Journalistes honoraires

03.11.2026

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Par Nicole Bergeaud

Théâtre, musiques expérimentales et conte chorégraphié : en novembre, le musée Guimet poursuit sa programmation consacrée à la Corée, avec notamment deux représentations exceptionnelles de la troupe du Théâtre national de Corée, présentées pour la première fois en France.

À Paris, les expositions, les concerts et les rencontres avec les artistes se multiplient, attirant un public curieux de découvrir d'autres facettes de la création coréenne.

Le musée Guimet participe activement à cet engouement avec une programmation qui se distingue par sa diversité et permet de découvrir des artistes qui puisent dans les traditions musicales, littéraires ou spirituelles coréennes pour inventer de nouvelles formes d'expression.

Le Théâtre national de Corée à Paris pour deux représentations exceptionnelles au musée Guimet. © National Theater Company of Korea

La troupe du Théâtre national de Corée sera à Paris pour deux représentations exceptionnelles au musée Guimet. © National Theater Company of Korea


La troupe du Théâtre national de Corée à Paris : un événement rare

Les 13 et 14 novembre, le musée Guimet accueillera la troupe du Théâtre national de Corée pour deux représentations de Sammaekyung – Enfin, je crois avoir vécu, une pièce créée par Lee Chul Hui. C'est l'un des temps forts de cette programmation. Présentée pour la première fois en France, cette création revisite Le petit moine (Dongseung), une pièce écrite en 1939 par Ham Se-deok, figure importante du théâtre coréen moderne.

L'histoire est celle d'un acteur vieillissant qui, pendant trente-cinq ans, est resté hanté par un rôle qu'il pense avoir manqué. Après sa mort, il entre dans un espace mystérieux, le Sammaekyung, où les frontières entre passé et présent, réalité et représentation disparaissent.

Il y retrouve ses regrets, ses blessures et les choix qui ont marqué son existence.

Le metteur en scène s'inspire notamment du Samadhi, état de concentration profonde dans la tradition bouddhique, pour construire une réflexion sur la mémoire, l'échec et l'acceptation de soi.

Le spectacle s'appuie sur une œuvre de la littérature coréenne, mais les questions qu'il soulève sont universelles. Qui n'a jamais regretté une décision ou imaginé ce qu'aurait pu être une autre vie ?

Pour sa présentation parisienne, la pièce sera proposée dans une forme adaptée, faisant une large place au texte et au jeu des interprètes. Les représentations seront données en coréen, avec des surtitres français. Une occasion rare de découvrir le théâtre contemporain coréen à travers l'une de ses grandes institutions nationales.

À l’issue de la deuxième représentation, le samedi 14 novembre, un temps d’échange sera proposé avec l’équipe artistique à 17h, en accès gratuit sur réservation. Ce sera l’occasion de présenter et de découvrir cette prestigieuse institution.

Le duo Dal:um qui mêle le gugak à des influences contemporaines. © Musée Guimet / Jaeyong Park

Le duo Dal:um qui mêle le gugak à des influences contemporaines. © Musée Guimet / Jaeyong Park


Dal:um et Dasom Baek : trois figures majeures de la nouvelle scène musicale coréenne

Autre rendez-vous à retenir : le vendredi 6 novembre, pour une soirée exceptionnelle avec le duo Dal:um et Dasom Baek.

Dal:um puise ses racines dans le gugak, la musique traditionnelle coréenne, dont elles maîtrisent deux cithares emblématiques : le gayageum et le geomungo, profondément associés à l'histoire musicale de la Corée. Fidèles à cet héritage, leur musique navigue entre une multitude d’influences contemporaines : minimalisme, folk expérimental et jazz abstrait.

Dason Baek, compositrice, improvisatrice et interprète virtuose d’instruments à vent traditionnels coréens, le daegeum, et le sogeum. © Yushin Kim

Dasom Baek, compositrice, improvisatrice et interprète virtuose d’instruments à vent traditionnels coréens, le daegeum, et le sogeum. © Yushin Kim


La même liberté se retrouve chez Dasom Baek, compositrice, improvisatrice et interprète virtuose d’instruments à vent traditionnels coréens, le daegeum, grande flûte traversière en bambou et du sogeum, une flûte plus petite au timbre aigu. Elle les associe à des sonorités électroniques et à des fragments de voix pour évoquer la solitude, les relations humaines et la vie dans les grandes métropoles, comme dans son album Mirror City.

Deux approches différentes, une même volonté de faire entendre autrement les instruments traditionnels coréens.

Park Jiha. © Musée Guimet / Studio Gut

Park Jiha. © Musée Guimet / Studio Gut


Park Jiha : une autre manière d'écouter la musique coréenne

Le jeudi 19 novembre, Park Jiha se produira à son tour dans l’auditorium du musée.

Compositrice et multi-instrumentiste, elle crée une musique très personnelle, entre improvisation, minimalisme et sonorités contemporaines, tout en utilisant des instruments traditionnels coréens.

Elle joue notamment du piri, un instrument à vent à anche double, du saenghwang, un orgue à bouche en bambou, et du yanggeum, une cithare dont les cordes sont frappées.

Son album The Gleam est inspiré par la lumière, par la façon dont elle change au cours de la journée et par les sensations qu’elle peut faire naître. Une musique délicate, presque méditative, dans laquelle les silences comptent autant que les sons.

Le poil de la moustache du tigre. © Musée Guimet / Julien Bruhat

Le poil de la moustache du tigre. © Musée Guimet / Julien Bruhat


Un conte traditionnel coréen à découvrir en famille

La programmation ne s’adresse pas uniquement aux amateurs de théâtre ou de musique contemporaine.

Le dimanche 29 novembre, le musée présentera Le poil de la moustache du tigre, un spectacle chorégraphique inspiré d’un conte traditionnel coréen.

L’histoire raconte la quête de Yun Ok, une femme qui cherche à aider son mari, profondément marqué par la guerre. Pour y parvenir, elle doit accomplir une mission qui semble impossible : obtenir un poil de la moustache d’un tigre.

À travers la danse et la musique, ce récit aborde la patience, la confiance et la compréhension de l’autre.

Accessible aux enfants à partir de 7 ans, ce spectacle permettra aussi de découvrir en famille la place du tigre, figure familière du folklore et des arts traditionnels coréens.

Cette programmation réunit des artistes que l’on a encore trop rarement l’occasion de voir en France. Elle montre aussi toute la diversité de la création coréenne actuelle. Ces artistes ne se contentent pas de préserver un héritage. Ils s’en emparent, le transforment et le font évoluer, chacun à sa manière.

A découvrir au musée Guimet en novembre.


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caudouin@korea.kr