Journalistes honoraires

24.07.2026

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Par Alexia Ponsonnet

Les 17 et 18 juillet 2026, Paris accueillait le groupe BTS pour deux concerts à l’occasion de sa tournée mondiale Arirang. Véritable ode à la culture coréenne, le spectacle mettait à l’honneur les symboles, la musique et l’identité du pays. Avec seulement cinq villes européennes au programme de la tournée (Madrid, Bruxelles, Londres, Munich et Paris), la capitale française a vu affluer des fans de tout le continent et plus encore. Toute la ville s’est parée de hangeul, de hanboks, de musique traditionnelle et de saveurs coréennes.

Des fans pleinement investis

Les vendredi 17 et samedi 18 juillet 2026, je suis devant le Stade de France. BTS ne s’est pas produit en France depuis 2019 et l’excitation est à son comble après ces sept ans d’absence. De nombreux ARMY, les fans de BTS, savent à quoi s’attendre : les concerts ont en effet déjà été diffusés en ligne et au cinéma en avril et en juin. Une chose est donc sûre, l’esthétique de la tournée est respectée par la majorité. Rouge, blanc et noir, influences hip-hop, références aux clips et à l’histoire du groupe, touches de violet pour rappeler la couleur associée à BTS depuis plus de dix ans… et surtout, des clins d'œil à la Corée.

J’ai déjà assisté à différents concerts et festivals de K-pop : B.D.U, TXT, Ateez, Enhypen, Jin de BTS en solo, éditions du Music Bank à Paris, Anvers ou Lisbonne. Mais les 17 et 18 juillet, c’est la première fois que je voyais autant d’éléments liés à la culture coréenne dans le public. De nombreux ARMY, de tous âges, ont revêtu des hanboks, les vêtements traditionnels que les Coréens enfilent lors d’évènements importants. Certains sont classiques, imposants et colorés. D’autres sont modernisés ou personnalisés. Deux membres de l’équipe de production repèrent d’ailleurs ces fans costumés pour les filmer.

D’autres ARMY, comme moi, avaient opté pour des éléments plus discrets : norigae (pendentif) accroché à la ceinture, daenggi (sorte de ruban) dans les cheveux, jeogori (veste courte du hanbok) porté avec un pantalon cargo pour un mélange assumé entre les genres.

Des exemples de pendentifs faits main inspirés par les norigae coréens, portés lors des concerts de BTS à Paris les 17 et 18 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet

Des exemples de pendentifs faits main inspirés par les norigae coréens, portés lors des concerts de BTS à Paris, les 17 et 18 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet


Une mise en scène hommage à leurs racines

Dès l’entrée dans le stade, le public est accueilli en musique. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, ce ne sont pas les chansons de BTS qui sont diffusées, mais des morceaux instrumentaux coréens. On peut notamment entendre Ut! de CelloGayageum qui associe le violoncelle au gayageum, un long instrument à cordes, et GeomunToy de Park Dawool qui fait résonner le geomungo et ses cordes pincées. L’atmosphère est calme et sereine, comme une invitation à la méditation, puis monte progressivement en tension avant l’arrivée de BTS et le déferlement d’émotion qui va avec.

La scène à 360 degrés, qui permet aux gradins d’être remplis à 100 %, reprend la forme du Taegeukgi, le drapeau coréen : un cercle central prolongé par quatre branches en diagonale. Plus tard pendant le concert, les membres de BTS et leurs danseurs, couverts par des capes bleues et rouges, forment d'ailleurs eux-mêmes un taegeuk, ce dérivé du yin et du yang représentant l’équilibre cosmique entre des forces opposées.

Les 17 et 18 juillet 2026 au Stade de France, la scène centrale reprend la forme générale du drapeau coréen, surmontée d'écrans géants qui affichent le logo de la tournée. © Alexia Ponsonnet

Les 17 et 18 juillet 2026 au Stade de France, la scène centrale reprend la forme générale du drapeau coréen, surmontée d'écrans géants qui affichent le logo de la tournée. © Alexia Ponsonnet


Sur les écrans, des phrases en hangeul défilent lentement et, tout au long du spectacle, la scénographie multiplie les symboles culturels. Des masques folkloriques apparaissent sur des tablettes pendant They don’t know ‘bout us. L’obangsaek, le spectre des cinq couleurs traditionnelles coréennes (bleu, rouge, jaune, blanc et noir) est mis en valeur par de grands tissus portés par les danseurs durant un intermède. Une vidéo montre deux pins enchevêtrés dont les branches s’unissent pour ne constituer qu’un seul arbre. Ce phénomène naturel, appelé yeonriji en Corée, symbolise un amour indéfectible.

Bien sûr, les membres de BTS ont toujours revendiqué leurs racines, que ce soit dans leurs clips, tels que Idol ou Daechwita, ou dans les paroles de leurs chansons. Les rappeurs RM, Suga et J-Hope affectionnent les références culturelles et historiques, comme dans Ddaeng, Ma City, Paldogansan et, plus récemment, Aliens. Dans cette dernière chanson, présente dans la setlist de la tournée, le groupe souligne que, malgré son immense succès international, il est encore traité différemment des artistes occidentaux et continue à faire face au racisme et au dénigrement. Dans ce contexte, mettre la culture coréenne au centre du spectacle apparaît presque comme une réponse assumée à ces critiques.

La communion d’un public, au-delà des langues

Le concert atteint son apogée lors du quinzième titre sur les 23 interprétés. Body to Body, pensé comme un hymne taillé pour les stades, comprend un extrait du chant traditionnel Arirang. Cette mélodie et ces paroles se transmettent de génération en génération et il s’agit probablement de la chanson la plus connue des Coréens. Alors, quand les 92 000 ARMY réunis au Stade de France la reprennent en chœur, l’émotion est immense. La langue n’est plus une barrière et la foule tout entière entre en communion, pendant que les ARMY en hanbok filmés plus tôt défilent à l’écran.


Le concert dure deux heures et quart et me laisse sans voix, au sens propre comme au figuré. Les sept membres du groupe démontrent que leur succès est toujours aussi mérité, malgré une pause de presque trois ans due à leur service militaire. Ils combinent astucieusement les chorégraphies millimétrées et les moments spontanés où ils interagissent avec le public.

Ils surprennent également les fans avec un français travaillé que l’on attendait pas de la part de certains membres. Si V déclenche les cris du stade avec un tendre « je t’aime plus qu’hier et moins que demain », Jung Kook lance un « vous êtes fatigués ! » qui restera dans les mémoires. RM complimente le plus gros public de sa carrière : « Paris est magique. Paris est imbattable », tandis que Jin démarre une courte leçon de coréen pour nous apprendre à dire « je t’aime ».

Les sept membres de BTS (de gauche à droite : Jung Kook, Jin, V, RM, Suga, Jimin et J-hope) sur la scène du Stade de France, le 17 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet

Les sept membres de BTS (de gauche à droite : Jungkook, Jin, V, RM, Suga, Jimin et J-Hope) sur la scène du Stade de France, le 17 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet


Après un final spectaculaire agrémenté de feux d’artifice, il faut maintenant réussir à se remettre de ses émotions… Par chance, la ville de Paris offre de nombreuses possibilités de prolonger l’expérience sous le signe de la Corée et de BTS.

Une expérience prolongée au-delà des concerts

À l’occasion de la tournée, un pop-up store intitulé Arirang a pris place au cœur du 1er arrondissement de Paris. Pour y accéder, il fallait réussir à réserver un créneau et la concurrence était rude.

À l’intérieur, une partie exposition présente des photos des membres de BTS, ainsi que les albums du groupe. Puis une partie boutique permet de repartir avec les produits dérivés de la tournée, allant des posters et T-shirts jusqu’aux pantoufles et coussins. L’esthétique est soignée, pensée pour les réseaux sociaux avec de nombreux spots devant lesquels les fans immortalisent ces nouveaux souvenirs.

Des photos géantes des membres de BTS exposées dans le pop-up store BTS Arirang de Paris, le 18 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet

Des photos géantes des membres de BTS exposées dans le pop-up store BTS Arirang de Paris, le 18 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet


De plus en plus de pop-up stores coréens ouvrent leurs portes dans la capitale française. C’était déjà le cas pour les concerts de Twice en mai 2026 ou pour la sortie du dernier mini-album de Blackpink en février. Des enseignes telles que la Fnac des Ternes inaugurent régulièrement des espaces éphémères consacrés à la K-pop : albums, produits dérivés, snacks, boissons, photobooth… L’expérience est complète.

La venue d’un groupe aussi influent que BTS représente une occasion que les commerçants et restaurateurs coréens de Paris ne veulent pas rater. Ils sont nombreux à proposer des menus spéciaux, des cadeaux ou des réductions pour tous les fans de passage. C’est le cas du petit établissement Soum!, situé non loin du centre culturel coréen, qui régale ses clients avec des gimbaps généreux et des boissons colorées.

Les gimbaps coréens et les boissons à la patate douce du restaurant Soum! à Paris, le 18 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet

Les gimbaps coréens et les boissons à la patate douce du restaurant Soum! à Paris, le 18 juillet 2026. © Alexia Ponsonnet


Des cup sleeves BTS étaient offerts et le succès était au rendez-vous : le restaurant était plein d’ARMY, facilement reconnaissables grâce aux accessoires BTS accrochés à leurs sacs ou à leurs vêtements.

Les concerts de BTS dépassent ainsi largement le cadre musical pour devenir une véritable vitrine culturelle qui n’a rien d’anecdotique.


Présents partout à travers le monde, les journalistes honoraires de Korea.net ont pour mission de faire connaître et partager leur passion de la Corée et de la culture coréenne au plus grand nombre.

caudouin@korea.kr