Par Alexia Ponsonnet
Le 21 octobre, Le Sserafim s'est produit en concert en France pour la première fois de sa carrière. Entre chansons iconiques, danses synchronisées et ambiance survoltée, les jeunes Coréennes ont tout fait pour ne pas décevoir leur public, malgré l'absence de l'une des cinq membres.
Le Sserafim fait du bruit dans la sphère K-pop, depuis la sortie de son premier single
Fearless en mai 2022. Le groupe propose des chorégraphies au potentiel viral impressionnant. Ses membres marquent les esprits à de chacune de leurs prestations, notamment lors des cérémonies de remises de prix de fin d'année. Même si l’on n'accroche pas forcément à toutes leurs chansons à la première écoute, on finit toujours par les connaître par cœur après quelques semaines.
Pureflow est la troisième tournée de Le Sserafim. Il s'agit cependant de son premier passage en Europe, et plus précisément à Paris.
Quatre des cinq membres de Le Sserafim, Kazuha, Eun-chae, Chae-won et Yun-jin, sur la scène de l'Accor Arena de Paris, le 21 octobre 2026. © Alexia Ponsonnet
Acte 1 : techno et émotion
Je n'avais encore jamais assisté au concert d'un groupe féminin de K-pop. Plus habituée aux tournées de boysbands comme BTS, Ateez ou Enhypen, je suis surprise par la sobriété vestimentaire de la majorité du public. Si certains fans sont en bleu, en accord avec l'affiche de Pureflow, la plupart sont habillés de façon classique. C'est très différent des autres concerts auxquels j’ai pu assister, et pour lesquels des passants nous arrêtaient dans la rue pour nous demander pourquoi nous portions tous des tenues dans le même style et tape-à-l'œil.
Malgré cette discrétion apparente, dès le début du show, à 19h30, l'ambiance est au rendez-vous. Des messages s'affichent à l'écran en guise d'introduction, invitant le public à sauter et à crier. Tout le monde s’exécute avec enthousiasme. Va-t-on assister à un concert de K-pop ou à un festival de techno ? On pourrait s’y méprendre.
Les quatre membres présentes, Chae-won, Yun-jin, Kazuha et Eun-chae, entrent en scène sur
Celebration, avec son rythme rapide et énergique. Les paroles évoquent cette force qui nous aide à affronter nos peurs et célèbrent le fait d’être encore là, malgré tout ce que l’on a traversé. Le ton est donné : il est l'heure de s'amuser et d'oublier tout le reste.
Le public illuminé par les lightsticks, devant Le Sserafim sur scène, le 21 octobre 2026 à Paris. © Alexia Ponsonnet
Après
Creatures et
Eve, Psyche & the Bluebeard’s wife, le premier acte du concert s'achève sur
Need Your Company, une ballade écrite par Yun-jin. L'Américaine d'origine coréenne participe à la création de la majorité des paroles du groupe et elle prend le temps d'expliquer au public parisien ce que représente ce titre. Il décrit une relation qui dure malgré les difficultés et la complexité des sentiments qui l'entourent. Les membres de Le Sserafim restent simplement debout sur scène et laissent leur voix transmettre toutes les émotions de la chanson. La lumière des lightsticks brille dans le public tandis que tout le monde absorbe ce moment de calme et de douceur.
Acte 2 : la montée en puissance
Les filles reviennent quelques minutes plus tard, dans de nouveaux costumes et dans un nouveau décor, mais le public peine à retrouver son énergie. Quelques chansons moins connues, et sans chorégraphie, ne suffisent pas à électriser l'atmosphère au fond des gradins. Beaucoup de spectateurs se sont rassis pour profiter de la soirée plus tranquillement.
À ce moment-là, il est difficile de ne pas remarquer le vide que laisse Sakura sur scène. L'aînée du groupe a malheureusement souffert d'une fièvre soudaine le jour du concert. Son équipe médicale lui a conseillé de se reposer. Pour compenser son absence, le public chante alors plus fort. L'énergie revient peu à peu.
Quatre membres de Le Sserafim installées dans le décor du deuxième acte de leur concert parisien, le 21 octobre 2026. Kazuha est sur le grand écran, avec Eun-chae à droite. © Alexia Ponsonnet
Quand
Easy puis
1-800-hot-n-fun retentissent, au milieu du show, l’ambiance est de nouveau bouillante. Les spectateurs reprennent chaque parole à l’unisson, des couplets aux refrains.
Les filles enchaînent avec un segment interactif : chorégraphies improvisées sur le chant du public, challenge de danse pour quelques enfants choisis et montrés sur les écrans géants… L’occasion est aussi idéale pour découvrir quelles expressions françaises ont été apprises par les membres. Le mot français préféré d’Eun-Chae est « oulala » tandis que Yun-jin, qui parle très bien français, répète « c'est ouf » en boucle.
Acte 3 : le point culminant du concert
C'est à la suite du deuxième intermède vidéo que le concert devient vraiment mémorable. Quand
Boompala commence et que Chae-won esquisse un sourire taquin, comment ne pas tomber sous son charme ? Avec ses cheveux bouclés, la leader du groupe a les yeux qui pétillent. Impossible de douter de son amour pour la scène. Une fois encore, le public est assourdissant tandis qu’il accompagne chacun de ses mots.
Le sourire narquois de Chae-won, la leader du groupe Le Sserafim, pour l'intro de la chanson « Boompala », sur la scène de l'Accor Arena de Paris, le 21 octobre 2026. © Alexia Ponsonnet
Les tubes s’enchaînent :
Antifragile,
Irony,
Crazy et
Spaghetti. Eun-chae brille particulièrement. La Coréenne fêtera ses 20 ans dans quelques jours et assume pleinement son côté sexy. La voir grandir et évoluer tout au long de sa carrière est un plaisir. C'est aujourd'hui une magnifique jeune femme qui semble assurée et, surtout, qui s'amuse. Sur les réseaux sociaux, des fans du monde entier s'émerveillent de sa confiance en elle depuis le début de la tournée.
Acte 4 : une scène dépouillée qui laisse les filles briller
Le concert s’approche de la fin. Les idoles remontent sur scène dans des tenues plus simples, en détournant quelques produits dérivés de la tournée. Les écrans s’illuminent de couleurs fluo et des effets pyrotechniques viennent compléter le décor. Le Sserafim entonne alors
Made My Night, son dernier signe sorti en septembre 2026.
Pas de musiciens ni de danseurs supplémentaires. Les quatre filles portent le spectacle sur leurs épaules et s'en sortent à merveille, grâce à une présence scénique indéniable.
Elles chantent en live et elles chantent bien. La stabilité de Kazuha, entre autres, est remarquable. Celle que l’on connaît surtout pour son passé de ballerine fait preuve d'une maîtrise étonnante. À ses débuts, elle ne faisait pas partie des meilleures chanteuses du groupe mais le niveau vocal des membres s'est harmonisé au fil des années. Toutes chantent juste, même quand elles exécutent des chorégraphies exigeantes.
De gauche à droite : Chae-won, Yun-jin, Kazuha et Eun-chae, qui forment les lettres PAR pour Paris, le 21 octobre 2026. © Compte X officiel de Le Sserafim (@le_sserafim)
Le choix de
Smart en guise de conclusion est toutefois discutable. Avec ses influences afros, la chanson invite à « se bouger les fesses », comme l'annoncent les filles. Quelques déhanchés plus tard, le concert prend fin sans l’apothéose d’émotions que l’on s’attend à ressentir pour ce genre d'événements. Toutefois, au total, Le Sserafim aura interprété vingt-quatre morceaux pendant deux heures et quart de spectacle.
Un concert qui donne envie de revenir
Le lendemain, à la gare de Lyon, je croise une jeune fan de 11 ans accompagnée par son père. Tous deux ont vécu leur tout premier concert de K-pop. Le père ne connaissait qu'une seule chanson avant le spectacle mais Le Sserafim l'a subjugué. Il me l'assure : si le groupe revient en France, ils seront de la partie ! Avec, espérons-le, une petite différence cette fois-ci : elles seront toutes les cinq sur scène.
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