Entretiens

30.06.2026

Ezequiel Martínez (à gauche), directeur général du salon international du livre de Buenos Aires s’entretient avec une délégation de la Korean Foundation for International Cultural Exchange, à Séoul, le 26 juin 2026. © Korean Foundation for International Cultural Exchange

Ezequiel Martínez (à gauche), directeur général du salon international du livre de Buenos Aires s’entretient avec une délégation de la Publication Industry Promotion Agency, à Séoul, le 26 juin 2026. © Korean Foundation for International Cultural Exchange



Par Kim Hyelin

La Corée pourrait être le pays invité du salon international du livre de Buenos Aires en 2028, selon son directeur général, Ezequiel Martínez, actuellement en visite en Corée dans le cadre du programme K-Fellowship. Lancé en 2009 par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, le K-Fellowship invite en Corée des personnalités artistiques du monde entier afin de promouvoir les échanges culturels.

Grand rendez-vous de la littérature hispanophone créé en 1975, le salon international du livre de Buenos Aires avait mis à l'honneur le Pérou lors de son édition 2026, qui s’est déroulée du 23 avril au 11 mai. Pour son 50e anniversaire, les organisateurs ont décidé d’inviter non plus des villes, mais des pays. La nation à l’honneur en 2027 sera l’Espagne.

Le stand du centre culturel coréen de Buenos Aires au 50e salon international du livre de Buenos Aires. © Centre culturel coréen de Buenos Aires

Le stand du centre culturel coréen de Buenos Aires au 50e salon international du livre de Buenos Aires. © Centre culturel coréen de Buenos Aires


Si Ezequiel Martínez s'intéresse à la Corée, c'est notamment grâce au lectorat fidèle dont bénéficie la littérature coréenne en Argentine. La végétarienne de Han Kang, a été publiée en espagnol dès 2012 par une maison d'édition indépendante de Buenos Aires, Bajo la Luna, avant même ses traductions en anglais, en français, en italien ou en allemand. 

« Les livres de Han Kang sont revenus parmi les meilleures ventes lors du salon de cette année, grâce à son prix Nobel de littérature », explique-t-il. La maison d'édition indépendante Hwarang, fondée en 2019, spécialisée dans la littérature coréenne, a ainsi publié plus de trente ouvrages de Park Min-gyu, Hwang Sok-yong ou Yi Sang. D'autres éditeurs, comme Fiordo, qui a publié À propos de ma fille de Kim Hye-jin, ainsi que les groupes Random House et Planeta, accordent eux aussi une place croissante à la littérature coréenne.

« Le nombre de personnes apprenant le coréen augmente régulièrement et les clubs de lecture consacrés à la littérature coréenne sont très actifs », poursuit Ezequiel Martínez, qui rappelle le besoin croissant de traducteurs entre le coréen et l’espagnol. Le projet de création d'une école supérieure de traduction, actuellement étudié par l’Institut coréen de traduction littéraire, témoigne quant à lui « de l'importance que la Corée accorde à la formation des traducteurs ».

Ezequiel Martínez (à droite) et Woo Seokkyun, directeur de l'Institute of Latin American Studies de l’université nationale de Séoul, dans une salle de l’institut, le 23 juin 2026. © Korean Foundation for International Cultural Exchange

Ezequiel Martínez (à droite) et Woo Seokkyun, directeur de l'Institute of Latin American Studies de l’université nationale de Séoul, dans une salle de l’institut, le 23 juin 2026. © Korean Foundation for International Cultural Exchange


Le séjour en Corée d’Ezequiel Martínez a été l’occasion de rencontrer de nombreux écrivains coréens, dont Kim Ho-yeon, présent au dernier salon du livre de Buenos Aires, afin de recueillir leurs recommandations sur les auteurs à inviter lors des prochaines éditions. « Je note les noms qui reviennent le plus souvent », explique-t-il, évoquant Kim Yeonsu, Sohn Won Pyung, Kim Hye-jin ou Bora Chung, qu'il confie vouloir inviter en 2027.

Selon Ezequiel Martínez, les romans à portée thérapeutique, la littérature de l'imaginaire et les œuvres abordant des questions de société figurent parmi les grandes tendances de la littérature coréenne actuelle. « Ce n'est pas seulement une histoire coréenne ; c'est un récit universel dans lequel chacun peut se reconnaître », souligne-t-il au sujet de À propos de ma fille de Kim Hye-jin. Le directeur du salon du livre de Buenos Aires dit également avoir été profondément marqué par Lapin maudit de Bora Chung. « Je n'avais jamais rien lu de tel. C'est une œuvre inclassable, ni science-fiction, ni réalisme magique, ni fantasy, ni horreur. Je me demande d'où peut venir une telle imagination ! »

Pour une potentielle invitation de la Corée en 2028, Ezequiel Martínez imagine déjà un programme dépassant le seul cadre du salon. « Si la Corée est invitée, j'aimerais présenter l'ensemble de sa culture (littérature, arts et gastronomie) en investissant des lieux emblématiques de Buenos Aires, comme le musée national des Beaux-Arts, le Teatro Colón ou encore le Palacio Libertad. »

« Les lecteurs argentins sont déjà très curieux de la Corée. Si elle devient le pays invité, son impact sera plus important que celui de n'importe quel autre pays », a-t-il conclu avec optimisme.

Ezequiel Martinez visite le salon international du livre de Séoul, au centre des expositions Coex, à Gangnam, le 24 juin 2026. © Korean Foundation for International Cultural Exchange

Ezequiel Martinez visite le salon international du livre de Séoul, au centre des expositions Coex, à Gangnam, le 24 juin 2026. © Korean Foundation for International Cultural Exchange


kimhyelin211@korea.kr