Société

05.08.2019

Une « Statue de fille » réalisée par deux artistes sud-coréens, Kim Un-seong et Kim Seo-gyeong, est exposée à la Triennale d'Aichi, au Japon, le jeudi 1er août 2019. Elle contient un pamphlet pour une section du festival artistique intitulé « Ce qui vient après le manque de liberté d'expression ». ⓒ Yonhap News

Une « Statue de fille » réalisée par deux artistes sud-coréens, Kim Un-seong et Kim Seo-gyeong, est exposée à la Triennale d'Aichi, au Japon, le jeudi 1er août 2019. Elle contient un pamphlet pour une section du festival artistique intitulé « Ce qui vient après le manque de liberté d'expression ». ⓒ Yonhap News



Par <font color="#4f81bd">Lee Kyoung </font><font color="#4f81bd">Mi </font>et <font color="#4f81bd">Jung Joo-ri </font>

La Triennale d'Aichi, organisée dans la préfecture d'Aichi, au Japon, a fermé l'exposition d'une statue coréenne représentant les victimes de l'esclavage sexuel imposé par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale, quatre jours seulement après le début de l’exposition.

Le gouvernement coréen ainsi que les médias et les artistes japonais ont vivement critiqué le retrait de la statue de la Triennale Aichi 2019.

« La statue de la paix » a été présentée dans une section du festival intitulée « Ce qui vient après le manque de liberté d'expression » qui a ouvert ses portes le 1er août. C'était la première fois que l'œuvre était exposée sous sa forme la plus complète dans un musée japonais public.

Après l’ouverture, cependant, le maire de Nagoya, Takashi Kawamura, a publiquement demandé la fermeture de l’exposition.

Quelques jours après l’ouverture, lors d’une conférence de presse, les organisateurs ont déclaré craindre de nuire à la sécurité publique après avoir reçu des courriels et des appels téléphoniques. Ils ont donc annoncé que la section serait fermée en raison de craintes grandissantes en matière de sécurité.

Le 5 août à Séoul, Kim Jin-gon, porte-parole du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, a qualifié la fermeture de l'exposition de « très regrettable », ajoutant que « la liberté d'expression artistique devrait être respectée dans tous les cas, et nous espérons que l'exposition sera rouverte au public ».

Les médias et les milieux artistiques japonais ont également critiqué la fermeture.

Le comité exécutif de la triennale qui a organisé la section concernée a qualifié le 3 août la décision « d'acte de violence historique », affirmant que l'incident serait considéré comme « le pire cas de censure au Japon depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Le quotidien japonais Asahi Shimbun a écrit : « les personnes qui sont venues voir l'exposition avaient probablement des opinions mitigées, mais de toute façon, elles auraient eu la possibilité de réfléchir à la liberté d'expression. Cette opportunité est maintenant perdue ».

« Parfois, il y a de la censure et des critiques de la part des autorités, parfois de la protestation et de l'intimidation. Cette fois, la liberté d'expression a subi une retraite impuissante », a-t-il ajouté.

D'autres journaux tels que The Tokyo Shimbun et The Mainichi Shimbun ont publié un communiqué conjoint le 4 août : « exclure les expressions qui vont à l'encontre de l'administration est essentiellement une forme de censure ».

En outre, une centaine de civils à l'extérieur du musée auraient également organisé une manifestation demandant la protection de la liberté d'expression.

The Japan P.E.N. Club, un groupe d'artistes japonais réputés, a également publié une déclaration exigeant que l'exposition se poursuive. Dénonçant les actions de son gouvernement, le club a déclaré : « les commentaires de l'administrateur sur cette exposition incarnent la pression politique. Ce que les organisateurs devraient faire, c'est créer un espace de communication entre l'artiste et le public afin de créer un forum public plus vaste ».

km137426@korea.kr

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