Sciences

12.06.2026

Schéma explicatif de la découverte de l’équipe de l’Institute for Basic Science (IBS) et de la Seoul National University. © Institute for Basic Science

© Institute for Basic Science



Par Kim Seon Ah

Une équipe de chercheurs de l’Institute for Basic Science (IBS) et de la Seoul National University a décrypté le fonctionnement d’une protéine essentielle au contrôle de l’activité des gènes, a annoncé le ministère des Sciences et des TIC le 11 juin. Cette découverte pourrait contribuer au développement de nouveaux traitements à base d’ARN, plus efficaces et plus sûrs, contre des maladies difficiles à traiter comme la maladie d’Alzheimer ou certains troubles métaboliques.

La protéine en question, appelée Argonaute, joue un rôle central dans un mécanisme naturel qui permet aux cellules de contrôler l’utilisation de l’information génétique. Elle agit avec de petites molécules d’ARN qui servent de guides pour repérer et neutraliser des messages génétiques spécifiques. Jusqu’à présent, les scientifiques ne comprenaient pas précisément comment cette protéine passait de son état inactif à son état actif.

Grâce à des techniques d’imagerie moléculaire de très haute précision, l’équipe a pu observer ce processus pour la première fois. Les chercheurs ont découvert qu’une protéine auxiliaire maintient Argonaute dans une forme ouverte afin qu’elle puisse accueillir les molécules d’ARN dont elle a besoin. Une fois cette étape accomplie, la protéine auxiliaire se détache et Argonaute devient pleinement opérationnelle.

Les chercheurs ont également confirmé en laboratoire que cette forme activée d’Argonaute était capable de cibler et de découper avec précision les molécules d’ARN messager visées. Ils ont par ailleurs identifié plusieurs caractéristiques essentielles des molécules d’ARN nécessaires à ce mécanisme, notamment leur structure et leur taille. L’étude a également montré que certaines modifications chimiques utilisées dans les ARN thérapeutiques pouvaient influencer ce processus.

Les thérapies à base d’ARN suscitent un intérêt croissant car elles permettent d’agir directement sur les mécanismes biologiques à l’origine de certaines maladies. Ces travaux apportent ainsi de nouvelles connaissances qui pourraient accélérer le développement de futurs médicaments dans ce domaine.

Les résultats de cette recherche ont été publiés le 11 juin dans la revue scientifique Nature.

sofiakim218@korea.kr