Journalistes honoraires

02.11.2026

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Par Nathalie Fisz


Pour tous les franciliens, à fortiori celles et ceux qui vivent ou travaillent dans le département des Hauts-de-Seine, il y a une commune dont le nom revient souvent : Clamart. La commune va s’illustrer par un événement qui se déroule du 2 au 8 novembre : son premier Automne coréen porté par l’école culturelle Hop&Rats, sous l’impulsion de Tatiana Mironov. L’automne coréen de Clamart, organisé en partenariat avec Racines coréennes, a recueilli le soutien de la ville et de nombreuses institutions.

Tatiana Mironov est professeure de chant, directrice de l'association Hope&Rats, membre de la Société des Poètes Français, poète sijo. Elle réside à Clamart depuis 2004 et a imaginé cet événement axé sur l'art et la littérature autour du thème « Seuils, passages et mémoires », espace de respiration féerique et immersif.

Faire cohabiter et travailler des artistes français, coréens et franco-coréens est déjà une belle initiative, mais elle ne s’arrête pas là. Le festival coréen de Clamart porte également les couleurs des Balkans. Tatiana Mironov est originaire de Constanța, en Roumanie. Il y a quelques mois j’avais eu une discussion avec Pierre Bisiou, l’un des récipiendaires du prix culture France-Corée 2025. Il revenait enchanté d’un événement organisé à Constanta par Tatiana Mironov au cours duquel le sijo était mise à l’honneur.

À Clamart, le sijo va créer à nouveau un lien littéraire et artistique renforçant le lien d'amitié franco-coréenne qui fête ses 140 ans cette année. Pierre Bisiou et d’autres invités iront à la rencontre du public. Découvrons ce festival aux couleurs vibrantes du danpung (couleurs de l'automne en coréen) à Clamart.

Vernissage, le 2 novembre

Initié et soutenu par l'association interculturelle clamartoise Hope&Rats, sous la direction de Tatiana Miranov, en partenariat avec Racines coréennes, Yves Coscas, maire de Clamart, Patrice Roncari conseiller municipal de Clamart et adjoint-délégué à la Culture, le festival a recueilli aussi le soutien des ambassades de France et de Corée ainsi que du centre culturel coréen de Paris.

En début d’après-midi, la salle Jacky Vauclair ouvre ses portes avec l’exposition d’art contemporain « Seuils, passages et mémoires » dont l’artiste Aurélia Bizouard est curatrice. Puis, place aux discours officiels, lectures musicales de sijo. Le chœur Jeongdaoun Nole chantera. Jean-Claude de Crescenzo présentera son livre Étonnants coréens, puis une cérémonie de dégustation de thé coréen sera animée par Jérémy Tamen, expert du thé.

Le village coréen des 6 et 7 novembre

Les 6 et 7 novembre sont les journées de l'amitié franco-coréenne, agrémentées de parcours pédagogique pour les collégiens et lycéens. Patrick Beaudouin, ancien maire de Saint-Mandé et président de l’Association nationale des anciens et amis des forces françaises de l’ONU, viendra parler du Bataillon de Corée à l'ouverture du village coréen. Un déjeuner de l'amitié franco-coréenne et un dîner gala-spectacle sont prévus.

À la salle des fêtes Hunebelle, le public pourra découvrir en continu artisanat, gastronomies et stands tels que écriture des prénoms en coréen, nacre Najeon Chilgi, K-Beauty, K-dramas, K-pop, etc.

Alexandre, dit Koreance, donnera une conférence intitulée « Histoire et Voyage en Corée » et animera aussi l’atelier consacré au hanbok avec Racines coréennes. Les visiteurs pourront découvrir la peinture sur éventail, les fleurs de lotus, la routine beauté coréenne, les séances bien-être, les nœuds maedup, le pliage coréen, les poupées hanji avec Joël Vauclin, artiste et musicien du groupe Wol-yo-il Samulnori. Ils découvriront les dessins et la poésie de Cécile Pope et la peinture sur jeogori.

Des performances K-pop seront proposées avec Wanna et l’association Juste Dance. Des démonstrations de taekwondo et de taekkyon auront lieu au dojo. Les percussions samulnori seront suivies par les musiciens de Clamart. Une conférence sur les K-dramas aura lieu et Kang Chang-il présentera une ciné conférence consacrée au cinéma muet.

Une tombola caritative sera donnée au profit de l’UNICEF. Puis place au dîner Gala-spectacle pendant lequel le public va découvrir Le son du sijo par Yoori Won et Tatiana Mironov, chœur de Corée la chorale de Racines coréennes, choeur Jeongdaoun Nole, le duo Minho, sijo par Chang, du pansori avec Jongi-Gonji, de la danse traditionnelle et de la danse contemporaine.

De gauche à droite, rencontres littéraires au festival de l’automne coréen de Clamart et portrait de Laure Mi Hyun Croset, romancière. © Hop&Rats et ville de Clamart

De gauche à droite, rencontres littéraires au festival de l’automne coréen de Clamart et portrait de Laure Mi Hyun Croset, romancière. © Hop&Rats et ville de Clamart


Littérature et poésie seront à l’honneur...

Laure Mi Hyun Croset, romancière née à Séoul et adoptée en Suisse. Membre du prestigieux Parlement des écrivaines francophones et de multiples associations comme Racines coréennes.
Elle et Nicolas Gaudemet établiront des dialogues littéraires et autour de leurs livres Made in Korea et Nous n’avons rien à envier au monde.

Lim Yeong-hee, autrice, traductrice et éditrice, qui a écrit plusieurs albums pour la jeunesse, notamment « Jinju » et des livres en édition bilingue coréen-français.

Son Mihae, autrice, chercheuse enseignante spécialisée dans la langue et la littérature coréennes et co-traductrice. Elle a fait partie des traducteurs de Beyond the Story, 10 ans de souvenirs de BTS.

Soo-ah Gabrielle Moles, artiste adoptée pluridisciplinaire, calligraphe, danseuse et poète Elle se consacre à la mise en scène de son recueil de poèmes Ma terre cendrée de perles.

Dan Burcea, critique littéraire franco-roumain, journaliste, traducteur et préfacier. Il est à l'origine de la revue Lettres Capitales, et a réalisé des traductions pour différents éditeurs roumains ainsi que pour la Nouvelle Revue Française.

Juliette Morillot, écrivaine, historienne, journaliste et coréanologue présentera son livre Entre la terre et le sang.

Han Yumi et Hervé Péjaudier donneront une conférence sur le théâtre pansori et le chamanisme. Avec Lim Yeong-hee, Son Mihae et Soo-ah Gabrielle Moles, ils animeront une table ronde intitulée Panorama de la littérature coréenne avec modération de Pierre Bisiou.

...tout comme des artistes de plusieurs disciplines.

Architecture avec Luli Amazini. Architecte, artiste et scénographe basée à Marseille. Son travail fonctionne comme un laboratoire créatif pluridisciplinaire, fusionnant art, recherche, science et géométrie.

Céramique avec Marc Albert. Artiste céramiste français contemporain dont le travail se distingue par une approche novatrice et poétique de la terre.

Chant et musique avec Léa Junebug. Chanteuse compositrice et musicienne, elle est née à Gangneung et adoptée en France. Elle vit à Paris et fait partie de Racines coréennes et du collectif artistique Okap. Sa musique est un voyage à travers l'introspection, l'émotion et l'intimité.

Dessin avec Céline Pope et Choi Kwi Beom. Lui, né en Corée et adopté en France, est passionné par la bande dessinée depuis son enfance. Ses outils de prédilection sont l'encre de Chine, les pinceaux et les feutres.

Photographie avec Julien Hay et Maria Malita.

Julien Hay né à Nonsan en 1985 est arrivé en France en 1988 en Normandie ou son père, grand-père et arrière grand-père étaient photographes. Il fait partie de Racines coréennes et du collectif artistique Okap. A partir de son histoire, puis celle de son fils, il interroge les liens familiaux. Il vit et travaille à Paris.

Maria Malita, artiste visuelle, directrice artistique, et photographe est basée entre Paris et Bucarest. Son travail se construit autour de la photographie, du reportage et de la création d’images, à la frontière entre démarche documentaire et expression artistique.

Peinture avec Anne Manojlovic, Gabriel Pop et George Cristian Alexandru.

Anne Manojlovic, peintre et licenciée en sciences humaines. Sa peinture est une fusion entre la beauté de la nature et le fantastique. Des êtres mythologiques ont pu surgir parfois, fortuitement.

Gabriel Pop est artiste peintre et professeur d’arts plastiques formé aux Beaux-Arts de Bucarest puis à la Sorbonne. Fontenaisien, il conjugue sa pratique picturale avec son métier de professeur.

George Cristian Alexandru est peintre et artiste plasticien de Ploiești en Roumanie. Ses œuvres explorent l'espace quotidien, la mémoire des lieux et le rapport entre le réel et l'imaginaire.

Sculpture avec Véronique Lonchamp. Sculptrice française contemporaine. Le modelage est sa priorité, car ses œuvres commencent par la terre cuite, la cire, le plâtre et le papier plâtré recouvrant les charpentes clôturées et se terminent par le bronze.

Lee Jaedong, artiste et président de Racines coréennes et affiche officielle du festival « Automne coréen, la Corée à Clamart », du 2 au 8 novembre 2026. © Hop&Rats et Ville de Clamart

Lee Jaedong, artiste et président de Racines coréennes et affiche officielle du festival « Automne coréen, la Corée à Clamart », du 2 au 8 novembre 2026. © Hop&Rats et ville de Clamart


D’autres artistes pluridisciplinaires seront présents.

Adel Gastel, principalement connu pour son travail de grand reporter. Illustrateur et photographe, il fusionne le journalisme d'actualité et l'expression artistique à travers le concept de News Sketching utilisant dessin, croquis et peinture.

Aurélia Bizouard, Artiste qui travaille avec des surfaces transparentes, le verre, la couleur, la projection, l'ombre et la lumière réfléchie, elle crée des œuvres qui oscillent entre visibilité et disparition.

Ciprian Apetrei, Professeur de sciences socio-humaines, écrivain et curateur culturel. Il coordonne des projets littéraires et artistiques et organise des ateliers, festivals et résidences créatives en Roumanie et en Europe.

Lee Jaedong, artiste pluridisciplinaire dont le travail s’exprime à travers le graffiti, la peinture, la photographie et le papier plié coréen. Il commence son parcours artistique en 1999 par le graffiti et développe très tôt un intérêt marqué pour le lettrage, le rythme et l’énergie du geste. À partir de 2009, suite à la redécouverte de sa famille biologique et à des voyages réguliers en Corée, son travail s’oriente vers une réappropriation de ses origines coréennes, sans renier les influences qui l’ont construit jusque-là. Lee Jaedong fait partie du collectif artistique Okap et est l’actuel président de Racines coréennes.

Lee Young Joo. Artiste née à Séoul et basée à Paris, elle a vécu en Allemagne, au Canada, aux États-Unis et en France. Ces expériences ont nourri son intérêt pour les identités humaines et les visions du monde qui se construisent à travers la biologie et la culture. Sa pratique s’appuie sur ces expériences vécues, ainsi que sur la science-fiction et le féminisme. Son travail a été présenté au Seoul Museum of Art et à la Cité internationale des arts de Paris.

Mïrka Lugosi. Artiste plasticienne, née en Transylvanie, elle développe depuis les années 80, un univers qui trouve ses racines dans le flux ambigu des pensées inconscientes, le jeu des formes pures, la collection d'images, les livres de science, la musique électronique. Le dessin tient une place importante dans son travail, mais ses recherches intègrent aussi l'utilisation d'outils numériques, images et sons.

Tatiana Mironov et affiche officielle du festival « Automne coréen, la Corée à Clamart », du 2 au 8 novembre 2026. © Hop&Rats et ville de Clamart

Tatiana Mironov et affiche officielle du festival « Automne coréen, la Corée à Clamart », du 2 au 8 novembre 2026. © Hop&Rats et ville de Clamart


La présence de ces artistes des Balkans à côté des artistes français et coréens est chère à Tatiana Mironov, qui a répondu à mes questions.

Nathalie Fisz : Depuis quand t’intéresses-tu à la culture coréenne ?

Tatiana Mironov : En 2021, ma sœur m’a parlé de la série historique Love in the Moonlight. Je ne connaissais pas encore la culture coréenne et j’ai été totalement fascinée.

Par quel biais as-tu poursuivi ta découverte ?

J’ai été frappée par la beauté de la calligraphie coréenne. J’ai voulu en apprendre davantage et me suis inscrite au centre culturel coréen pour étudier la langue et aussi apprendre la danse, l’histoire et la littérature.

De quelles associations fais-tu partie ?

Je suis membre de Racines coréennes. La cause des coréens adoptés me touche beaucoup et fait écho à mon statut de réfugiée politique de Roumanie. Je fais partie de Chœur de Corée, la chorale de l’association qui sera présente.

Es-tu déjà partie en Corée ?

Je ne suis pas encore partie mais le prévoit dès que possible avec si possible des explorations culturelles et des stages.

Depuis quand prépares-tu le festival et qui sont les partenaires ?

Nous le préparons depuis novembre 2025. En plus des ministères des Affaires étrangères, la ville de Clamart, les départements des deux Seine, des associations locales de danse et de sport et des commerces, la médiathèque vont se joindre à nous.

Comment s’est fait le choix du programme ?

Sous l’angle du sijo que j’affectionne particulièrement car il permet de tout dire en peu de mots, nous allons faire cohabiter l’art contemporain et la littérature. Nous voulons créer un espace d’écoute, de partage et de création et proposer de nombreuses activités.


Quelques mots encore

Moi qui fais partie de Racines coréennes, j’ai de nombreux souvenirs de Tatiana chantant et riant à des événements organisés par l’association. Avec ce festival coréen à Clamart, je crois que nous aurons cette fois, une magnifique occasion de la féliciter. Plus d'informations sur Facebook et Instagram.

Affiche officielle du festival « Automne coréen, la Corée à Clamart », festival d'amitié franco-coréenne, du 2 au 8 novembre 2026. © Ville de Clamart

Affiche officielle du festival « Automne coréen, la Corée à Clamart », festival d'amitié franco-coréenne, du 2 au 8 novembre 2026. © Ville de Clamart



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