Par Andra-Michaela Pena
Le 12 septembre, Music Bank a fait escale pour la première fois à Barcelone, réunissant 37 500 spectateurs au stade olympique Lluís Companys pour plus de trois heures de K-pop. Ateez, Enhypen, Nmixx, xikers, NCT Wish, Cortis et Alpha Drive One se sont partagé la scène lors d’une soirée présentée par l’acteur Park Bo-gum, entre performances individuelles, reprises, collaborations inédites et moments spécialement préparés pour le public espagnol.
L’événement s’est toutefois fait sentir bien au-delà de la scène. Dès les heures précédant le concert, les abords de Montjuïc se sont transformés en lieu de rencontre pour des fans venus de nombreux pays, reconnaissables à leurs lightsticks, leurs pancartes, leurs sacs décorés de photocards ou encore leurs tenues inspirées de leurs groupes préférés. Sur place, j’ai notamment rencontré des spectateurs venus de Croatie, d’Allemagne, de Slovaquie et de France, aux côtés du public espagnol. Une diversité qui donnait déjà, avant même l’ouverture du spectacle, la mesure de la dimension internationale prise par Music Bank en Europe.
Le 12 septembre 2026, le Music Bank World Tour a fait escale pour la première fois au stade olympique Lluís Companys de Barcelone, où 37 500 spectateurs se sont réunis pour assister aux performances de sept groupes de K-pop. © Andra-Michaela Pena
Sept groupes, sept univers sur une même scène
La soirée a débuté par une apparition réunissant l’ensemble des artistes autour du thème « K-pop colors the world », avant qu’Alpha Drive One et Cortis n’ouvrent les performances individuelles. NCT Wish et xikers leur ont ensuite succédé, illustrant rapidement ce qui distingue les éditions internationales de Music Bank d’un concert traditionnel : chaque groupe dispose d’un temps plus court pour présenter son identité, avant de laisser la scène au suivant.
Ce format prenait tout son sens avec une programmation réunissant des groupes à des étapes très différentes de leur parcours. Des artistes déjà habitués aux grandes tournées internationales partageaient l’affiche avec d’autres encore en train de développer leur public à l’étranger, permettant aux spectateurs de passer en quelques heures d’un univers musical à un autre. Dans les tribunes, les lightsticks et les fanchants changeaient au fil des performances, tandis qu’une partie du public découvrait parfois en direct des groupes qu’elle connaissait encore peu.
Nmixx a signé certains des moments les plus directement liés au pays hôte. En plus de son propre répertoire, le groupe a interprété
Si Antes Te Hubiera Conocido de Karol G, proposé une version espagnole de
Soñar et chanté a cappella
Bésame Mucho, grand classique de la musique hispanophone. Plus que de simples salutations en espagnol entre deux chansons, ces choix ont permis d’intégrer pleinement Barcelone à la construction du spectacle.
Ateez se rapproche du public à bord d’une plateforme mobile circulant autour du stade olympique Lluís Companys, le 12 septembre 2026, permettant au groupe d’interagir directement avec les fans installés dans différentes sections de l’enceinte. © Christian Bertrand | Korean Power
Scènes spéciales et rencontres inattendues
Le format international de Music Bank laisse également une place importante aux performances conçues spécialement pour l’événement. À Barcelone, Alpha Drive One a repris
Armageddon d’aespa, tandis que xikers a proposé sa propre version de
DNA de BTS. Plus tard, Ateez a fait une apparition surprise lors d’une battle de danse, avant que des ballons de football dédicacés ne soient offerts à plusieurs spectateurs, dans un nouveau clin d’œil au contexte local.
L’une des surprises les plus marquantes de la soirée est venue de Park Bo-gum et Jay d’Enhypen, réunis pour interpréter
Let There Be Love d’Oasis. Park Bo-gum s’est installé au piano tandis que Jay l’accompagnait à la guitare, les deux partageant également les parties vocales. Jay a expliqué avoir choisi cette chanson pour son message d’amour et d’espoir, qu’il souhaitait partager avec le public, avant de remercier Park Bo-gum d’avoir accepté de l’interpréter à ses côtés. Cette collaboration inattendue a offert une parenthèse plus intime au milieu des productions chorégraphiées et des scènes à grande échelle.
À d’autres moments, la mise en scène a cherché à réduire la distance entre les groupes et les spectateurs. Alpha Drive One et Ateez ont notamment poursuivi une partie de leurs performances à bord de plateformes mobiles circulant autour du stade. En passant directement devant différentes sections des gradins, ils ont pu se rapprocher d’un public installé parfois très loin de la scène principale, multipliant les saluts, les regards et les interactions au fil de leur parcours.
Park Bo-gum et Jay d’Enhypen interprètent « Let There Be Love » d’Oasis lors d’une scène surprise à Music Bank Barcelona, le 12 septembre 2026. Accompagné par Park Bo-gum au piano, Jay joue de la guitare lors de ce duo choisi pour transmettre au public un message d’amour et d’espoir. © Andra-Michaela Pena
Une fin de soirée portée par le public
À mesure que la soirée approchait de ses derniers temps forts, Enhypen a livré plusieurs performances particulièrement intenses avec des titres comme
Bloody Paradise,
Outside et
Knife. Malgré un programme réunissant sept groupes, chaque formation conservait ainsi suffisamment de temps pour imposer son propre univers, tandis que l’énergie du public continuait de monter dans les tribunes.
Ateez a ensuite clôturé les scènes individuelles avec
Bad,
Bouncy,
Adrenaline,
Work et
Guerrilla. Ce dernier titre a rassemblé le stade autour du désormais célèbre « break the wall », scandé par des milliers de personnes. Le moment montrait à quel point certains rituels associés aux concerts d’un groupe peuvent être immédiatement repris par un public beaucoup plus large, même dans le cadre d’un événement partagé par plusieurs fandoms.
Tous les groupes sont finalement remontés sur scène pour une dernière séquence d’au revoir sur
Dynamite de BTS. Des feux d’artifice ont illuminé le ciel au-dessus du stade pendant que les artistes continuaient à saluer les différentes tribunes et à former des cœurs avec leurs mains. Même après le rallumage des lumières, des milliers de lightsticks sont restés allumés dans les gradins, prolongeant de quelques instants encore l’atmosphère du concert.
Les artistes de Music Bank Barcelona retrouvent la scène pour le final du concert au stade olympique Lluís Companys, le 12 septembre 2026. Leur dernière apparition, sur « Dynamite » de BTS, s’achève sous les feux d’artifice devant des milliers de lightsticks encore allumés dans les tribunes. © Christian Bertrand | Korean Power
Quand Music Bank dépasse les murs du stade
L’expérience Music Bank ne s’est toutefois pas limitée aux quelques heures passées dans le stade olympique. Dans les jours entourant le concert, plusieurs lieux liés à la K-pop à Barcelone ont organisé des activités en lien avec l’événement. Du 11 au 13 septembre, des boutiques ont accueilli des événements cupsleeve, avec notamment des cadres spéciaux pour photobooth et des tirages au sort permettant de remporter des goodies Ateez. Ailleurs dans la ville, des cafés distribuaient des freebies ou proposaient du merchandising préparé pour l’occasion, tandis que d’autres rendez-vous organisés par des fans mettaient à disposition photocards, cartes postales, stickers, quiz et lucky draws.
Autour de Montjuïc, l’attente avant le concert s’est elle aussi transformée en activité à part entière. Une édition spéciale Music Bank d’un random dance K-pop a été organisée à l’extérieur du stade le jour même, offrant aux fans un autre espace pour se rencontrer avant l’ouverture des portes. Ces initiatives plus modestes montrent comment les grands rendez-vous de K-pop dépassent aujourd’hui largement le cadre de la scène, en s’étendant dans la ville à travers des projets portés par les fans, des cafés, des boutiques spécialisées et des rassemblements informels.
Le merchandising officiel spécialement conçu pour Barcelone comprenait notamment des T-shirts, des tote bags, des pins, des stickers et des lanyards, tandis que les boutiques locales avaient préparé leurs propres sélections consacrées aux groupes de la programmation. Pourtant, certains des souvenirs les plus personnels n’étaient pas à vendre. Aux abords du stade, les fans échangeaient ou distribuaient gratuitement des photocards faites maison, des stickers, des bracelets et d’autres petits objets. Les sacs décorés de photocards et de peluches inspirées des artistes rendaient également immédiatement visibles les fandoms de chacun et devenaient souvent un moyen spontané d’engager la conversation.
Des fans participent à un random dance K-pop organisé à Montjuïc, aux abords du stade olympique Lluís Companys, le 12 septembre 2026, quelques heures avant Music Bank Barcelona. L’activité a permis au public de se rencontrer et de partager sa passion avant le début du concert. © Christian Bertrand | Korean Power
Un week-end qui s’est poursuivi après la dernière chanson
Le lien entre les artistes et Barcelone ne s’est pas interrompu avec la fin du concert. Le 13 septembre, Kpopverse a organisé un NCT Wish fansign « Ode to Love » au centre commercial Diagonal Mar. Les fans sélectionnés à l’issue d’un tirage au sort préalable ont pu participer directement à la séance de dédicaces, tandis que d’autres visiteurs pouvaient apercevoir les six membres (Sion, Riku, Yushi, Jaehee, Ryo et Sakuya) depuis les espaces publics entourant l’événement.
Organisé seulement un jour après Music Bank, le fansign offrait un contraste intéressant en termes d’échelle. La veille, NCT Wish s’était produit devant plusieurs dizaines de milliers de personnes ; cette fois, le groupe retrouvait son public dans un cadre beaucoup plus réduit et direct. Associé aux activités organisées par les fans, aux boutiques spécialisées et aux cafés thématiques, ce rendez-vous renforçait l’impression que Barcelone avait accueilli non pas un seul concert, mais un véritable week-end consacré à la K-pop.
Cette dimension explique aussi pourquoi les grands événements internationaux de K-pop sont aujourd’hui étroitement liés au voyage. Pour une partie importante du public, assister à Music Bank signifiait réserver des vols, un hébergement et passer plusieurs jours dans un autre pays, plutôt que simplement acheter un billet pour un concert local. Lorsque plusieurs groupes sont réunis sur une même affiche, le déplacement prend une valeur particulière : il permet de voir en une seule soirée des artistes qui nécessiteraient autrement plusieurs voyages distincts.
Des freebies préparés par Korean Power pour les fans à l’occasion de Music Bank Barcelona, en septembre 2026. Photocards, accessoires et petits cadeaux faisaient partie des nombreuses initiatives organisées autour du concert, prolongeant l’expérience au-delà du stade. © Korean Power
Ce que représentent 37 500 spectateurs vus de l’intérieur
Suivant la musique coréenne depuis plus de dix ans, j’ai pu observer à quel point les possibilités de vivre la K-pop en Europe ont évolué. Ce qui m’a le plus marquée à Barcelone n’était pas uniquement la taille du stade, mais la facilité avec laquelle des personnes venues de différents pays semblaient former, le temps d’un week-end, une communauté temporaire autour d’un même événement. Une conversation pouvait commencer grâce à une photocard accrochée à un sac, un lightstick, un freebie distribué spontanément ou simplement avec une question sur le pays d’où chacun avait fait le déplacement.
À l’intérieur du stade, la production elle-même m’a semblé particulièrement bien rythmée malgré le nombre de groupes présents. Chacun disposait de suffisamment de temps pour créer sa propre atmosphère, tandis que les reprises, les références locales, les collaborations et les scènes collectives empêchaient la soirée de ressembler à une simple succession de sept mini-concerts. Park Bo-gum assurait la continuité entre ces différents univers, tandis que la scénographie, les réactions du public et les transitions inspirées d’une émission télévisée permettaient à Music Bank de conserver son identité jusque dans un stade de plusieurs dizaines de milliers de places.
C’est précisément cet équilibre qui m’a semblé le plus réussi. Le spectacle possédait toute l’ampleur attendue d’un événement de cette taille, mais certains des souvenirs les plus marquants sont venus de détails beaucoup plus simples : entendre différentes langues dans les tribunes, voir des inconnus s’échanger des cadeaux faits main, observer des spectateurs découvrir des groupes extérieurs à leurs fandoms habituels ou prendre conscience du nombre de voyages qui avaient convergé vers Barcelone pour une seule soirée. Les 37 500 personnes réunies dans le stade n’étaient finalement que la partie la plus visible d’un week-end qui s’est prolongé dans les boutiques, les cafés et les rencontres à travers la ville. Music Bank a ainsi montré une nouvelle fois que ses éditions internationales peuvent devenir bien plus qu’un programme télévisé exporté à l’étranger : un point de rencontre temporaire pour un public de K-pop déjà profondément mondial.
Vue d’ensemble du stade olympique Lluís Companys lors de Music Bank Barcelona, le 12 septembre 2026. Les 37 500 spectateurs réunis autour de la scène témoignent de l’ampleur prise par le rendez-vous et de la dimension internationale de son public. © Christian Bertrand | Korean Power
Cet article a été traduit depuis l’anglais avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, puis relu par la rédaction de Korea.net.
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