Sciences

22.05.2026

Le moine robot Hyeahn et son créateur, le professeur Lim Joong Yeon, de l’université Dongguk, à Séoul, le 15 mai 2026. © Lee Jeong Woo / Korea.net

Le moine robot Hye Ahn et son créateur, le professeur Lim Joong Yeon de l’université Dongguk, à Séoul, le 15 mai 2026. © Lee Jeong Woo / Korea.net



Par Lee Da Som

Une petite tête ronde et un corps trapu. Le premier moine robot doté d’intelligence artificielle développé en Corée, baptisé Hye Ahn, porte en lui la volonté d’apporter du réconfort à tous ceux qui s’approchent de lui. Le robot salue son interlocuteur en joignant les mains, un comportement non verbal qui le distingue des robots-guides ou chatbots.

La mission principale de Hye Ahn est d’informer sur le bouddhisme coréen. Il peut indiquer des lieux, expliquer la signification du geste de joindre les mains et présenter les doctrines bouddhistes en coréen et en anglais. Il est aussi capable d’entretenir des conversations sans latence même dans des environnements où les communications sont difficiles grâce à une IA embarquée. Il dispose également d’un système de classification des intentions qui lui permet d’interpréter les questions des utilisateurs, ainsi que d’une technologie lui permettant de fournir des réponses vérifiées. Des fonctions multilingues supplémentaires, notamment en chinois et en japonais, sont en préparation.

Le moine robot Hyeahn déambule dans les rues de Séoul lors d’un défilé de l’université Dongguk, organisé pour la fête des lanternes, dans le centre de Séoul, le 16 mai 2026. À ses côtés marchent Googi, un robot quadrupède chargé de la sécurité de la parade. © Lee Jeong Woo / Korea.net

Le moine robot Hye Ahn déambule dans les rues de Séoul lors du défilé de l’université Dongguk organisé pour la fête des lanternes, dans le centre de Séoul, le 16 mai 2026. À ses côtés marche Googi, un robot quadrupède chargé de la sécurité. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Hye Ahn n’est cependant pas encore capable d’atteindre lui-même l’éveil ni de remplacer les échanges spirituels entre humains. Il agit plutôt comme un intermédiaire permettant aux moines de se consacrer davantage à la pratique et à la transmission du bouddhisme.

« Celui qui maîtrise l’esprit reste l’être humain lui-même », souligne Lim Joong Yeon, professeur en génie mécanique à l’université Dongguk, qui a dirigé le développement de ce moine robot. « Le robot est avant tout un assistant qui accompagne les utilisateurs sur la voie de la pratique des enseignements de Bouddha, leur rappelle les valeurs de compassion et de sagesse, atténue leur solitude et les aide à réfléchir dans la bonne direction. »

Hye Ahn continue encore d’évoluer. La prochaine étape de son développement consiste à intégrer une fonction de « prise en charge de l’esprit », inspirée du zen, capable d’apporter un réconfort plus profond en s’adaptant à l’état émotionnel de l’utilisateur. Une fonction de compagnon de méditation est également en préparation.

« La recherche du sens de la vie et la capacité de prendre des décisions appartiennent aux humains, tandis que le robot se doit d’être un assistant fiable », explique Lim Joong Yeon dans un message transmis à travers Hye Ahn.

dlektha0319@korea.kr