer à un documentaire réalisé par Ye-ji, une cinéaste désireuse de s’intéresser aux luttes ouvrières. Pour les filmer, Ye-ji s’implique de plus en plus dans leur vie, accompagnée de son mari Sang-woo, un riche homme d’affaires. À mesure que les univers des deux couples s’entremêlent apparaissent au grand jour les fissures au sein de leurs mariages.

« Je me suis demandé si moi aussi, d’une certaine manière, en tant que réalisateur, je n’étais pas prisonnier de l’argent », a estimé Lee Chang-dong. « Je voulais explorer la possibilité d’un amour sincère qui n’exploite pas la souffrance d’autrui comme une simple ressource, même en étant prisonnier des chaînes d’un créateur incapable de raconter sa propre histoire sans l’aide de l’argent.

Extraits de « Possible Love ». © Netflix

Extraits de « Possible Love ». © Netflix


« Ho-seok était probalement rongé par des émotions complexes telles que la honte, la culpabilité, la colère et un sentiment d'infériorité, alors même que son ego était complètement anéanti », a déclaré Sul Kyung-gu à propos de son personnage. « J'ai gardé à l'esprit le sentiment d'intimidation et de rejet qu'il a ressenti en rencontrant Sang-woo et sa femme, tous deux fortunés. »

« L'argent et la classe sociale peuvent détruire les valeurs d'une personne et la dépouiller de sa dignité », a souligné Jeon Do-yeon, qui estime que son personnage, Mi-ok, « tente de protéger sa propre valeur et celle de sa famille ».

« Je crois que c'est le public qui, en fin de compte, donne tout son sens à un film. J'espère que Possible Love résonnera chez tout ceux qui le verront », a conclu le réalisateur.

xuaiy@korea.kr