Kim Minjung, une figure clé de la restauration d'œuvres d'art au Musée du Louvre à l'aide du papier traditionnel Hanji, accorde une interview le 13 juillet à Korea.net dans le studio de ce dernier dans le district de Jongno à Séoul. ⓒ Kim Sunjoo / Korea.net
Par
Xu Aiying et
Jung Joo-ri
Un accrochage « Hommage à la Maison de Bourbon. Pastels de Fragonard et Lemonnier » se tient jusqu'en septembre au musée du Louvre. Il propose 18 portraits des Bourbons dessinés au pastel par les peintres français Jean-Honore Fragonard et Anicet Charles Gabriel Lemonnier.
Les œuvres du XVIIIe siècle présentées lors de l'exposition ont été restaurées pendant un an à l'aide du papier traditionnel coréen, hanji. Matériau essentiel dans la restauration d'art, le hanji est utilisé de diverses manières pour combler les fissures des meubles, des peintures et des sculptures afin de donner une nouvelle vie aux reliques usées.
Kim Minjung, restaurateur d'œuvres d'art, s'est consacré à l'utilisation du hanji pour le projet du Louvre. Il a participé à l'ensemble du processus de restauration des œuvres, de la sélection du papier aux tests.
Dans un studio du district de Jongno à Séoul, il a déclaré dans une interview accordée à Korea.net le 13 juillet : « le fait que le hanji ait été utilisé pour restaurer chaque œuvre de l'exposition est très significatif. Le papier a été reconnu pour sa forte durabilité et sa qualité exceptionnelle et a été reconnu comme le meilleur papier pour la restauration ».
Étudiant en ingénierie aérospatiale à l'Université Paris-Est Créteil, Kim a vécu une expérience qui a changé sa vie après avoir rencontré l'historienne Park Byeong-seon, qui a découvert le Jikji Simche Yojeol, ou « Anthologie des enseignements zen des grands prêtres bouddhistes », le plus ancien livre imprimé en caractères métalliques mobiles encore existant, et l'Oegyujanggak Uigwe, « Manuscrits sur les protocoles royaux de la dynastie Joseon ». Kim a aidé à l'interprétation et à la traduction pendant les recherches de Park et la rédaction de son livre. Plus tard, il a changé de spécialité pour s'orienter vers la conservation et la restauration d'art et a travaillé comme stagiaire rémunéré au Louvre.
Lors de la visite en France avec le président Moon Jae-in en octobre 2018, la Première dame Kim Jung-sook (deuxième à droite) pose pour une photo au Louvre avec la Première dame française Brigitte Macron (première à droite) à côté d'un bureau du XVIIIe siècle de Maximilien II de Bavière qui a été restauré en utilisant le papier traditionnel hanji fabriqué à Jeonju, dans la province de Jeolla du Nord. ⓒ Compte Facebook de Cheong Wa Dae
Le Louvre a reconnu l'excellence du hanji lorsqu'Ariane de La Chapelle, responsable de l'équipe de restauration du musée, a lu le mémoire de maîtrise de Kim sur une comparaison des papiers traditionnels en Corée, au Japon et en Chine. La thèse affirmait que le hanji était adéquat pour une utilisation en restauration grâce à sa contractibilité et sa détérioration. Ainsi, en 2017, le musée a utilisé pour la première fois le hanji fabriqué à Jeonju, dans la province de Jeolla du Nord, pour restaurer le bureau du XVIIIe siècle de Maximilien II de Bavière.
Kim a déclaré que la solidité du hanji était l'une des raisons de son utilisation dans le projet de restauration. « Les fibres horizontales et verticales du hanji se croisent, ce qui rend le papier solide et avantageux pour la restauration », a-t-il déclaré. « Le hanji complète la faiblesse du papier japonais, dont la fibre est facile à déchirer puisqu'il n'est tissé que verticalement. »
« Promouvoir l'excellence du papier traditionnel coréen au Louvre n'est qu'un début », a-t-il souligné. « D'autres musées reconnaîtront le hanji depuis que le Louvre, qui est à la tête de l'industrie mondiale de la restauration des objets d'art, a commencé à l'utiliser. »
Le restaurateur d'œuvres d'art Kim Minjung utilise le hanji dans le cadre de son travail au Louvre. ⓒ Kim Minjung
Kim travaille à la fois en Corée et en France pour préparer la restauration d'autres œuvres d'art au Louvre en utilisant le hanji. Il travaille également à l'élaboration d'une exposition sur l'histoire mondiale du papier, prévue en avril prochain au Louvre Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis.
En ce qui concerne ses objectifs, il a déclaré : « je veux créer un système organisé pour restaurer les œuvres d'art à l'aide du hanji. J'aimerais également me consacrer à la formation de professionnels de la restauration au hanji afin que davantage de musées dans le monde puissent utiliser ce papier traditionnel ».
xuaiy@korea.kr