Busan accueillera la prochaine session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet prochain. Dans cette série d’articles, Korea.net présente six des douze sites que la Corée entend proposer à l’inscription.
Par Charles Audouin
Vous aimez les balades en pleine nature ? Le marais d’Upo, situé à Changnyeong, entre Daegu et Busan, pourrait être une étape pour votre prochain voyage en Corée. Plus grande zone humide intérieure naturelle du pays, Upo se situe sur le tracé des cours d'eau qui prennent leur source dans le mont Hwawangsan, voisin de quelques kilomètres, avant qu’ils ne rejoignent le fleuve Nakdonggang, le plus long de Corée. Cette configuration géographique, fortement influencée par les variations du fleuve, favorise une grande biodiversité.
Entouré de basses montagnes, Upo offre un paysage très différent de celui d’un lac ou d’un réservoir. D’une superficie environ équivalente à l’île de Yeouido à Séoul (environ 2,5 km de long sur 1,6 km de large), la zone se constitue de quatre marais principaux et d’autres étendues humides de tailles diverses. C’est cet ensemble qui constitue le marais d'Upo, ou zone humide d’Upo, telle qu’il est mentionné dans la candidature déposée en 2011 par la Corée auprès de l’UNESCO pour une inscription au patrimoine naturel mondial.
La zone humide d’Upo est protégée par le gouvernement coréen depuis 1997, année où elle a été désignée « aire de conservation écologique ». L’année suivante, elle a été inscrite au titre de la Convention de Ramsar, qui vise à préserver les zones humides d’importance mondiale. Plus récemment, en 2024, l’ensemble du comté de Changnyeong a été désigné réserve de biosphère de l’UNESCO, avec Upo et le mont Hwawangsan comme zones centrales. Le Korea Heritage Service a par ailleurs annoncé son intention de faire inscrire le marais d’Upo au patrimoine mondial naturel dans son plan directeur 2025-2029.
Refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales, Upo constitue un important site de passage pour les oiseaux migrateurs qui font le voyage entre l’Asie de l’Est et l’Australie. Un programme de réintroduction de l’ibis nippon, espèce menacée, y est également mené. Disparu de la péninsule coréenne en 1979, l’oiseau a commencé à être réintroduit après le don d’un couple par la Chine en 2008. Après un premier succès en 2019, environ 440 individus ont été relâchés dans leur habitat naturel. Le comté de Changnyeong supervise leur entraînement à la survie en milieu sauvage et équipe certains oiseaux de balises GPS afin de suivre leurs déplacements et leur état de santé.
Plusieurs sentiers de randonnée permettent aux visiteurs de découvrir gratuitement le marais d’Upo. Le principal parcours, long de 8,4 km, offre une vue d’ensemble sur son paysage. Des télescopes d’observation sont aussi installés à différents endroits du site.
Il est également possible d’explorer une partie de la zone à vélo, sur deux pistes d’une longueur totale d’environ 2 km, partant du Upo Wetland Ecological Park, situé au sud du marais. La location d’un vélo ou d’un tandem coûte entre 5 000 et 7 000 wons.
Le marais d’Upo se situe à environ une heure de route des gares de Dongdaegu, Miryang ou Changwon, toutes desservies par le KTX. Il est aussi possible de rejoindre le site en transports en commun, en prenant d’abord un car depuis Daegu ou Busan jusqu’à la gare routière de Changnyeong, où il est possible de changer pour l’un des cinq bus quotidiens assurant la liaison vers Upo. La région abrite aussi une partie du complexe funéraire de l’ancienne confédération de Gaya, inscrit au patrimoine mondial.