Un groupe d’étudiants étrangers de l’université Dong-A, à Busan, fêtent la fin de leurs études, le 11 février 2026. © Université Dong-A
Par Charles Audouin
Le ministère de la Justice a annoncé le 24 août une réforme de son système permettant aux collectivités locales d’attribuer, en fonction de leurs besoins, des visas d’études universitaires (D-2) et d’activités spécifiques (E-7).
Lancé à titre expérimental en 2025-2026, ce dispositif a permis aux collectivités locales du pays, à l’exception de Sejong et Daejeon, de délivrer plus de 2 600 visas en fonction de leurs besoins en main-d’œuvre. Les bénéficiaires étaient exemptés de certaines conditions habituellement requises dans le cadre d’une procédure classique. Les titulaires d’un visa D-2, notamment, n’étaient pas soumis à l’obligation de justifier de ressources annuelles et bénéficiaient de conditions plus souples pour exercer une activité professionnelle.
À l’issue de cette période d’essai, le ministère a conclu que le dispositif avait contribué à réduire les pénuries de main-d’œuvre au niveau local, sans avoir d’impact significatif sur l’emploi et les salaires des travailleurs coréens. Il a toutefois relevé plusieurs limites, notamment la difficulté à faire correspondre les filières d’études des jeunes diplômés étrangers aux besoins des industries locales. Les stratégies de développement propres à chaque région n’ont également pas été suffisamment prises en compte, à l’exception notamment des besoins de l’industrie navale dans le sud-est du pays.
Dans le cadre de la réforme, les collectivités locales pourront désormais attribuer les deux types de visas, alors qu’elles devaient auparavant choisir entre le D-2 et le E-7. Le quota de visas par collectivité sera par ailleurs baissé, d’une fourchette allant de 60 à 1 000 à 50 à 200, tandis que le nombre total de visas pourra atteindre 3 000 maximum, contre 6 790 auparavant.
La priorité sera accordée aux étrangers résidant déjà en Corée. Les candidats venant de l’étranger ne seront sélectionnés qu’après une vérification préalable portant notamment sur leur formation et leur niveau de coréen. Lors de la phase de recommandation, les collectivités locales évalueront également leur maîtrise de la langue coréenne et leur volonté de s’installer durablement dans la région.
Des incitations seront par ailleurs accordées aux titulaires d’un visa D-2 qui souhaitent passer au visa E-7 après avoir trouvé un emploi dans leur région d’études. Leurs conjoints seront également autorisés à travailler dans la région, afin de favoriser l’installation des familles et de stimuler la consommation locale.
« Cette réforme ne vise pas simplement à accroître le nombre de travailleurs étrangers. Elle vise à améliorer le système afin de sélectionner avec soin les talents dont les entreprises locales ont besoin et d’assurer un suivi responsable de l’ensemble du parcours, des études à l’emploi, en passant par le regroupement familial, l’installation dans la région et la consommation », a déclaré le ministre de la Justice, Jeong Seong-ho.
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