Journalistes honoraires

21.08.2026

Voir cet article dans une autre langue
  • 한국어
  • English
  • 日本語
  • 中文
  • العربية
  • Español
  • Français
  • Deutsch
  • Pусский
  • Tiếng Việt
  • Indonesian
Les membres de Libelante, de gauche à droite : Kim Jihoon, Roh Hyunwoo et Jin Won, lors d’une séance photo promotionnelle en studio à Séoul, le 18 novembre 2025. © EMK Entertainment

Les membres de Libelante, de gauche à droite : Kim Jihoon, Roh Hyunwoo et Jin Won, lors d’une séance photo promotionnelle en studio à Séoul, le 18 novembre 2025. © EMK Entertainment



Par Jasmin Mikolay

Le paysage musical de la télévision coréenne offre depuis longtemps aux chanteurs une scène qui dépasse les formats conventionnels de la pop. Concours vocaux et émissions musicales ont permis au grand public de découvrir aussi bien la ballade que la comédie musicale, le chant classique ou encore le crossover. Cette tradition se poursuit en 2026 : le K-Gagok Superstar, qui invite des chanteurs du monde entier à interpréter le répertoire de la mélodie coréenne, tiendra sa finale le 25 août, tandis que SBS prépare pour octobre une deuxième saison de The Ballad of Us, après une première édition consacrée à une nouvelle génération d’interprètes et de ballades coréennes.

Libelante sait directement ce qu’une telle exposition peut rendre possible. Le groupe vocal est né en 2023 dans Phantom Singer 4, l’émission de JTBC conçue pour former un ensemble masculin de crossover à partir de chanteurs aux parcours musicaux très différents. Vainqueur de cette quatrième saison, Libelante a depuis poursuivi son chemin bien au-delà des studios de télévision, sur les scènes de concert en Corée comme à l’étranger.

Trois ans plus tard, la question n’est donc plus seulement de savoir comment Libelante est né, mais ce que ces trois années ont fait de chacun de ses chanteurs. Après avoir célébré son troisième anniversaire en mai avec un concert solo intitulé Awaken, le groupe s’apprête à investir une scène d’une tout autre nature : les 22 et 23 août, le Libelante & Oh Eun-chul Unplugged Concert Hope se tiendra au Lotte Concert Hall, à Séoul. Le projet met cette fois l’accent sur le son acoustique, les nuances des voix et l’acoustique particulière du lieu.

C’est dans ce contexte que Korea.net s’est entretenu par écrit avec Libelante, entre le 7 et le 20 août, sur les influences musicales qui ont accompagné chacun de ses membres, ce que trois années passées à chanter ensemble leur ont appris comme solistes et comme ensemble, et la place qu’ils imaginent pour les voix classiques et le crossover dans le paysage musical coréen.

Jasmin Mikolay : Trois ans se sont écoulés depuis la formation de Libelante dans Phantom Singer 4. Lorsque vous repensez aux musiciens que vous étiez à l’époque, qu’est-ce qui a le plus changé, pour chacun de vous, dans votre manière de comprendre votre propre voix et votre rôle d’interprète aujourd’hui ?

Kim Jihoon : Je ne pense pas que les choses aient fondamentalement beaucoup changé. En revanche, j’ai le sentiment qu’il y a aujourd’hui davantage de choses que je dois comprendre, et davantage de rôles que je dois assumer sur scène. Les questions « quel rôle dois-je jouer ? » et « quelle voix dois-je apporter ? » sont les mêmes que celles que je me posais il y a trois ans. Ce qui a changé avec le temps, c’est mon regard, et cela m’a donné un champ de réflexion beaucoup plus large.

Jin Won : Au début, j’étais tellement concentré sur le fait de bien assurer ma propre partie sur scène que cela occupait presque toute mon attention. Mais après trois années passées au sein de Libelante, je réfléchis désormais beaucoup plus à la manière dont nos trois voix peuvent mieux fonctionner ensemble, et pas seulement à ce que je sais bien faire moi-même. Je me sens également plus à l’aise sur scène qu’auparavant. Plutôt que de chercher à tout rendre parfait, je m’attache davantage à transmettre la musique et les émotions propres à l’instant présent.

Roh Hyunwoo : Il y a trois ans, je crois que je cherchais avant tout, en tant que chanteur classique, à produire un beau son et à présenter le mieux possible la musique que j’avais préparée. Aujourd’hui, au-delà de la question « comment bien chanter ce morceau ? », je réfléchis davantage à celle-ci : « quel rôle ma voix doit-elle jouer à l’intérieur de cette musique ? » J’ai appris qu’il fallait parfois laisser ma propre voix s’affirmer et, à d’autres moments, me fondre naturellement dans les autres voix. Ce processus a considérablement élargi ma manière d’envisager la musique.

Avant Libelante, chacun de vous a suivi un parcours musical différent et développé sa propre conception de la musique et du chant. Quel musicien, compositeur ou quelle œuvre vous a personnellement le plus influencé ? Et qu’entend-on encore aujourd’hui de cette influence dans votre manière d’aborder la musique ?

Kim Jihoon : Le musicien qui m’a le plus influencé est le chanteur Yim Jae-beom. En l'écoutant, j’ai compris que la musique prend tout son sens lorsqu’elle touche la personne qui l’écoute. J’essaie donc de chanter en espérant qu’elle ne soit pas seulement entendue, mais qu’elle parvienne réellement à toucher l’auditeur.

Jin Won : Pour être honnête, lorsque j’étais plus jeune, je n’étais pas quelqu’un qui écoutait énormément de genres musicaux différents. Je pense que ce sont les œuvres que j’ai naturellement rencontrées pendant mes études de chant classique qui m’ont le plus influencé. En apprenant à chanter, j’ai pris conscience qu’une même œuvre pouvait donner une impression totalement différente selon la personne qui l’interprète. Depuis, plutôt que de simplement chercher à imiter quelqu’un, je réfléchis beaucoup à la manière d’apporter à une œuvre ma propre voix et les émotions que je ressens. Aujourd’hui encore, lorsque je chante, l’essentiel reste pour moi de savoir si je parviens réellement à transmettre ces émotions à ceux qui m’écoutent.

Roh Hyunwoo : L’histoire de la musique était l’un de mes cours préférés à l’université. En étudiant la musique du XVIe siècle jusqu’à l’époque contemporaine, ainsi que les contextes historiques dans lesquels elle s’est développée, je me suis souvent dit que la musique que nous créons aujourd’hui pourrait, elle aussi, faire un jour partie de l’histoire de la musique. De la même manière que le crossover classique est né des évolutions de son époque, j’espère que le crossover coréen continuera à se développer comme un genre à part entière et à rencontrer des publics dans le monde entier, tout en respectant la richesse et les traditions de la musique classique.

Libelante célèbre ses trois ans sur la scène du KBS Arena à Séoul lors du concert Awaken, le 24 mai 2026. © EMK Entertainment

Libelante célèbre ses trois ans sur la scène du KBS Arena à Séoul lors du concert Awaken, le 24 mai 2026. © EMK Entertainment


Vous avez tous les trois passé des années à vous construire comme solistes avant de devenir Libelante. Or, trois excellentes voix solistes ne forment pas automatiquement un ensemble. Quelle part de votre identité musicale avez-vous tenu à préserver ? À l’inverse, qu’avez-vous appris à ajuster ou parfois à mettre en retrait pour trouver un équilibre entre vos trois voix ?

Kim Jihoon : Je pense que le travail d’ensemble est quelque chose qu’un groupe vocal doit constamment approfondir. Selon les morceaux et les tessitures, les voix s’accordent parfois naturellement ; dans d’autres cas, trouver le bon équilibre peut être beaucoup plus difficile. À partir de ces expériences, lorsque nous commençons à construire un morceau, nous réfléchissons beaucoup à la répartition des parties, afin que l’individualité de chacun puisse s’exprimer tout en permettant aux voix de bien se fondre lorsqu’elles se rejoignent. Je pense que ce processus nous apprend naturellement à ne faire qu’un. Mais s’il y a une chose de mon identité que j’ai toujours voulu préserver, c’est de ne pas perdre ma propre voix ni ma manière personnelle d’exprimer la musique.

Jin Won : Plutôt que de chercher à rendre nos voix identiques, je crois que nous essayons de préserver les qualités propres à chacun et de trouver le point où nos trois voix sonnent le mieux ensemble. Lorsque nous chantons, il y a des moments où j’aurais envie de chanter avec davantage de puissance, mais où je dois me retirer légèrement pour servir l’ensemble de la musique ; à d’autres moments, au contraire, je dois davantage me mettre en avant. J’ai énormément appris en cherchant cet équilibre avec les autres.

Roh Hyunwoo : Je pense que la musique classique est un genre relativement rigoureux, dans la mesure où elle accorde une grande importance aux intentions du compositeur, au texte, à l’époque et au style musical. Le crossover, en revanche, n’a pas une seule réponse clairement définie. Mais cela ne signifie pas, selon moi, qu’il faille abandonner complètement ses fondements classiques ou simplement se transformer en musique pop. Il est donc important de préserver la couleur individuelle de chacun tout en trouvant le point où nos voix s’accordent le mieux, et d’adapter notre technique vocale ainsi que notre expression selon les morceaux. Je crois que l’une des forces de Libelante réside précisément là : trois solistes capables de se réunir pour créer un seul son.

Le répertoire de Libelante traverse l’opéra, la mélodie coréenne, la comédie musicale et la musique contemporaine, tout en passant d’une langue à l’autre. Quelle tradition musicale et quelle langue occupent une place particulière pour chacun de vous en tant que chanteur ? Qu’ont-elles changé dans votre manière d’exprimer une émotion ?

Kim Jihoon : Même si nous chantons dans de nombreuses langues, c’est finalement ma langue maternelle qui résonne le plus profondément en moi. En particulier lorsqu’il s’agit d’exprimer une émotion, il existe une différence importante entre comprendre le sens des paroles grâce à une traduction et chanter véritablement dans sa propre langue. Je pense que l’émotion est intimement liée au sous-texte et, lorsque je chante dans ma langue maternelle, je peux imaginer et développer ce sous-texte de bien davantage de façons.

Jin Won : Ce que j’apprécie particulièrement lorsque je chante en coréen, c’est de pouvoir transmettre le sens des paroles de manière plus intuitive. À l’inverse, chanter dans une autre langue possède un charme particulier : il faut exprimer les nuances, la prononciation et les sonorités qui lui sont propres. Explorer différentes langues et différents genres m’a appris qu’une même émotion pouvait s’exprimer de multiples manières selon la musique.

Roh Hyunwoo : Mon travail avec Libelante m’a permis d’explorer une très grande variété de genres musicaux, mais aussi de réinterpréter des musiques que je connaissais déjà. Parmi eux, je trouve que le crossover classique traditionnel correspond particulièrement bien à la sensibilité musicale de Libelante. La musique en italien, notamment, me semble apporter par la langue elle-même une forme particulière de romantisme. Je m’efforce consciemment de faire ressortir le caractère émotionnel propre à chaque langue.

Après trois années de concerts ensemble, vous avez accumulé une expérience considérable de la scène. Pourtant, même les musiciens expérimentés parlent de la tension qui précède un spectacle. Que se passe-t-il pour chacun de vous dans les minutes qui précèdent votre entrée sur scène, et qu’avez-vous appris à faire de cette tension une fois que la musique commence ?

Kim Jihoon : Je ne pense pas être quelqu’un de particulièrement sujet au trac. En revanche, j’apprends constamment à faire confiance aux autres, notamment dans les moments où je suis peut-être moins à l’aise ou lorsque je ne peux pas tout porter seul. Il y a bien sûr toujours une certaine tension au moment de monter sur scène, mais j’essaie de la transformer en une attention encore plus grande envers les membres qui m’entourent.

Jin Won : Peu importe l’expérience que j’accumule, je crois que je serai toujours nerveux juste avant un concert. C’est immédiatement avant le début du premier morceau que je la ressens le plus fortement. À ce moment-là, j’essaie de me recentrer et de me dire simplement : « Allons-y et transmettons bien notre musique aujourd’hui. » Je pense qu’une certaine dose de nervosité peut aussi renforcer la concentration sur scène.

Roh Hyunwoo : Avec le recul, je ne crois pas avoir déjà donné deux concerts dans exactement le même état physique ou avec exactement le même niveau de tension. Sur scène, un imprévu peut survenir à tout moment ; au bout du compte, je pense donc qu’une préparation minutieuse reste la chose la plus importante. Parfois, lorsque je sens soudainement la tension monter après le début de la musique, je me dis : « Tu es le meilleur. » J’essaie de faire confiance à ce que j’ai préparé et de me concentrer sur la musique.

Awaken a marqué le troisième anniversaire de Libelante en mai 2026, réunissant sur une même scène trois années de répertoire et d’expérience. Lorsque vous repensez aujourd’hui à ce concert, quel morceau ou quel moment musical représentait le mieux, pour chacun de vous, le musicien que vous êtes devenu ? Et pourquoi ce moment vous a-t-il particulièrement marqué ?

Kim Jihoon : C’est difficile. Je crois que c’est une question à laquelle j’essaie constamment de répondre : qui suis-je, et quel genre de musicien suis-je ? Ce n’est pas une question qui livre facilement sa réponse. Mais si je devais choisir une performance durant laquelle j’ai eu le sentiment d’être le plus moi-même, ce serait sans doute The Blower’s Daughter de Damien Rice. Peut-être parce que c’est à ce moment-là que j’ai chanté avec le plus de liberté. On pourrait me dire que c'est simplement parce que je chantais seul plutôt qu’au sein de l’ensemble. Mais je crois que c’était un peu différent.

Jin Won : Awaken a été particulièrement important parce qu’il nous a donné l’occasion de présenter, en un même lieu, la musique et les performances que nous avions construites au cours des trois années suivant nos débuts. En reprenant des morceaux que nous avions déjà interprétés, j’ai beaucoup réfléchi à tout ce qui avait changé et évolué chez nous durant cette période. Ainsi, plutôt qu’un moment précis, c’est toute l’expérience qui a compté pour moi : de la préparation jusqu’à l’instant où le concert s’est achevé et où nous avons quitté la scène.

Roh Hyunwoo : Entre les morceaux interprétés en groupe, une partie du concert était consacrée aux performances individuelles de chaque membre. J’avais préparé la mélodie coréenne Arariyo. Elle m’a permis de réinterpréter avec le groupe le sentiment d’Arirang, l’un des chants traditionnels les plus connus de Corée, tout en faisant entendre ma propre couleur vocale classique. Pouvoir interpréter une mélodie coréenne lors d’un concert de Libelante avait pour moi une signification toute particulière.

Votre prochain projet, Hope, accorde une place particulière au son acoustique et à la résonance naturelle du Lotte Concert Hall. Dans un tel espace, le souffle, le phrasé ou la couleur de la voix deviennent plus perceptibles. Qu’est-ce que cela change concrètement dans votre manière de chanter et d’écouter les autres ?

Kim Jihoon : Comme ce concert est conçu de manière à réduire au minimum l’amplification, je prête une attention particulière à la façon dont le son se transmet réellement. Nous répétons dans un environnement aussi proche que possible de ces conditions, tout en imaginant l’équilibre qu’exigera l’acoustique de la salle.

Jin Won : Je pense que ce concert nous permettra de faire entendre nos voix d’une manière quelque peu différente de nos précédents concerts de Libelante. Nous pourrons nous concentrer davantage sur les voix et la respiration, et je pense que nous pourrons également nous entendre plus distinctement les uns les autres. C’est pourquoi nous répétons avec l’intention de chanter avec encore davantage de sensibilité et de précision que d’habitude.

Roh Hyunwoo : Pour ce concert, j’aimerais que nos trois voix, le son acoustique, la respiration du public et même la résonance de la salle puissent donner l’impression de faire tous partie d’une seule et même œuvre musicale.

Libelante lors de leur concert solo Brillante, le 2 novembre 2025 au Blue Square SOL Travel Hall, à Séoul. © EMK Entertainment

Libelante lors de leur concert solo Brillante, le 2 novembre 2025 au Blue Square SOL Travel Hall, à Séoul. © EMK Entertainment


Phantom Singer a permis à de nombreux téléspectateurs de découvrir des chanteurs de formation classique et le crossover. Trois ans après y avoir commencé votre propre parcours, qu’avez-vous appris sur ce qui peut éveiller la curiosité du public pour des musiques qui se situent en dehors des genres qu’il écoute habituellement ?

Kim Jihoon : Peut-être la qualité et le degré d’aboutissement de l’œuvre elle-même. Même si l’architecture ne vous intéresse pas particulièrement, lorsque vous voyez un bâtiment remarquablement construit, il peut arriver que votre regard s’y attarde, voire que vous ayez envie d’aller le découvrir par vous-même. Je pense que la musique peut fonctionner de la même manière.

Jin Won : Pour moi, le plus important est de faire en sorte que les gens n’aient pas l’impression que cette musique est difficile ou inaccessible. La musique classique ou le chant classique peuvent parfois sembler intimidants, mais je crois qu’une bonne musique peut malgré tout être ressentie émotionnellement, même lorsque le genre est inconnu. En présentant naturellement différents genres musicaux, nous pouvons peut-être permettre aux auditeurs de se dire que cette musique-là aussi est belle.

Roh Hyunwoo : Au bout du compte, je pense que l’essentiel est tout simplement la « bonne musique ». Plutôt que de demander d’abord à ceux qui trouvent la musique ou le chant classiques difficiles de les comprendre, tout commence, selon moi, lorsqu’une personne entend un morceau et se dit qu'elle cette musique ou qu'elle a envie d’en savoir plus sur cette voix. Si la musique de Libelante peut devenir une porte d’entrée vers un nouvel univers musical, j’en serais très reconnaissant.

Se produire hors de Corée, c’est aussi rencontrer des publics qui n’ont ni la même langue ni les mêmes références musicales. Parmi vos expériences à l’étranger, quelle rencontre ou réaction du public vous a amené à regarder différemment votre propre musique, ou la musique coréenne en général ? Qu’en avez-vous retenu ?

Kim Jihoon : Nous avons heureusement eu plusieurs occasions de donner des concerts au Japon. Voir non seulement nos fans coréens, mais aussi des fans japonais et des personnes du grand public apprécier nos concerts a fait naître en moi un nouveau rêve : continuer à chanter devant des personnes de toujours plus de pays et d’horizons différents.

Jin Won : Lorsque nous nous produisons à l’étranger et que nous voyons le public réagir à notre musique malgré la différence de langue, je prends à nouveau conscience de l’immense pouvoir qu’a la musique de communiquer au-delà des mots. Ces expériences me donnent envie de faire découvrir notre musique à encore davantage de personnes à l’étranger et, à chaque fois, elles m’encouragent à nourrir des rêves plus grands encore.

Roh Hyunwoo : Me produire à l’étranger m’a fait comprendre que, même lorsque les langues et les cultures diffèrent, les barrières sont peut-être moins nombreuses que nous ne l’imaginons lorsqu’il s’agit de transmettre une émotion par la musique. Cela m’a donné la conviction qu’une bonne musique, lorsqu’elle est interprétée avec justesse et conviction, peut toucher les gens indépendamment de leur nationalité. Ces expériences ont également renforcé à la fois mon désir d’apprendre des musiques du monde entier et mon sentiment de responsabilité en tant que musicien coréen.

Si vous pensez à la prochaine génération de chanteurs coréens issus du crossover ou de la formation classique, quelles possibilités aimeriez-vous voir s’ouvrir à eux, alors qu’elles étaient encore moins visibles ou moins accessibles lorsque vous avez commencé vos propres parcours musicaux ?

Kim Jihoon : J’espère que le champ dans lequel les artistes de crossover et les artistes classiques peuvent exercer leur métier continuera à s’élargir. Grâce aux voies ouvertes par les remarquables artistes qui nous ont précédés, Libelante a lui aussi pu évoluer dans un environnement plus favorable. J’espère qu’à notre tour, nous pourrons continuer à grandir et devenir un groupe capable d’exercer ce type d’influence positive sur ceux qui viendront après nous.

Jin Won : Avant tout, j’espère qu’il y aura davantage d’occasions pour le public de rencontrer facilement cette musique. Quant à nous, plutôt que de tracer des frontières strictes entre les genres, nous souhaitons continuer à explorer différentes formes musicales et à montrer davantage tout ce qui fait l’intérêt du crossover.

Roh Hyunwoo : Je pense que le niveau de l’enseignement de la musique classique en Corée est extrêmement élevé, y compris à l’échelle internationale, et que de nombreux jeunes musiciens remarquables continuent d’émerger. J’espère que nous verrons davantage de productions de concert de grande qualité et une plus grande diversité d’occasions permettant à ces musiciens de rencontrer un véritable public et de se développer comme artistes. J’espère qu’ils pourront se confronter à de nombreux défis grâce à des expériences scéniques enrichissantes et que celles-ci leur ouvriront, à leur tour, de nouvelles possibilités.


Certains lecteurs de Korea.net à travers le monde découvriront peut-être Libelante, voire le crossover coréen, pour la première fois grâce à cet entretien. Qu’aimeriez-vous, chacun, qu’ils retiennent ou découvrent à travers votre musique ?

Kim Jihoon : Libelante est un groupe qui chante l’espoir, le courage et l’amour. Si, parmi ces trois choses, il en est une que vous avez peut-être perdue en chemin, j’espère sincèrement que la musique de Libelante pourra vous aider à la retrouver.

Jin Won : J’espère qu’en écoutant la musique de Libelante, vous pourrez y trouver du réconfort, de l’espoir et un sentiment de liberté. Et si, à travers Libelante, vous pouviez également découvrir qu’en Corée, de nombreux artistes créent des musiques très différentes et qu’il existe ici énormément de belle musique, j’en serais très heureux.

Roh Hyunwoo : Si vous découvrez notre musique pour la première fois, j’espère que vous aurez l’occasion de venir assister à l’un de nos concerts et d’en profiter. Si la musique de Libelante peut éveiller ne serait-ce qu’un peu de curiosité, et si cette curiosité peut un jour dépasser les barrières de la langue ou certains aspects de la musique qui peuvent sembler peu familiers au premier abord, pour vous conduire à découvrir une diversité musicale encore plus grande, j’en serais vraiment très heureux.


Trois ans après Phantom Singer 4, Libelante n’est plus simplement le groupe né d’une émission de télévision. Au fil des concerts, ses trois membres ont appris à faire dialoguer leurs parcours, leurs voix et des répertoires venus d’univers différents. De la mélodie coréenne à l’opéra, de la comédie musicale au crossover contemporain, leur parcours montre aussi une autre facette de la scène musicale coréenne, au-delà des genres auxquels elle est le plus souvent associée à l’étranger.

Avec Hope, Libelante poursuit cette recherche dans un cadre différent, où la voix et l’acoustique occupent une place centrale. Trois ans après leurs débuts, Kim Jihoon, Jin Won et Roh Hyunwoo parlent moins de frontières entre les genres que de la manière de faire entendre une musique et de la partager avec le public. Une évolution qui résume assez bien le chemin parcouru depuis Phantom Singer 4, et celui qu’ils souhaitent désormais poursuivre en Corée comme à l’étranger.


Présents partout à travers le monde, les journalistes honoraires de Korea.net ont pour mission de faire connaître et partager leur passion de la Corée et de la culture coréenne au plus grand nombre.

caudouin@korea.kr