Par Andra-Michaela Pena
Pour un jeune musicien, participer à un concours international, c’est donner à entendre des années de travail devant un public qui le découvre souvent pour la première fois. À Bucarest, en ce mois de septembre, le Concours international George Enescu a réuni des interprètes à différentes étapes de ce parcours. Parmi eux, les violoncellistes coréens Sanghyeok Park et Seojin Jung ont offert aux mélomanes roumains l’occasion de découvrir deux personnalités musicales qui tracent chacune leur chemin dans le monde de la musique classique.
Tous deux ont achevé leur participation avec une distinction dans la section Violoncelle de cette 20e édition. À l’issue de la finale organisée le 7 septembre à l’Athénée roumain, Sanghyeok Park a reçu le troisième prix, doté de 5 000 euros, tandis que la demi-finaliste Seojin Jung s’est vu décerner le prix Playing for Tomorrow, doté de 1 500 euros. Âgés respectivement de 21 et 14 ans, ils se sont illustrés au fil d’épreuves sollicitant leurs qualités de solistes, de partenaires de musique de chambre et de meneurs d’un ensemble orchestral.
De gauche à droite : Sanghyeok Park, lauréat du troisième prix, Samuel Niederhauser, lauréat du premier prix, et Joshua Kováč, lauréat du deuxième prix, posent avec leurs récompenses à l’Athénée roumain de Bucarest, le 7 septembre 2026, à l’issue de la finale de la section Violoncelle du Concours international George Enescu. © Petrica Tanase / George Enescu International Competition
Sanghyeok Park : une nouvelle étape dans un parcours international
Pour Sanghyeok Park, cette récompense à Bucarest vient enrichir un palmarès déjà marqué par plusieurs distinctions internationales. Né le 10 novembre 2004, il a remporté le troisième prix du 17e Concours international Tchaïkovski, le deuxième prix du quatrième Concours international de violoncelle Krzysztof Penderecki et le deuxième prix du Concours international Antonio Janigro pour jeunes violoncellistes. Il a également obtenu le Grand Prix du Concours international de violoncelle David Popper, ainsi qu’une mention d’honneur du jury au Concours international de musique du Printemps de Prague en 2025.
Parallèlement à ces succès, le jeune musicien a poursuivi sa formation entre la Corée et l’Europe. Diplômé de l’Université nationale des arts de Corée, il a rejoint l’École supérieure de musique Reina Sofía de Madrid, où il étudie auprès du professeur Ivan Monighetti. Sa participation au Concours Enescu lui a permis de présenter au public roumain un programme allant des œuvres pour violoncelle seul aux sonates et aux concertos. Chaque étape lui offrait ainsi un cadre différent pour mettre en pratique les choix d’interprétation mûris au cours de ses études et de ses expériences de scène.
Sanghyeok Park interprète le Concerto pour violoncelle en si mineur de Dvořák avec l’Orchestre national de la Radio roumaine, sous la direction de Case Scaglione, lors de la finale du Concours international George Enescu à l’Athénée roumain de Bucarest, le 7 septembre 2026. © Cristina Tanase / George Enescu International Competition
Seojin Jung : une distinction à seulement 14 ans
Pour Seojin Jung, le concours constituait une rencontre précoce avec les exigences d’une grande compétition internationale. Née le 25 mai 2012, elle a commencé le violoncelle à huit ans et fait ses débuts en soliste avec l’Orchestre philharmonique de Busan à dix ans. Élève du professeur Kangho Lee à l’Université nationale des arts de Corée, elle a déjà donné des récitals au Carnegie Hall et au Kumho Art Hall Yonsei. Elle s’est également produite avec l’Orchestre symphonique de KNN et l’Orchestre philharmonique de Seongnam.
À Bucarest, elle a franchi les premières étapes pour rejoindre les six demi-finalistes. Si son parcours dans les épreuves s’est arrêté avant la finale, sa participation a été récompensée par le prix Playing for Tomorrow, annoncé aux côtés des autres distinctions de la section. Cette récompense inscrit une étape roumaine dans sa jeune carrière et salue son parcours au-delà du seul classement des finalistes. À 14 ans, atteindre la demi-finale signifiait déjà avoir préparé et présenté un programme conséquent, traversant plusieurs styles et exigeant une réelle capacité d’adaptation.
Seojin Jung interprète le 1er Concerto pour violoncelle de Haydn avec l’Orchestre de chambre de la Radio roumaine lors de la demi-finale du Concours international George Enescu à l’Athénée roumain de Bucarest, le 5 septembre 2026. Elle a ensuite reçu le prix « Playing for Tomorrow ». © Andrei Gindac / George Enescu International Competition
Deux parcours à travers un répertoire contrasté
Les premières épreuves ont révélé des points communs, mais aussi des choix propres à chacun des deux interprètes. Tous deux avaient inscrit à leur programme le Prélude et la Sarabande de la 3e Suite pour violoncelle de Bach ainsi qu’un caprice d’Alfredo Piatti. Park avait choisi le Divertimento pour violoncelle seul de Penderecki, tandis que Jung avait retenu la Sonate pour violoncelle seul de Ligeti. Au deuxième tour, ils ont abordé la pièce imposée, Waves of Gravel de Malika Kishino. Park l’associait à la 2e Sonate pour violoncelle de Brahms et à l’Humoresque de Rostropovitch ; Jung, à la Sonate pour violoncelle en ré mineur de Chostakovitch et au Rouet de Popper.
La demi-finale leur a permis d’explorer l’univers du compositeur auquel le concours rend hommage, à travers la 2e Sonate pour violoncelle et piano en do majeur, op. 26 no 2, de George Enescu. Elle proposait également une nouveauté : le format Play & Conduct, dans lequel les demi-finalistes se produisaient avec l’Orchestre de chambre de la Radio roumaine sans chef au pupitre. Park a interprété le 2e Concerto pour violoncelle en ré majeur de Haydn, tandis que Jung a joué le 1er Concerto en do majeur du même compositeur. Assumer à la fois la partie soliste et la conduite musicale de l’ensemble plaçait l’écoute et le dialogue avec les instrumentistes au cœur de cette épreuve.
Un violoncelle et un archet entre les mains d’un participant, devant le décor du Concours international George Enescu à Bucarest, en septembre 2026. Les épreuves de la section Violoncelle ont invité les jeunes musiciens à explorer des répertoires pour instrument seul, de musique de chambre et avec orchestre. © Anca Arambasa / George Enescu International Competition
La finale sur la scène de l’Athénée roumain
Sanghyeok Park est ensuite revenu sur la scène de l’Athénée roumain parmi les trois finalistes, pour interpréter le Concerto pour violoncelle en si mineur, op. 104, de Dvořák, accompagné par l’Orchestre national de la Radio roumaine sous la direction de Case Scaglione. Joshua Kováč, représentant les États-Unis, avait choisi la même œuvre, tandis que le Suisse Samuel Niederhauser a joué le 1er Concerto pour violoncelle en mi bémol majeur, op. 107, de Chostakovitch. Le jury international, présidé par le violoncelliste finlandais Arto Noras, a attribué le premier prix à Niederhauser, le deuxième à Kováč et le troisième à Park.
La remise des prix a également distingué des prestations présentées lors des étapes précédentes. Niederhauser a reçu le prix du public et celui de la meilleure interprétation de la pièce imposée de Kishino. Kováč s’est vu décerner le prix Serafim Antropov-Manu pour la meilleure interprétation de la sonate d’Enescu. Avec le prix Playing for Tomorrow remis à Jung, la reconnaissance s’étendait aussi à une musicienne dont le parcours s’était arrêté en demi-finale. Ces différentes récompenses mettaient ainsi en lumière plusieurs dimensions du travail des candidats, de leur approche des répertoires contemporain et roumain à leur relation avec le public.
L’Orchestre national de la Radio roumaine, sous la direction de Case Scaglione, accompagne les finalistes à l’Athénée roumain de Bucarest, le 7 septembre 2026, lors de la finale de la section Violoncelle du Concours international George Enescu. © Petrica Tanase / George Enescu International Competition
Une expérience qui se prolonge au-delà des récompenses
Revenant sur le rôle du concours, Arto Noras a souligné sa portée formatrice. « La plus grande valeur de ce concours réside dans son impact pédagogique », a-t-il déclaré dans le communiqué des organisateurs. Selon lui, préparer des programmes aussi exigeants apprend aux jeunes musiciens à gérer leur effort dans la durée et à mieux comprendre leurs réactions physiques et mentales face à la pression. Cette réflexion éclaire le parcours des deux participants coréens : la préparation, la collaboration et la concentration nécessaires tout au long des épreuves font pleinement partie de l’apprentissage de leur métier.
Cet accompagnement se poursuit à travers les possibilités proposées aux lauréats, notamment des séances de conseil personnalisées avec le programmateur et stratège musical Andreas Vierziger, ainsi que des concerts et récitals organisés par Artexim et ses partenaires. Alors que l’édition 2026 se poursuit jusqu’au 19 septembre avec les sections Violon et Piano, les distinctions de Park et de Jung donnent deux visages coréens au thème In Pursuit of Excellence. L’un ajoute une place sur le podium à un palmarès déjà solide ; l’autre reçoit un prix spécial à l’aube de sa carrière. Tous deux repartent de Bucarest avec de nouvelles expériences et un public qui a commencé à suivre leur évolution.
Le public, dont je faisais partie, applaudit chaleureusement la prestation du violoncelliste coréen Sanghyeok Park lors de la finale de la section Violoncelle du Concours international George Enescu, à l’Athénée roumain de Bucarest, le 7 septembre 2026. © Cristina Tanase / George Enescu International Competition
Cet article a été traduit depuis l’anglais avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, puis relu par la rédaction de Korea.net.
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