La 20e édition du Concours international George Enescu s’est officiellement ouverte le 23 août à Bucarest, marquant le début de près d’un mois de prestations, de masterclasses et d’échanges artistiques réunissant 150 jeunes musiciens du monde entier. Placée sous le thème « In Pursuit of Excellence », cette édition anniversaire apporte l’une des transformations les plus importantes de l’histoire récente du concours, dont la mission s’étend désormais au-delà du classement des candidats pour englober leur développement artistique et professionnel.
La Corée y est représentée par 40 musiciens : 13 violoncellistes, 14 violonistes et 13 pianistes. Ils constituent ainsi plus d’un quart de l’ensemble des candidats participant aux trois sections instrumentales. Accréditée pour toute la durée du concours, j’ai assisté à la conférence de presse officielle du 21 août, puis au concert d’ouverture organisé deux jours plus tard à l’Athénée roumain. Au cours des prochaines semaines, je suivrai le parcours des représentants coréens dans les sections violoncelle, violon et piano, en revenant sur leurs prestations, leurs résultats et leur expérience à Bucarest.
Un concours fondé sur l’héritage de George Enescu
George Enescu (1881-1955) était un compositeur, violoniste, pianiste, chef d’orchestre et pédagogue roumain dont l’œuvre occupe une place centrale dans le patrimoine musical du pays. Connu à l’étranger notamment pour ses Rhapsodies roumaines et son opéra Œdipe, il incarne le modèle d’un musicien polyvalent, en constante évolution, qui inspire aujourd’hui encore la philosophie du concours portant son nom.
Le Festival et le Concours internationaux George Enescu ont été créés simultanément à Bucarest en 1958, trois ans après la disparition du musicien. Ils sont aujourd’hui organisés en alternance : le festival réunit en Roumanie des orchestres, chefs et solistes de premier plan, tandis que le concours accompagne les nouvelles générations d’interprètes et de compositeurs à travers quatre sections consacrées au violoncelle, au violon, au piano et à la composition.
Au fil des décennies, le concours s’est imposé comme une plateforme internationale permettant aux jeunes musiciens de se faire connaître, d’approfondir leur relation avec le répertoire d’Enescu et d’accéder à des perspectives qui dépassent les récompenses proprement dites. De nombreux lauréats reviennent ensuite en Roumanie en qualité d’artistes invités, que ce soit au Festival Enescu ou lors d’éditions ultérieures du concours.
Un de mes précédents articles s’intéressait déjà aux liens croissants entre les musiciens classiques coréens et le Concours Enescu. Il revenait notamment sur les résultats obtenus par plusieurs lauréats coréens et sur les perspectives internationales que cette expérience avait ouvertes dans leurs carrières. Avec 40 représentants coréens en 2026, la nouvelle édition permet désormais de suivre cette relation au présent, dès les premières épreuves.
Une participation record et une forte présence coréenne
Selon Cristina Uruc, directrice d’ARTEXIM et directrice exécutive du concours, les organisateurs ont reçu 819 candidatures en provenance de 58 pays. Parmi celles-ci, 756 concernaient les sections de violon, violoncelle, piano et composition, tandis que 63 autres ont été déposées pour les masterclasses de direction d’orchestre, d’interprétation instrumentale et de composition. Après l’évaluation des dossiers et des enregistrements vidéo, 150 musiciens ont été retenus pour participer aux épreuves instrumentales en présentiel, à raison de 50 candidats dans chacune des trois sections.
Avec ses 40 représentants officiels, la Corée constitue la délégation nationale la plus nombreuse des épreuves instrumentales. Les 13 violoncellistes, 14 violonistes et 13 pianistes coréens représentent environ 27 % de l’ensemble des candidats. Ce chiffre comprend uniquement les musiciens concourant officiellement sous les couleurs de la Corée. D’autres candidats d’origine coréenne représentent les États-Unis, l’Allemagne, la Hongrie ou d’autres pays et sont donc comptabilisés selon leur représentation nationale respective.
De nombreux candidats coréens ont suivi une partie de leur formation dans des établissements comme l’Université nationale des arts de Corée, l’Université nationale de Séoul ou des écoles artistiques spécialisées du pays. D’autres poursuivent actuellement leurs études dans des conservatoires et universités d’Europe ou d’Amérique du Nord. Leurs parcours, façonnés par plusieurs traditions pédagogiques et environnements culturels, témoignent de l’internationalisation croissante de la formation classique coréenne.
Parmi les plus jeunes concurrents de cette édition figure la violoncelliste coréenne Jung Seojin. Née en 2012, elle a 14 ans et est la benjamine de la section violoncelle. Elle a commencé l’apprentissage de son instrument à l’âge de huit ans avant de faire ses débuts avec le Busan Philharmonic Orchestra deux ans plus tard. Élève du professeur Lee Kang-ho à l’Université nationale des arts de Corée, elle a déjà donné plusieurs récitals et acquis une première expérience de la scène orchestrale. Sa présence aux côtés de musiciens plus avancés dans leur formation illustre la diversité des âges et des parcours réunis au sein de la délégation coréenne.
Une lauréate coréenne revient et une nouvelle génération entre en scène
Parmi les anciens lauréats de retour en Roumanie en 2026 figure la violoniste coréenne Lee Hyeonjeong. Elle avait attiré l’attention internationale lors du concours de 2024 en devenant, à 13 ans, la plus jeune musicienne à remporter le deuxième prix de la section violon, ouverte aux candidats jusqu’à l’âge de 35 ans. Lee avait également reçu le Prix du public et celui de la meilleure interprétation d’une œuvre imposée. Son lien avec la Roumanie s’est poursuivi après le concours, notamment avec une prestation à l’Athénée roumain en 2025 aux côtés du violoniste Renaud Capuçon et de l’Orchestre de Chambre de Lausanne.
Elle retrouvera la même scène à Bucarest le 16 septembre pour un récital avec la pianiste et membre du jury Marie-Ange Nguci. Lee se produira également à Sibiu le 19 septembre. À Bucarest, la violoniste interprétera notamment la Sonate no 2 en sol majeur de Maurice Ravel et le Caprice d’après l’Étude en forme de valse de Saint-Saëns d’Eugène Ysaÿe. Son programme à Sibiu prolongera ce dialogue entre le répertoire européen et l’univers d’Enescu, avec des œuvres de Ravel, Ysaÿe et Claude Debussy, ainsi que la Sonate no 2 en fa mineur pour violon et piano du compositeur roumain.
Ce retour lui permettra ainsi d’aborder la musique d’Enescu non plus comme candidate évaluée par un jury, mais comme artiste invitée développant sa propre interprétation. Son retour illustre concrètement la continuité que le concours cherche à instaurer. Tandis qu’une jeune lauréate coréenne revient en Roumanie comme artiste invitée, 40 nouveaux représentants coréens s’apprêtent à tracer leur propre parcours dans les sections de violoncelle, de violon et de piano.
Les épreuves instrumentales en présentiel commenceront par le premier tour de la section violoncelle, organisé du 29 au 31 août. La section violon suivra du 4 au 6 septembre, puis le premier tour de piano se déroulera du 10 au 12 septembre. Une partie importante du programme est accessible gratuitement, notamment les premiers tours organisés à l’Université nationale de musique de Bucarest, les activités liées aux masterclasses et la première partie de chaque demi-finale. Plusieurs événements seront également diffusés en ligne et à la télévision, permettant au public international de suivre les prestations. Le public international pourra suivre les épreuves, les demi-finales, les finales et plusieurs récitals sur le site officiel du Concours Enescu, où les enregistrements resteront disponibles pendant 24 heures. Les trois finales seront également diffusées sur Medici.tv.
Les demi-finales et les finales se dérouleront à l’Athénée roumain. La finale de violoncelle est programmée le 7 septembre, celle de violon le 13 septembre et celle de piano le 19 septembre. Je suivrai les 40 représentants coréens tout au long de ces différentes étapes afin de présenter leurs prestations, leurs résultats et leur expérience en Roumanie. Leur évolution sera retracée depuis leurs premières apparitions à l’Université nationale de musique de Bucarest jusqu’aux éventuelles prestations qu’ils pourront décrocher à l’Athénée roumain.
Avant même le début des épreuves instrumentales, l’ampleur de la participation coréenne constitue déjà l’un des éléments marquants de cette édition. Elle témoigne de la vitalité de la nouvelle génération de musiciens classiques du pays et de l’importance que ces jeunes interprètes continuent d’accorder aux grandes plateformes internationales comme le Concours Enescu.
Pour eux, Bucarest représente non seulement une étape sur le calendrier des concours, mais également un lieu où découvrir le répertoire d’Enescu, se produire devant des jurys internationaux, rencontrer d’autres jeunes artistes et affirmer progressivement leur propre identité musicale. Fidèle au thème de cette édition anniversaire, leur expérience ne sera donc pas uniquement définie par leur accession ou non au podium, mais aussi par la manière dont ils poursuivront leur quête d’excellence au-delà du concours.
Cet article a été traduit depuis l’anglais avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, puis relu par la rédaction de Korea.net.
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