Depuis plusieurs années, célébrer Chuseok est devenu un rendez-vous attendu à Paris pour les amoureux de la Corée comme moi. Cette grande fête est l’occasion de se retrouver, mais aussi de découvrir la culture de la péninsule sous différentes formes. Passionnés de longue date, familles ou simples curieux, chacun peut y trouver sa place.
Cette année, le musée Guimet consacre tout un week-end à Chuseok, l’un des moments les plus importants du calendrier lunaire. En Corée, beaucoup de familles se retrouvent, partagent un repas et renouent avec les traditions.
En France, la fête prend naturellement une autre forme. Elle devient une occasion de se retrouver autour de la culture coréenne et de la faire découvrir à un public toujours plus large. Le programme imaginé par le musée Guimet reflète bien cette diversité : collections coréennes, jeux traditionnels, dramas, danse contemporaine, littérature et spectacle inspiré du folklore.
Des visites courtes seront proposées dans les salles consacrées à la Corée pour présenter Chuseok. En quinze minutes, elles permettront de mieux comprendre cette fête d’automne, liée aux récoltes et à la pleine lune. Une manière de découvrir quelques-unes de ses traditions avant de poursuivre librement la visite du musée.
Animation autour des jeux de société coréens
Pendant tout le week-end, les visiteurs pourront s’initier au ddakji, jeu de papiers pliés, et au yut nori, un jeu traditionnel coréen très populaire. Une façon simple et ludique d’entrer dans la culture coréenne et de retrouver l’une des dimensions essentielles de Chuseok : le plaisir d’être ensemble.
Au fil de mes voyages, j’ai compris combien le plaisir d’être ensemble compte dans la culture coréenne.
Visites flash « Une œuvre, un drama »
Les amateurs de séries coréennes auront eux aussi leur rendez-vous. Assurées par des médiatrices passionnées, les visites flash « Une œuvre, un drama » feront dialoguer les collections coréennes du musée avec quatre séries populaires : Goblin, Hotel del Luna, Moon Embracing the Sun et The Glory.
Les plus jeunes auront également leur spectacle. Le dimanche, « Imugi, l’apprenti dragon », proposé à partir de 3 ans, les entraînera dans un univers inspiré du folklore coréen.
Dans ce théâtre d’ombres, Imugi est un jeune apprenti dragon qui n’a qu’un rêve : devenir un véritable dragon. Pour y parvenir, il part à la recherche d’une sphère céleste et s’aventure dans le monde des humains. Il y rencontre Hyun-Ae, une petite fille avec laquelle il devra affronter le Seigneur Tigre qui fait régner la terreur dans la montagne.
Pensé pour les petits, mais aussi pour les grands, le spectacle permet de découvrir quelques personnages et créatures de l’imaginaire coréen à travers une histoire accessible à tous. Présenté par la Compagnie Karrak, il mêle théâtre d’ombres et marionnettes.
Après 30 minutes de représentation, un temps d’échange de 15 minutes est prévu avec le public.
Le week-end permettra aussi de découvrir une autre facette de la culture coréenne avec « À l’unisson », présenté le samedi dans la cour khmère du musée par la chorégraphe Jooyoung Lee, directrice artistique de la compagnie Moodae’hui.
Elle s’est formée au ballet, à la danse traditionnelle coréenne, au jazz et au hip-hop, avant de poursuivre un master en cinétographie Laban au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. En Corée, elle a dirigé une compagnie de danse contemporaine et créé des chorégraphies pour des artistes de K-pop.
Pour Chuseok, elle présentera une création inspirée notamment du ganggangsullae, une danse collective coréenne inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Cette présence du ganggangsullae dans le programme de Chuseok n’est pas anodine, montrant comment une tradition peut inspirer une création contemporaine et continuer à vivre loin de la Corée.
Deux représentations de 30 minutes seront proposées le samedi après-midi.
Rencontre littéraire « Le neuf et l’ancien, le vivant et le disparu »
Le dimanche, Chuseok sera également l’occasion de voyager dans le temps à travers une rencontre organisée à la Maison Guimet, juste à côté du musée.
Les deux auteurs invités portent des regards très différents sur la Corée.
Nolwenn Giardina a parcouru le pays et en a rapporté des carnets de voyage illustrés à l’aquarelle. Dans son Journal de voyage d’une jeune française, publié en 2025 aux éditions Akinomé, elle raconte une Corée où traditions anciennes et avant-garde se côtoient. Architecture, paysages et culture occupent une place importante dans ce récit de voyage dessiné.
Avec Jean-Claude de Crescenzo, le public découvrira une autre Corée et surtout un autre Séoul. Son Carnet d’un voyage qui n’a pas eu lieu, publié en 2024, rassemble trente photographies de la capitale coréenne des années 1980 et 1990. On y retrouve les petites ruelles et une vie quotidienne dissimulée derrière les murs. Ses images invitent à regarder un Séoul aujourd’hui en partie disparu.
Après plusieurs voyages en Corée, je reste frappée par ce contraste entre une modernité omniprésente et des traditions toujours vivantes. Regarder le Séoul d’il y a quelques décennies permet aussi de mesurer à quel point la capitale s’est transformée.
La rencontre sera suivie d’une séance de dédicace avec les deux auteurs.
Vous pourrez aussi découvrir les spécialités coréennes au restaurant Hanok et au Han Rooftop, ouvert jusqu’à la fin du mois de septembre pour profiter des belles journées d’automne.
Bien sûr, vivre Chuseok en France est très différent de le célébrer en Corée. Mais ici, la fête offre une occasion de se retrouver autour de la culture coréenne et surtout de la découvrir sous des angles très différents. Ce programme correspond bien à ce qu’est devenue, au fil des années, la célébration de Chuseok à Paris.
On peut venir pour une tradition que l’on connaît déjà et repartir en ayant découvert une autre facette de la Corée.
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