Journalistes honoraires

06.01.2026

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Par Andra-Michaela Pena

Chaque année a son moment phare, celui auquel on revient instinctivement lorsque l’on repense à ce que l’année nous a réellement apporté. Pour moi, en 2025, ce moment a été mon tout premier voyage en Corée. Un rêve que je portais depuis plus de dix ans a finalement pris forme grâce à un FAM tour organisé dans le Jeolla du Sud, et même aujourd’hui, il m’arrive encore de me demander si cela s’est vraiment produit.

Mon intérêt pour la Corée est né à l’âge de 18 ans. Ce qui n’était au départ qu’une simple curiosité s’est peu à peu transformé en un engagement de longue durée, tant au niveau local qu’international. Au fil des années, j’ai collaboré avec plusieurs organisations coréennes, travaillé avec l’Ambassade de la République de Corée en Roumanie et, plus tard, rejoint Korea.net en tant que correspondante honoraire. La Corée a toujours fait partie de ma vie (à travers des projets, des rencontres, des événements et des histoires) et pourtant, malgré tout cela, je n’y avais encore jamais mis les pieds. Il y avait toujours une raison d’attendre : des contraintes financières, des emplois du temps incompatibles, la pandémie ou, tout simplement, l’absence du « bon » moment. Alors j’ai attendu. Longtemps.

Ironiquement, c’est précisément lorsque j’ai cessé de trop y penser que l’opportunité s’est enfin présentée. En 2023, j’ai été sélectionnée comme SNS Supporter pour le bureau Europe de Jeolla du Sud, créant du contenu digital afin de promouvoir la culture, la nature et les récits de la région. Chaque année, ce programme offre à ses supporters les plus actifs la possibilité de participer à un voyage de familiarisation en Corée. En septembre 2025, j’ai appris que j’avais été choisie. Un mois plus tard, je montais dans un avion pour la Corée, encore en train de réaliser que ce rêve si longtemps attendu n’était plus une idée abstraite, mais un voyage bien réel qui prenait forme.

La cérémonie de nomination des Global SNS Supporters de Jeolla du Sud à Francfort, 2023. © Jeollanamdo Europe Office

La cérémonie de nomination des Global SNS Supporters de Jeolla du Sud à Francfort, 2023. © Jeollanamdo Europe Office


Vers la Corée

Mon périple a commencé par une longue escale à Francfort, suivie d’un vol vers la Corée avec Korean Air, une compagnie avec laquelle j’avais toujours espéré effectuer mon premier voyage dans le pays. L’expérience a largement dépassé mes attentes : un vol fluide et confortable, un service attentionné, une restauration étonnamment savoureuse et un système de divertissement à bord qui a fait passer les longues heures sans effort. Loin d’arriver épuisée, je me suis sentie calme, enthousiaste et pleinement présente. Au retour, j’ai de nouveau voyagé avec la même compagnie, via Istanbul, une continuité agréable qui a renforcé l’impression que tout ce voyage se déroulait exactement comme il le devait.

J’ai atterri à l’aéroport international d’Incheon le 20 octobre, où un membre de l’équipe m’attendait pour m’accompagner jusqu’au KTX, direction le sud du pays. Dès les premiers instants à bord du train, la Corée m’a semblé différente : efficace, silencieuse et étonnamment rassurante. Le soir même, j’arrivais à Mokpo, déposais mes affaires à l’hôtel et prenais enfin le temps de réaliser : j’étais en Corée.

De l’Europe à la Corée. Un long voyage étonnamment fluide, inoubliable dès les premiers instants. © Andra-Michaela Pena

De l’Europe à la Corée. Un long voyage étonnamment fluide, inoubliable dès les premiers instants. © Andra-Michaela Pena


Jour 1 : Premiers pas dans le Jeolla du Sud

Le lendemain matin marquait mon premier jour officiel au sein du circuit dans le Jeolla du Sud. Dès le petit-déjeuner, le contact avec le reste du groupe s’est fait naturellement, malgré nos origines diverses (Japon, États-Unis, Vietnam, Chine et Mexique). Une aisance presque immédiate s’est installée entre nous, rendant chaque moment simple et fluide. Après une courte promenade le long de la mer de l'Ouest (mer Jaune), nous sommes montés dans le bus qui allait nous accompagner tout au long du séjour et avons officiellement commencé notre exploration de la région.

Notre première halte fut le pavillon Sikyeong-jeong, à Muan, une élégante structure de l’époque Joseon construite par le lettré Hanho Im Yeon. Autrefois lieu de rassemblement pour poètes et intellectuels, le pavillon conserve encore aujourd’hui une atmosphère de calme et de réflexion, parfaitement intégrée au paysage environnant. À quelques pas de là, un vaste champ de fleurs de cosmos était en pleine floraison, emplissant l’air d’automne et créant cette impression presque irréelle où tout semble suspendu dans le temps.

De retour à Mokpo, le déjeuner s’est transformé en une généreuse introduction aux saveurs locales, avant une pause dans un café en bord de mer offrant une vue imprenable sur l’océan. Bon café, desserts délicatement présentés et conversations sans fin : un de ces lieux où l’on aimerait volontiers passer toute l’après-midi. Plus tard, nous avons visité le Namdo International Culinary Expo, véritable célébration de la culture gastronomique du Jeolla du Sud. Ingrédients régionaux, produits innovants, démonstrations culinaires et expositions interactives y offraient une vision riche de la manière dont tradition, créativité et cuisine se rencontrent dans cette région de Corée.

Parmi les moments les plus marquants de la journée figurait la participation à une expérience de fabrication de sirutteok, suivie d’une cérémonie du thé — une immersion concrète dans le patrimoine culinaire coréen, mettant en avant la patience, l’équilibre et le soin apporté à chaque geste. En fin de journée, une pause gourmande au sein de l’Expo nous a permis de goûter aux plats signatures de nombreux chefs ; pour ma part, le dodam galbi accompagné d’un verre de makgeolli s’est révélé être le choix parfait pour se réchauffer par temps frais.

Premières rencontres avec le Jeolla du Sud. Paysages d’automne, expériences partagées et découverte de la richesse culinaire de la région. © Andra-Michaela Pena

Premières rencontres avec le Jeolla du Sud. Paysages d’automne, expériences partagées et découverte de la richesse culinaire de la région. © Andra-Michaela Pena


Jour 2 : Entre mer, histoire et nuit en hanok

La deuxième journée a débuté à Mokpo par une expérience à la fois intimidante et inoubliable : le téléphérique maritime de Mokpo. Ayant le vertige, entrer dans la cabine a demandé un certain courage, mais une fois suspendus au-dessus de l’eau, la crainte a rapidement laissé place à l’émerveillement. La mer scintillait sous nos pieds, le mont Yudalsan se dessinait à l’horizon et la ville se déployait lentement comme une maquette. Un de ces instants où le temps semble s’arrêter, rappelant combien il est précieux de sortir de sa zone de confort, surtout lorsqu’on partage l’expérience avec les bonnes personnes.

Après le téléphérique, nous avons poursuivi à pied le long du Goha-do Deck Walk, une passerelle en bois longeant paisiblement la côte. Le bruit des vagues, la lumière du soleil se reflétant sur l’eau et le rythme lent de la marche ont créé une sensation profondément apaisante. La montée, exigeante par endroits, a été largement récompensée par la vue au sommet : un de ces rares moments de présence totale, sans urgence, simplement empreint de calme et de bonheur discret.

Le déjeuner nous a ramenés à Mokpo, autour d’un repas généreux face à la mer. Produits frais, ambiance détendue et conversations sans hâte ont fait de ce moment un nouveau temps fort de la journée. Dans l’après-midi, direction Naju, où l’histoire et la tradition occupaient le devant de la scène. La visite de Geumseonggwan et des sites historiques environnants offrait un aperçu du passé de la ville, autrefois lieu d’accueil pour envoyés et fonctionnaires durant l’époque Joseon. Entourée de bâtiments séculaires, il était facile d’imaginer les innombrables histoires inscrites dans ces murs.

Le soir, nous avons rejoint notre hébergement à Naju, une maison d’hôtes traditionnelle en hanok, à la fois intime et presque cinématographique. Avant de nous installer, nous avons participé à un atelier de fabrication de gelée de poire de Naju, découvrant l’importance de ce fruit emblématique et son héritage agricole. Goûter des poires fraîches, préparer notre propre gelée avec soin donnait l’impression que la tradition se transmettait de la manière la plus simple et la plus sincère. Après un dîner convivial autour d’un bulgogi local, la nuit s’est achevée au hanok, sur les sols chauffés à l’ondol, autour d’un petit feu de camp, sous les étoiles : une parfaite illustration de la chaleur et de l’hospitalité coréennes.

Entre mer et tradition. Le littoral de Mokpo et une nuit paisible en hanok à Naju. © Andra-Michaela Pena

Entre mer et tradition. Le littoral de Mokpo et une nuit paisible en hanok à Naju. © Andra-Michaela Pena


Jour 3 : Bien-être, jardins et éclats de rire

La troisième journée a commencé tôt à Naju, autour d’un petit-déjeuner composé de gomtang, une soupe de bœuf claire mais intensément parfumée, idéale pour démarrer la journée. Nous avons ensuite pris la route vers Gangjin, où le rythme s’est fait plus introspectif. La préparation du ssanghwa-cha, un thé traditionnel aux vertus revitalisantes, s’est révélée être un rituel étonnamment apaisant. Choisir les herbes, en apprendre la signification et confectionner de petits sachets aromatiques rappelait combien la culture coréenne valorise le soin, l’équilibre et l’intention.

Le déjeuner à Gangjin fut tout simplement exceptionnel. Servi dans un hanok magnifiquement préservé, le repas multi-plats avait presque des allures de cérémonie. Fruits de mer, viandes, accompagnements préparés à partir d’ingrédients locaux : tout soulignait la générosité et la profondeur de la cuisine coréenne. Un repas qui invite à ralentir, à savourer chaque bouchée et à considérer la gastronomie comme une véritable expression culturelle.

Dans l’après-midi, nous avons rejoint le Suncheon Bay National Garden, un lieu vaste, serein et méticuleusement aménagé. En parcourant ses jardins thématiques et ses paysages ouverts, il devenait évident pourquoi cet endroit occupe une place si particulière dans l’identité environnementale et culturelle de la Corée. Emportées par l’enthousiasme, deux d’entre nous se sont même égarées, revenant au bus avec un certain retard. Loin de toute contrariété, l’épisode s’est terminé dans les rires et quelques petites attentions de la part de notre guide : un reflet parfait de la bienveillance et de la souplesse qui ont marqué tout le séjour.

Plus tard dans la journée, nous avons visité le site de tournage de Suncheon, décor emblématique de nombreux dramas coréens. Déambuler dans ses rues, habillées d’uniformes scolaires, donnait l’impression de pénétrer dans un décor vivant, où le quotidien et l’imaginaire cinématographique se confondent. L’expérience était ludique, immersive et profondément mémorable. Notre dernier dîner ensemble, ce soir-là, portait déjà la conscience silencieuse que ce chapitre touchait à sa fin. Pourtant, la nuit s’est prolongée autour de collations et de discussions tardives : preuve de la rapidité avec laquelle des liens sincères peuvent se créer.

Bien-être, jardins et éclats de rire. Une journée où culture, nature et amitié se sont rencontrées naturellement. © Andra-Michaela Pena

Bien-être, jardins et éclats de rire. Une journée où culture, nature et amitié se sont rencontrées naturellement. © Andra-Michaela Pena


Jour 4 : Au revoir et une soirée inattendue à Séoul

Le dernier jour du circuit nous a ramenés vers Incheon. Le trajet en bus était empreint de réflexion, de conversations feutrées et d’un sentiment croissant de gratitude. Les adieux ont été plus émouvants que prévu : en quelques jours à peine, des inconnus étaient devenus des compagnons de route, et les expériences partagées s’étaient transformées en souvenirs bien plus vastes que leur durée.

Après la fin officielle du tour, un petit groupe d’entre nous a décidé de partir spontanément à Séoul pour la soirée. Arriver dans la capitale avait quelque chose de surréaliste. Bien que nous soyons arrivées trop tard pour visiter le palais de Gyeongbokgung, se tenir devant la porte de Gwanghwamun illuminée suffisait amplement. Le contraste entre l’architecture historique et les lumières modernes de la ville incarnait parfaitement ce qui m’avait attirée vers la Corée pendant tant d’années.

Nous avons ensuite arpenté la ville, fait quelques haltes gourmandes, suivi l’éclat des rues animées avant de longer le ruisseau Cheonggyecheon, où le murmure de l’eau adoucissait l’énergie urbaine. La soirée s’est achevée à Ikseondong, autour de somaek et de tteokbokki, dans une atmosphère de rires et de conversations. Une conclusion naturelle et idéale pour ce voyage : spontanée, chaleureuse et pleine de vie.

Une soirée à Séoul, là où l’histoire et la modernité se rencontrent après le coucher du soleil. © Andra-Michaela Pena

Une soirée à Séoul, là où l’histoire et la modernité se rencontrent après le coucher du soleil. © Andra-Michaela Pena


Bien plus qu’un voyage

Ce périple a marqué mon tout premier voyage en solo à une telle distance, une idée qui m’avait longtemps semblé intimidante. Pourtant, dès mon arrivée, la Corée s’est révélée accueillante et rassurante. Je pensais enfin cocher une case sur ma liste de rêves ; je suis rentrée avec bien davantage : des amitiés, des histoires et une confiance renouvelée. Cette expérience m’a rappelé que les moments les plus précieux ne surviennent pas lorsque tout est parfaitement planifié, mais lorsque l’on choisit de dire oui, même dans l’incertitude.

La Corée m’a profondément marquée, que ce soit par ses habitants, ses paysages, sa gastronomie et ces instants de connexion silencieuse. C’est un pays où je sais que je retournerai, non seulement pour découvrir davantage, mais surtout pour ressentir encore.

Je tiens enfin à exprimer ma profonde gratitude au bureau Europe du Jeolla du Sud pour avoir rendu cette expérience possible, ainsi que pour l’attention, la générosité et la confiance accordées tout au long du séjour. Mes remerciements vont également à notre guide, Jung Won-young, dont le professionnalisme, la bienveillance et l’humour ont accompagné chaque étape du voyage. Le Jeolla du Sud restera pour moi bien plus qu’une destination : un lieu où un rêve longtemps attendu a enfin trouvé sa place.

Bien plus qu’un circuit, des moments partagés qui ont transformé des inconnus en souvenirs durables. © Andra-Michaela Pena

Bien plus qu’un circuit, des moments partagés qui ont transformé des inconnus en souvenirs durables. © Andra-Michaela Pena



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