Par Alexia Ponsonnet
Quand on commence à s’intéresser à la culture coréenne, l’envie d’apprendre la langue peut rapidement se faire sentir. On se retrouve souvent à étudier le coréen seul chez soi, avec des livres ou des applications mobiles. Cette méthode n’est pas toujours efficace ou motivante. C’est là qu’intervient le centre culturel coréen (CCC) de Paris. Il propose des cours de coréen en ligne, gratuits et accessibles aux débutants. Il est ainsi possible de suivre un cursus de deux ans avec des professeurs d’origine coréenne. J’ai moi-même intégré ce programme en février 2026, directement en deuxième année.
Des cours utiles à un rythme intensif
J’ai commencé à apprendre le coréen en 2021, notamment en m’initiant au hangeul, l’alphabet coréen. J’ai progressé doucement, en utilisant différents supports : applications mobiles, sites web, vidéos ou encore livres. Beaucoup de livres.
Les manuels de coréen que j'ai accumulés au fil des ans. Différentes méthodes, différents niveaux, en anglais ou en français. © Alexia Ponsonnet
J’ai étudié la grammaire, la conjugaison et le vocabulaire mais je manquais de pratique concrète. Après quatre ans d’apprentissage sans véritable régularité, j’ai constaté que mon niveau stagnait. J’ai alors cherché de vrais cours de coréen, avec un professeur et des camarades de classe. C’est là que j’ai découvert ceux proposés par le CCC, accessibles après un tirage au sort en raison du nombre croissant de demandes.
Après avoir passé un test de niveau via le site de l’Institut Roi Sejong et avoir eu de la chance au tirage au sort, j’ai intégré les cours en deuxième année. Nous étions 27 élèves, d’âges et de métiers très différents. Nos parcours et nos liens avec la Corée étaient également variés. Certains étaient là dans le but d’effectuer un voyage ou des études en Corée, d’autres parce qu’ils adoraient les K-dramas ou la K-pop, d’autres encore souhaitaient communiquer plus facilement avec leurs amis coréens.
Du 24 février au 25 juin 2026, j’ai ainsi suivi trois heures de cours par semaine, divisées en deux sessions d’une heure et demie. Le rythme était intense, sans vacances, mais le format en ligne permettait une grande flexibilité. Christine, une camarade de classe avec qui j’ai échangé par écrit à la fin du semestre, confirme. « J'ai pu reprendre l’apprentissage du coréen tout en conciliant mes contraintes professionnelles. D’ailleurs pour l’anecdote : grâce au format en ligne, j’ai pu faire certains cours depuis Chicago et Sydney. »
Les leçons sont basées sur les manuels créés par la fondation des Instituts Roi Sejong (FIRS), affiliée au ministère coréen de la Culture, des Sports et du Tourisme, et chargée de la diffusion de la langue et de la culture coréenne à l’étranger. Contrairement à d’autres ouvrages plus théoriques, ceux de la FIRS s’appuient sur des contextes réalistes et concrets : donner et prendre des nouvelles, comprendre un bulletin météo, commander dans un restaurant ou encore se déplacer grâce aux transports en commun… Les points grammaticaux se travaillent aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, à travers de nombreux exemples utiles. Christine explique. « [Le support] correspond exactement à l’objectif que l’on a quand on apprend une langue : pouvoir aller en Corée, échanger avec les habitants et se débrouiller dans des situations du quotidien. »
Photo prise pendant un cours de coréen en mai 2026. Le support de la professeure est diffusée à l'écran, le manuel est ouvert à gauche tandis que je prends des notes à droite. © Alexia Ponsonnet
Le format en ligne présente toutefois certaines limites. Il n’est pas facile de gérer la participation de tous les élèves à distance. Les plus à l’aise ou les plus bavards répondaient souvent trop vite aux questions de l’enseignante, sans laisser beaucoup de temps de réflexion. En revanche, tout le monde était interrogé au moins une fois par cours, que ce soit pour lire, traduire ou faire un exercice. C’était parfois difficile, stressant ou frustrant, notamment lorsque l’on ne parvenait pas à comprendre une notion qui semblait pourtant ne poser aucun problème aux autres. Malgré cela, ma professeure faisait preuve d’une patience incroyable. Elle n’hésitait pas à partager des anecdotes personnelles pour faire découvrir sa culture, dont elle était manifestement très fière.
Ayant étudié seule pendant longtemps, je connaissais déjà la majorité des points de grammaire, au moins en surface. Mais derrière un livre ou un écran, personne ne nous demande de répondre du tac au tac, de prononcer une phrase devant les autres ou d’accepter de se tromper. Ces cours m’ont donné une structure et m’ont obligée à pratiquer le coréen avec régularité, même en dehors des heures de cours. Chaque semestre se termine par un court examen afin de s’assurer que les notions étudiées ont été assimilées et que l’on peut accéder au semestre suivant sans repasser par un tirage au sort.
Des opportunités culturelles pour aller plus loin
L’inscription aux cours de coréen du CCC donne également accès au concours d'expression orale organisé par l'Institut Roi Sejong.
L'Institut organise aussi un concours de culture coréenne, qui n'est malheureusement accessible qu'à ses étudiants. Cette année, les participants devaient rédiger un texte de motivation et réaliser une vidéo dans la catégorie de leur choix : danse K-pop, musique traditionnelle coréenne ou danse traditionnelle coréenne. Après une finale à Paris, les gagnants remportaient une invitation à un programme de découverte culturelle en Corée.
Les modalités de participation au concours de culture coréenne 2026 de l'Institut Roi Sejong. Le concours se déroule dans toutes les branches à travers le globe. © Compte Instagram de l'Institut Roi Sejong (@king.sejong.institute)
Quant au concours d’expression orale, il avait pour thème, en 2026, « Le coréen dans ma vie quotidienne ». Pour participer, il fallait écrire un texte et le déclamer, d’abord en vidéo, puis sur la scène de la finale en cas de sélection. Deux niveaux étaient proposés, avec des récompenses différentes : une semaine de programme culturel en Corée pour le niveau intermédiaire-avancé, un billet d’avion pour Séoul et des cartes-cadeaux pour le niveau débutant.
Deux élèves de ma classe ont choisi de tenter leur chance, dont Christine. La préparation du concours lui a notamment permis de travailler avec un objectif précis en tête. L’écriture du discours demandait une bonne maîtrise des notions vues en cours et une recherche de vocabulaire approfondie. L’expression orale nécessitait également de l’aisance et une excellente prononciation.
Sélectionnée pour la finale, elle finit à la deuxième place du concours débutant. Malgré une petite déception d’avoir manqué le premier prix, elle reste consciente de tout ce que cette expérience lui a apporté. « Au-delà de la progression linguistique, ce concours m’a donné davantage confiance en moi », écrit-elle. « Réussir à monter sur scène et à m’exprimer en coréen devant un jury et un public était un vrai défi, mais c’est aussi ce qui rend cette expérience particulièrement enrichissante. »
Christine souligne l’importance des rencontres possibles lors de cette finale, notamment avec d’autres élèves et des professeurs. « J’ai surtout été touchée par les réactions autour de moi. J’ai vu une vraie fierté dans les yeux des deux enseignantes et de mes camarades de classe qui avaient fait le déplacement. C’est finalement ce souvenir qui m’a le plus marquée et qui m’a rendue fière de mon parcours. »
Retour en images sur la finale du concours d'expression orale qui s'est déroulée à Paris le 29 mai 2026. © Compte Instagram du Centre français de l'Institut Roi Sejong (ksi_centre_francais)
Les inscriptions sont ouvertes
Je ne suis évidemment pas devenue bilingue en quelques mois et il me reste encore énormément de choses à apprendre. Maîtriser une langue est un travail de longue haleine, et le coréen ne fait pas exception. Mais, pour la première fois depuis longtemps, j’ai réellement eu l’impression d’avancer. C’est pour cette raison que je continue les cours le semestre prochain, avec la ferme intention de terminer ce cursus en ligne.
L’inscription est ouverte à tous jusqu'au 13 septembre 2026. La rentrée est prévue la semaine du 5 octobre. Rendez-vous sur
le site du centre culturel coréen afin de lire toutes les modalités.
Présents partout à travers le monde, les journalistes honoraires de Korea.net ont pour mission de faire connaître et partager leur passion de la Corée et de la culture coréenne au plus grand nombre.
caudouin@korea.kr