Journalistes honoraires

08.06.2026

Voir cet article dans une autre langue
  • 한국어
  • English
  • 日本語
  • 中文
  • العربية
  • Español
  • Français
  • Deutsch
  • Pусский
  • Tiếng Việt
  • Indonesian
Le bâtiment ChungMoonSoul est la partie du KAIST dont dépendent les départements de bio-ingénierie et de neuro-ingénierie. © Site officiel du KAIST

Le bâtiment ChungMoonSoul est la partie du KAIST dont dépendent les départements de bio-ingénierie et de neuro-ingénierie. © Site officiel du KAIST



Par Stephen Ferrière

La recherche coréenne continue de se faire une place de poids dans la science mondiale, et cette étude publiée en janvier dernier dans la prestigieuse revue Science ne fait que le confirmer.

« Et si une tumeur au cerveau ne naissait pas d’un coup, mais plutôt comme une petite erreur qui s’installe des années avant d’être détectée ? »

Une idée un peu folle mais pourtant une des problématiques fortes de cette étude menée par une équipe composée des professeurs Jeong Ho Lee, de l'Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST), et Kang Seok-gu, de l'université Yonsei.

Un gliome, mais qu'est-ce donc ?

Un gliome, c’est une tumeur du cerveau qui ne naît pas directement des neurones, mais dans des cellules gliales.

Ces cellules sont un peu les équipes de soutien du cerveau : elles aident les neurones à fonctionner correctement, elles les protègent, elles les nourrissent et elles participent à l’organisation de l’architecture cérébrale.

Le problème c’est que lorsque ça déraille à cet endroit-là, les conséquences peuvent être rapidement très lourdes.

Dans ce complexe organe qu'est le cerveau, même une petite zone touchée peut suffire à tout compliquer : il suffit de toucher un point stratégique pour affecter par effet boule de neige la parole, la mémoire, les mouvements, la vue ou encore la coordination.

Et donc, que raconte cette fameuse étude ?

L'étude de cette équipe coréenne s’est intéressée à un sous-type précis de gliomes, les gliomes IDH-mutants.

Un tel nom paraît un peu technique et peu faire peur mais l’idée derrière est assez simple.

Ces tumeurs portent une mutation spécifique dans un gène appelé IDH1 et ce changement génétique est le premier évènement déclencheur, telle la première pièce de domino qui fera tomber les autres.

Là où cette étude diffère de beaucoup d'autres, c'est que les chercheurs ont décidé de penser en dehors des clous et de aussi étudier le tissu autour, là où tout semblait encore normal à l’œil nu.

Leurs efforts ont payé et c’est là que la découverte devient incroyable : dans certaines zones voisines, ils ont retrouvé des cellules déjà porteuses de cette mutation initiale, à un niveau minuscule mais réel.

En clair, la maladie semble démarrer plus tôt qu’on ne le pensait, dans un coin du cerveau qui ne ressemble pas encore à une tumeur.

Un autre point intéressant à mes yeux est la cellule d’origine, le fameux patient zéro derrière l'apparition de la tumeur.

Les données pointent vers des cellules gliales encore immatures plutôt que vers des cellules cérébrales déjà bien spécialisées.

C’est un peu comme si le cancer profitait d’une cellule qui n’a pas encore commencé ses études plutôt qu’une cellule qui aurait déjà choisi sa carrière.

Encore jeune et innocente, une telle cellule immature peut se multiplier plus facilement, quitter son village natal et migrer dans le cerveau, accumuler de nouvelles mutations et survivre discrètement plus longtemps.

Ce n’est donc pas un accident brutal, mais une transformation progressive.

C'est bien beau une découverte de laboratoire, mais a-t-elle un impact réel ?

Cette découverte est plus importante qu'il n'y paraît car elle change notre manière d’imaginer les tumeurs du cerveau : on les voit souvent comme une masse qui apparaît soudainement alors qu’ici, on découvre qu’elles peuvent commencer très tôt, discrètement, dans une cellule isolée, longtemps avant les premiers symptômes.

Pour les médecins et les chercheurs, ça donne une nouvelle piste de travail, et pas n'importe laquelle.

Si l'on est possible de comprendre beaucoup mieux ce tout premier instant, ce Big Bang tumoral, il est loin d'être absurde d'envisager que dans le futur ça puisse aider à repérer plus tôt certains gliomes, ou même à interrompre leur développement avant qu’ils ne deviennent agressifs.

En résumé, c’est un résultat qui pèse vraiment, et venant d’une équipe coréenne publiée dans Science, ça confirme aussi que la Corée compte dans la recherche fondamentale de pointe.

Pour en savoir plus, consultez l'article publié sur le site Internet du KAIST.


Présents partout à travers le monde, les journalistes honoraires de Korea.net ont pour mission de faire connaître et partager leur passion de la Corée et de la culture coréenne au plus grand nombre.

caudouin@korea.kr