Politique

26.05.2026

Le 4 juin 2025, lors de son entrée en fonction, le gouvernement Lee Jae Myung a présenté sa vision pour la Corée, fondée sur les principes d’« unité » et de « pragmatisme ». Dans cette série d’articles, Korea.net revient sur les principales réalisations ayant marqué sa première année au pouvoir dans les domaines de la diplomatie, des relations avec la Corée du Nord, de l’économie, de la société et de la culture.


20260107

Les présidents Lee Jae Myung et Xi Jinping échangent une poignée de main lors de la signature de protocoles d’accord entre leurs deux pays, à Pékin, le 5 janvier 2026. © Compte Facebook du président Lee Jae Myung


Par Yoon Sojung

Une diplomatie pragmatisme tournée vers le monde

« Le premier principe de gouvernance sous un gouvernement de souveraineté populaire est le bien-être du peuple. Il s’oriente vers un pragmatisme réaliste, affranchi de toute idéologie, de toute faction et de toute lutte politique. »

C’est par ces mots que le président Lee Jae Myung s’est exprimé lors d’une conférence de presse tenue le 21 janvier au complexe présidentiel de Cheong Wa Dae. Sa volonté d’ancrer un pragmatisme réaliste se manifeste clairement dans sa diplomatie : il s’est déjà rendu dans neuf pays, à commener par le Canada pour le G7, depuis le lancement de son gouvernement.

Le plus grand succès diplomatique de cette période est la restauration des relations avec la Chine. Le grand tournant a été le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) qui s’est organisé du 31 octobre au premier novembre à Gyeongju, dans le sud-est de la Corée. C’est dans ce cadre que le président chinois Xi Jinping a effectué son premier voyage officiel en Corée depuis 2011. Le sommet coréano-chinois en marge de l’APEC 2025 a ainsi débouché sur l'officialisation de leur intention de renouer les liens. Les deux pays ont signé un accord sur le swap de devises de 70 000 milliards de wons (environ 39,7 milliards d’euros), ainsi qu’un accord sur le commerce des services et les investissements. Par la suite, lors de la visite officielle de Lee Jae Myung à Pékin en janvier dernier, les deux dirigeants ont convenu d’intensifier une coopération horizontale et mutuellement avantageuse au profit des citoyens et de développer la paix sur la péninsule coréenne et les échanges dans le domaine de la culture et des contenus.


250826 korus summit

Le président Lee Jae Myung serre la main du président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 25 août 2025. © Agence de presse Yonhap


Quant aux États-Unis, la coopération est entrée dans une nouvelle phase. Face à la seconde administration Donald Trump et à sa politique de « l’Amérique d’abord », Lee Jae Myung a consolidé son alliance tout en gardant ses intérêts pratiques d’égal à égal tant sur le plan économique que sécuritaire.

La Corée a surtout obtenu le soutien de Washington pour la construction de sous-marins à propulsion nucléaire et l’enrichissement de l’uranium lors du sommet coréano-américain en marge de l’APEC 2025. Ce tremplin permettra au pays de renforcer considérablement ses capacités sécuritaires en tant qu’axe centrale en Asie du Nord-Est. S’imposant comme un « État globalement responsable », la Corée a jusqu’à présent refusé les appels nationaux à l’armement nucléaire pour réagir aux menaces nord-coréennes. Les experts estiment que le sous-marin à propulsion nucléaire est la meilleure carte parmi les moyens militaires non nucléaires pour maximiser la dissuasion conventionnelle.

 


20260518_President Lee

Le président Lee Jae Myung et la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, au temple Horyu-ji, à Nara, au Japon, le 14 janvier 2026. © Cheong Wa Dae


Enfin, les relations avec le Japon ont connu une avancée rapide grâce à la diplomatie de « navette » sans précédent. Après le premier sommet avec le Premier ministre Shigeru Ishiba en marge du G7 au Canada, Lee Jae Myung a choisi le Japon comme la deuxième destination de ses visites officielles : c’est la première fois dans l’histoire qu’un président coréen se rend au Japon avant de visiter les États-Unis. Cela illustre le pragmatisme du gouvernement Lee Jae Myung qui donne la priorité aux intérêts nationaux.

En août 2025, la Corée et le Japon ont convenu de s’inscrire dans la lignée la Déclaration conjointe sur un nouveau partenariat Corée-Japon pour le 21e siècle, signée le 8 octobre 1998 et de maintenir la perception de l’histoire des cabinets japonais précédents. Il s’agit d’un résultat majeur à l’occasion du 80e anniversaire de la libération de la Corée et du 60e anniversaire de la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays. Depuis, les sommets coréano-japonais se succèdent de manière active : la Première ministre Sanae Takaichi s’est rendue à Andong, dans l’est de la Corée, entre les 19 et 20 mai. Cette visite marquait la sixième rencontre depuis l’entrée en fonction de Lee Jae Myung. Les deux pays intensifient actuellement la coopération sur l’approvisionnement énergétique.

 

L’avenir de la péninsule coréenne : coexistence pacifique et prospérité

Le gouvernement Lee Jae Myung s’est affranchi de la confrontation idéologique pour mener une politique focalisée sur la coexistence pacifique et la gestion pragmatique des risques. « La sécurité la plus absolue consiste à créer une situation où il n’est plus nécessaire de se battre », a déclaré Lee Jae Myung lors de son discours du 80e anniversaire de la libération de la Corée. « La Corée du Sud et la Corée du Nord entretiennent une relation privilégiée, respectueuse et reconnue de leurs systèmes respectifs et aspirent à une unification pacifique », a dit-il en soulignant que son gouvernement ne rechercherait « aucune forme d’unification par absorption ».

Pour ramener les relations intercoréennes vers une ère de réconciliation et de coopération, Lee Jae Myung a pris des mesures audacieuses dès son entréen en fonction : l’interdiction de la distribution de tracts et des émissions de propagande par haut-parleurs. De plus, il a réaffirmé sa volonté de mettre fin à la la guerre froide sur la péninsule coréenne et de contribuer à la paix mondiale à travers son initiative END (Exchanges, Normalization and Denuclearisation) lors du discours devant la 80e Assemblée générale de l’ONU en septembre 2025.


 Le président Lee Jae Myung durant son discours devant la 80e Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 23 septembre 2025. © Cheong Wa Dae

Le président Lee Jae Myung durant son discours devant la 80e Assemblée générale de l’ONU, à New York, le 23 septembre 2025. © Cheong Wa Dae


D’autres mesures concrètes ont été également prises pour relancer le dialogue. Lee Jae Myung a proposé aux autorités nord-coréennes de restaurer les canaux de communications, en soulignant que « la reprise du dialogue, interrompue depuis sept ans, est le point de départ d’une nouvelle relation bilatérale fondée sur la coexistence pacifique ». Dans cette même dynamique, le ministère de l’Unification a dévoilé sa décision de rétablir les zones d’exclusion aérienne prévues par l’accord militaire du 19 septembre 2018.

Ces efforts commencent à se traduire par des échanges civils. Une équipe féminine de football nord-coréenne Naegohyang (« Ma ville natale » en coréen) est arrivée à l’aéroport d’Incheon en vue de la demie-finale de la Ligue des champions de football d’Asie. C’est la première fois depuis 2018 qu’une délégation sportive nord-coréenne a visité la Corée. Cette visite revêt un sens considérable pour la politique « d’échanges et de coopération intercoréens mutuellement bénéfiques et en phase avec les citoyens » impulsée par le gouvernement.


260518_North Korea

Les footballeuses du club nord-coréen Naegohyang à leur arrivée à l’aéroport d’Incheon, le 17 mai 2026. © Agence de presse Yonhap


Ce pragmatisme réaliste de Lee Jae Myung est largement salué par les média internationaux. Par exemple, dans un article publié le 6 mars, le magazine The Diplomat a désigné ses compétences administratives, sa diplomatie pragmatique, sa communication hors norme et son leadership au service du peuple comme les clés de la popularité du président. Le magazine a surtout remarqué que Lee Jae Myung avait obtenu un consensus avec Donald Trump sur l’introduction de sous-marins à propulsion nucléaire, malgré son absence d’expérience diplomatique. « Lee Jae Myung a trouvé une solution qu'aucun président avant lui n’avait atteint. Il a ainsi fait preuve de sa capacité à faire face à la politique de l’Amérique d’abord » a estimé le média.



260316 Diplomat

© The Diplomat


arete@korea.kr