Quel regard les Pays et les territoires d’Asie de l’Est, comme la Chine continentale, le Japon et Taiwan, portent-ils sur la Corée et sa culture?
Pour répondre à cette question, la fondation pour l’histoire de l’Asie du nord-est et le Forum pour l’étude de l’histoire de l’Asie de l’est ont co-organisé, les 7 et 8 novembre, une conférence internationale intitulée « la Corée dans la culture de l’Asie de l’Est ».
En effet, la conférence s’inscrivait dans le cadre de rencontres annuelles proposées par le Forum pour l’Histoire de l’Asie de l’Est, une organisation créée en 2007 par des universitaires coréens, chinois, japonais et taïwanais.
Ainsi, la première session a-t-elle porté sur « la culture coréenne dans l’ancienne Asie de l’Est - - une analyse de la littérature coréenne ». Le premier intervenant était le Professeur Shao Yiping (邵毅平) de l’université chinoise de Fudan (復旦大).
Sa communication présentait le roman du 17ème siècle « le rêve nuage des neuf »(九雲夢) de la période Joseon et décrivait des scènes du roman en indiquant leur signification.
« Le rêve nuage des neuf”, écrit par Kim Man-jung (金萬重, 1637-1692), est récemment revenu sur le devant de la scène en Chine, puisque le feuilleton télévisé au succès phénoménal «Mon amour venu des étoiles » y faisait référence. Dans ce programme télévisé, l’acteur principal, Do Min-joon, dont le personnage a conquis le public chinois, qualifiait l’ouvrage de « livre de vie ».
L’éminent professeur a également expliqué comment la maison d’édition chargée de publier les lives anciens, la Shanghai Ancient Books Publishing House, avait traduit et publié le livre de vie de Do Min-joon pour le marché chinois. Plus de 17000 exemplaires ont été imprimés en deux temps à compter de juin. Or, les lecteurs chinois ont réservé un accueil très chaleureux à cet ouvrage dont le succès ne se dément pas.
M. Shao a partagé certaines des nombreuses critiques élogieuses des lecteurs chinois. Parmi les commentaires les plus évocateurs, il est possible d’en citer deux : « Chacune des lignes est merveilleusement bien écrite en Hangeul comme en chinois par un lettré originaire d’un pays voisin » ou encore "le style et les scènes décrites dans le livre sont tout simplement aussi bien écrites que dans les romans chinois anciens ».
Par ailleurs, le spécialiste a loué le talent littéraire d’auteurs, tels que Kim Man-jung, ajoutant qu’ils étaient des fins connaisseurs, tant des caractères Hangeul que des caractères chinois. En outre, il a regretté l’absence d’une édition proposant des explications plus approfondies de l’oeuvre, et ce, en dépit du succès remporté dans toute la Chine continentale par la version, récemment publiée, en chinois simplifiée. Il a plaidé pour que de plus amples efforts soient diligentés afin de mieux comprendre l’oeuvre.

La Fondation pour l’histoire de l’Asie du nord-est et le Forum pour l’étude de l’histoire de l’Asie de l’est ont co-organisé une conférence internationale les 7 et 8 novembre intitulée « la Corée dans la culture d’Asie de l’Est ».
La dernière table-ronde portait sur « les aspects négatifs d’Hallyu ou Vague Coréenne, les échanges culturels au 21ème siècle en Asie de l’Est ». Au cours des discussions, les participants ont porté un regard critique sur l’influence de la musique pop coréenne et des feuilletons télévisés sur le développement culturel. Ils se sont aussi intéressés à leur contribution à l’essor de la paix en Asie de l’Est.
La communication du Professeur Chen Hongmin (陳紅民) de l’Université Zhejiang (浙江大) en Chine était consacrée à l’oeuvre “Impressions de Corée" (浮光掠影的 '印象韩国). Dans cette présentation, le professeur a proposé une analyse critique de la façon dont la société chinoise perçoit le phénomène Hallyu qui s’est pourtant imposé dans le pays. Il a étayé son commentaire avec des propos échangés par les participants d’une émission de télé réalité chinoise « Non sérieux s’abstenir » (非誠勿擾) (traduction non officielle).
“La vague coréenne a un bon côté qui a un impact positif sur la Chine », a déclaré le Professeur Chen. La Corée a fait des progrès considérables sur plan du style, des industries des services, de la mode et des industries du divertissement. Elle est particulièrement populaire auprès de la jeunesse chinoise, notamment des jeunes femmes cadre. Elles adorent le pays et ses modes”, a-t-il ajouté.
“Quand nous évoquons le phénomène Hallyu, ce sont, en général, les magnifiques scènes romantiques des feuilletons ou des récits coréens qui nous viennent à l’esprit, nous pensons aussi aux séduisants artistes des émissions télévisées ou des groupes pop. Pourtant, si l’on s’en tient à ces aspects, nous ne pouvons pas pleinement comprendre le contexte culturel et historique, le développement social, les enjeux et les systèmes politiques du pays, ni le mental d’acier de son peuple », a-t-il précisé.
Le professeur a reconnu que le contenu Hallyu avait fortement contribué à l’engouement croissant du peuple chinois pour la Corée. « Si la promotion de la Corée en reste à son niveau actuel, cela pourrait provoquer des « incompréhensions » sur le pays et les publics étrangers pourraient éprouver un certain désenchantement, voire une sorte de déception en découvrant la Corée véritable », a-t-il toutefois averti.
Affiche officielle de la conférence intitulée « La Corée dans la culture de l’Asie de l’est ».
Rédaction : Wi Tack-whan et Sohn JiAe (whan23@korea.kr)
traduction : alexia Griveaux Carron