Culture

10.03.2026

Busan accueillera la prochaine session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet prochain. Dans cette série d’articles, Korea.net présente six des douze sites que la Corée entend proposer à l’inscription.



Par Margareth Theresia

En 1392, le roi Taejo fonda la dynastie Joseon, marquant le début de plus de 500 ans de domination confucéenne et de prospérité culturelle sur la péninsule coréenne. Afin de marquer la rupture avec l’ancien royaume de Goryeo, il décida de transférer la capitale de Gaegyeong (actuelle Kaesong) à Hanyang (actuelle Séoul), située quelques dizaines de kilomètres plus au sud, dans un bassin entre le mont Bukhansan et le fleuve Han, réputé pour sa localisation géographique idéale selon la géomancie.

Pour la protéger, plusieurs murailles furent construites le long des crêtes des montagnes environnantes : Bukaksan, Namsan, Naksan et Inwangsan. La construction de la première enceinte, Hanyangdoseong, débuta en 1396. Elle fut suivie par celle de la forteresse de Bukhansanseong en 1711. L’ajout de Tangchundaeseong, qui relie les deux premières, acheva un vaste réseau défensif s’étendant sur près de 38 kilomètres.

La muraille de Hanyangdoseong, visible depuis la porte Dongdaemun et classée monument historique, est aujourd’hui une attraction touristique majeure au cœur de Séoul. © Lee Jeong Woo / Korea.net

La muraille de Hanyangdoseong, visible depuis la porte Dongdaemun et classée monument historique, est aujourd’hui une attraction touristique majeure au cœur de Séoul. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Hanyangdoseong fut construite afin de délimiter les frontières de Hanyang et de la défendre contre d’éventuelles invasions. Lors d’importantes rénovations menées au XVe siècle, la muraille d’origine, construite en terre, fut reconstruite en pierre. Sur les 18,6 km de sa longueur totale, environ 12,8 km subsistent aujourd’hui dans leur état d’origine ou ont été restaurés. Les remparts et les portes, qui servaient également de tours de guet, sont bien conservés et offrent un aperçu de ce que pouvaient découvrir les visiteurs arrivant dans la capitale, il y a plusieurs siècles.

La porte ouest de la forteresse de Bukhansanseong, Daeseomun, la plus basse des seize portes de la muraille. Elle était autrefois empruntée par les habitants de la forteresse et marque aujourd’hui le point de départ d’un sentier de randonnée prisé des visiteurs. © Lee Jeong Woo / Korea.net

La porte ouest de la forteresse de Bukhansanseong, Daeseomun, la plus basse des seize portes de la muraille. Elle était autrefois empruntée par les habitants de la forteresse et marque aujourd’hui le point de départ d’un sentier de randonnée prisé des visiteurs. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Au nord de Hanyang, la forteresse de Bukhansanseong constituait, sur 11,6 km, la base de la défense de la ville en reliant les sommets escarpés du mont Bukhansan. Face à la nécessité de défendre une capitale déjà attaquée à plusieurs reprises durant les guerres d’Imjin (1592-1598) et de Byeongja (seconde invasion de la Corée par la dynastie Qing en 1636-1637), les fortifications en terre furent reconstruites en pierre, acquérant l’aspect qu’on leur connaît aujourd’hui. Une centaine de puits, 26 petits réservoirs, huit entrepôts de ravitaillement et d’autres installations militaires y furent construits en prévision d’une guerre prolongée. L’ensemble est structuré de manière à ce que le roi et le peuple puissent s’y réfugier et d’y organiser leur défense.

La porte Hongjimun, entrée principale de la forteresse de Tangchundaeseong, située dans le quartier de Buam, au nord-est de Séoul. Une inondation la détruisit en 1921, avant qu’elle ne soit restaurée en 1977. © Lee Jeong Woo / Korea.net

La porte Hongjimun, entrée principale de la forteresse de Tangchundaeseong, située dans le quartier de Buam, au nord-ouest de Séoul. Une inondation la détruisit en 1921, avant qu’elle ne soit restaurée en 1977. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Tangchundaeseong est un rempart reliant les forteresses de Hanyangdoseong et de Bukhansanseong, le long de la crête allant du mont Inwangsan au mont Bukhansan. Ce tronçon d’environ 4 km de long fut conçu pour disperser les attaques ennemies et permettre aux habitants de la capitale de s’y réfugier. Il renforçait la ligne de défense à l’ouest et servait de voie d’approvisionnement pour les troupes et le matériel militaire entre les deux forteresses. Lorsque la défense de la capitale devenait difficile, il constituait un lien stratégique permettant au gouvernement et à la population de se replier vers la forteresse de Bukhansanseong.

Séoul vue depuis les fortifications de Bukhansanseong. © Lee Jeong Woo / Korea.net

Séoul vue depuis les fortifications de Bukhansanseong. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Aujourd'hui, les visiteurs peuvent remarquer, au détour d’une promenade le long de ces enceintes, que les pierres n'ont pas toutes la même couleur. Ces différences témoignent des nombreuses rénovations effectuées sur la muraille au fil du temps. Les remparts d'Hanyang, qui s’inscrivent dans une tradition architecturale caractéristique de l’Asie du Nord-Est visant à tirer le meilleur parti du terrain montagneux, font désormais partie intégrante de l’identité de Séoul et illustrent la continuité historique de la capitale coréenne.

margareth@korea.kr