Le ministère des Affaires étrangères, à Séoul. © Ministère des Affaires étrangères
Par Kim Hyelin
Le ministère des Affaires étrangères a annoncé ce 13 novembre l’adoption d’un troisième plan directeur de diplomatie publique pour la période 2026-2030. Cette décision entraîne l’interruption anticipée du deuxième plan, dont l’échéance était initialement prévue en 2027.
Le ministère a justifié l’élaboration de ce nouveau document par la nécessité de repenser en profondeur la stratégie de diplomatie publique dans un contexte international en rapide évolution : intensification de la rivalité entre les États-Unis et la Chine, montée en puissance du Sud global (pays émergents et en développement non occidentaux) et expansion des problématiques transfrontalières telles que le changement climatique ou l’intelligence artificielle (IA). Il a également souligné l’importance d’une transmission précise des informations sur la Corée face à la multiplication des fausses informations et des manipulations, ainsi que l’essor d’une diplomatie publique plus convergente, associant culture, économie et technologie.
Cette nouvelle stratégie repose sur trois grands objectifs : promouvoir les intérêts nationaux, renforcer le rôle de la Corée en tant que puissance mondiale responsable et bâtir un écosystème intégré et structuré de diplomatie publique.
Selon le gouvernement, l’un des changements majeurs de ce troisième plan est l’élargissement du champ de la diplomatie publique : il ne s’agit plus seulement de promouvoir l’image de la Corée, mais aussi de répondre aux enjeux mondiaux et aux questions industrielles et technologiques. Le plan se distingue également par une participation accrue des acteurs non étatiques (jeunes, collectivités locales, diaspora, entreprises) ainsi que par un développement renforcé de la diplomatie publique numérique, notamment grâce à des contenus immersifs utilisant l’IA, la réalité augmentée et la réalité virtuelle. Il prévoit également une implication accrue de la Corée dans la gestion des grands défis mondiaux tels que la crise climatique, les chaînes d’approvisionnement et la sécurité économique.
Les 11 priorités et les 32 actions définies comprennent notamment une diplomatie publique axée sur la compétitivité industrielle, l’amélioration des outils numériques, le renforcement des actions ciblées par pays et par région, ainsi que l’élargissement des possibilités de participation citoyenne. S’ajoutent le soutien aux études coréennes et à l’enseignement de la langue coréenne à l’étranger, la création d’un système de lutte contre les fausses informations et l’intensification du dialogue avec les pays non occidentaux.
Le gouvernement prévoit d’augmenter progressivement, d’ici 2030, le budget consacré à la diplomatie publique et de renforcer la coopération entre missions diplomatiques à l’étranger afin d’améliorer l’efficacité des politiques. Le budget du ministère des Affaires étrangères dans ce domaine devrait croître d’au moins 6 % par an, tandis que le système d’information sur la diplomatie publique sera modernisé et que le réseau des missions diplomatiques continuera de s’étendre.
« Sur la base de ce plan directeur, nous renforcerons la coopération entre les secteurs public et privé, développerons les compétences des citoyens en matière de diplomatie publique et élargirons les possibilités de participation directe », a déclaré le ministère.
kimhyelin211@korea.kr