Journalistes honoraires

05.09.2025

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Par Andra-Michaela Pena

Le festival international George Enescu (24 août – 21 septembre 2025), placé sous le Haut Patronage du président de la Roumanie et organisé par ARTEXIM avec le soutien du ministère de la Culture, continue d’honorer l’héritage de George Enescu tout en accueillant certains des plus grands artistes de notre époque.

Pour sa 27e édition, une soirée d’été à Bucarest a pris des allures d’événement historique au Palace Hall (Sala Palatului). Le public s’était réuni non seulement pour célébrer le génie du plus grand compositeur roumain, mais aussi pour assister au tout premier concert en Roumanie du pianiste Seong-jin Cho, l’une des étoiles les plus brillantes de la scène classique actuelle.

Scènes du festival international George Enescu. © Andra Michaela

Scènes du festival international George Enescu. © Andra-Michaela Pena


Le concert du 31 août affichait complet, avec une salle impatiente d’accueillir Cho, venu remplacer à la dernière minute la légendaire Martha Argerich. Loin d’être un simple remplaçant, il a transformé la soirée en un moment d’une générosité, d’un éclat et d’une virtuosité remarquables.

Bien avant l’ouverture des portes, une foule s’était déjà rassemblée devant la salle, échangeant sur le talent du pianiste et se réjouissant de l’occasion unique de le voir enfin en personne en Roumanie.

Seong-Jin Cho interprétant le Concerto pour piano n°1 de Beethoven. © Festival International George Enescu

Seong-jin Cho interprétant le Concerto pour piano n°1 de Beethoven. © Festival International George Enescu


Interprétant le Concerto pour piano n°1 en ut majeur, op. 15 de Beethoven aux côtés de l’orchestre de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia sous la direction de Daniel Harding, Cho a offert une lecture alliant clarté, puissance et élégance. Le public lui a réservé de longues ovations, l’a couvert de fleurs et a transformé ce premier concert roumain en une véritable célébration.

En guise d’adieu, le pianiste est revenu sur scène avec un bis mêlant humour et poésie : une transition malicieuse entre la Sonate au Clair de Lune de Beethoven et Joyeux anniversaire, en hommage au chef Daniel Harding. La salle a éclaté de rires et d’applaudissements, preuve que le grand art sait aussi surprendre et créer des instants de connivence.

La salle comble du Palace Hall lors des débuts roumains de Seong-Jin Cho, aux côtés de l’orchestre de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia dirigé par Daniel Harding. © Festival International George Enescu

La salle comble du Palace Hall lors des débuts roumains de Seong-jin Cho, aux côtés de l’orchestre de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia dirigé par Daniel Harding. © Festival International George Enescu


La soirée s’était ouverte avec la Pastorale-fantaisie d’Enescu et s’est conclue par une interprétation magistrale de la Symphonie n°2 en ré majeur, op. 73 de Brahms, dirigée avec raffinement par Harding. Le programme plaçait ainsi Cho dans un dialogue entre patrimoine roumain et tradition européenne.

Propulsé sur la scène internationale en 2015 grâce à sa victoire au prestigieux Concours Chopin de Varsovie, Seong-jin Cho est aujourd’hui artiste exclusif Deutsche Grammophon et reconnu pour des enregistrements consacrés à Chopin, Debussy et, plus récemment, Ravel. En 2023, il a reçu le prix Ho-Am Samsung dans le domaine des Arts, une distinction soulignant son influence bien au-delà de sa génération.

Le pianiste Seong-Jin Cho reçoit ovations et fleurs du public après ses débuts en Roumanie. © Festival International George Enescu

Le pianiste Seong-jin Cho reçoit ovations et fleurs du public après ses débuts en Roumanie. © Festival International George Enescu


En tant que correspondante honoraire de Korea.net et admiratrice de longue date du pianiste, j’ai eu le privilège d’assister à ce moment historique. Voir Seong-jin Cho sur scène fut non seulement un accomplissement personnel, mais aussi un rappel de la force des liens que la musique crée entre les cultures.

Pour la Roumanie, sa présence au festival international George Enescu représente bien plus qu’un concert exceptionnel. Elle illustre la capacité du pays à accueillir des artistes de renommée mondiale et met en lumière le pont culturel qui unit la Roumanie et la Corée. Ce soir-là, Bucarest n’a pas seulement reçu un pianiste extraordinaire : la ville a célébré un moment de patrimoine partagé, d’admiration et d’amitié, qui résonnera bien au-delà des murs du Palace Hall.

Le Palais rempli de musique à chaque recoin. © Andra Michaela

Le Palace Hall rempli de musique à chaque recoin. © Andra-Michaela Pena



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caudouin@korea.kr