Culture

03.02.2026

Busan accueillera la prochaine session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet prochain. Dans cette série d’articles, Korea.net présente six des douze sites que la Corée entend proposer à l’inscription.

Cinq des neuf sites emblématiques de Busan quand elle était capitale au temps de la guerre de Corée (Sites of the Busan Wartime Capital). © Lee Jeong Woo / Korea.net

Cinq des neuf sites emblématiques de Busan quand elle était capitale au temps de la guerre de Corée (Sites of the Busan Wartime Capital). © Lee Jeong Woo / Korea.net



Par Margareth Theresia

Busan a été la capitale provisoire de la République de Corée à deux reprises durant la guerre de Corée : du 18 août au 27 octobre 1950, puis du 3 janvier 1951 jusqu’au retour du gouvernement à Séoul, le 27 juillet 1953. Mille vingt-trois jours durant lesquels la deuxième ville du pays s’est forgé une identité forte, dont les vestiges sont encore visibles aujourd’hui dans une dizaine de lieux emblématiques.

Ces lieux ont assuré les fonctions administratives, diplomatiques et militaires indispensables à la survie de la République de Corée. Une configuration unique au monde, car ces sites témoignent d'un processus de résilience face aux atrocités de la guerre, de la préservation d’un système politique ainsi que du maintien de la dignité et de la volonté de vivre du peuple coréen.

Le bâtiment provisoire du gouvernement de la République de Corée se dresse au premier plan, en briques rouges. © Lee Jeong Woo / Korea.net

Le bâtiment provisoire du gouvernement de la République de Corée se dresse au premier plan, en briques rouges. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Le bâtiment provisoire du gouvernement de la République de Corée (Temporary Government Complex)

Siège provisoire du gouvernement de la République de Corée, ce bâtiment abritait huit ministères et constituait le centre névralgique de l’action gouvernementale, des décisions politiques et des réceptions diplomatiques. Construit en 1925, il a accueilli le bureau du gouvernement de la province du Gyeongsang du Sud (Gyeongsangnam-do), pour ensuite, après la guerre, être utilisé comme tribunal et siège régional du Parquet.

La résidence provisoire du président, Gyeongmundae. © Lee Jeong Woo / Korea.net

La résidence provisoire du président, Gyeongmundae. © Lee Jeong Woo / Korea.net


La résidence provisoire du président (Temporary Presidential Residence)

Aussi connue sous le nom de Gyeongmudae, la résidence provisoire du président de la République de Corée était aussi le théâtre où se prenaient de grandes décisions nationales. Construit en 1926 et initialement prévu pour être la résidence officielle du gouverneur du Gyeongsang du Sud, son intérieur reconstitue fidèlement le bureau et les appartements privés du président, témoins des décisions prises au sommet de l’État.

Le pont Yeongdo, au premier plan, et le pont Busan, au second plan, reliant l’île de Yeongdo au continent. © Lee Jeong Woo / Korea.net

Le pont Yeongdo, au premier plan, et le pont Busan, au second plan, reliant l’île de Yeongdo au continent. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Le pont Yeongdo, symbole de séparation et de retrouvailles

Premier pont levant de Corée, construit en 1934, le pont Yeongdo fut un point de rendez-vous pour de nombreuses familles séparées et réfugiés durant la guerre de Corée. Il a facilité le déplacement vers les zones de refuge qu’étaient le village culturel de Gamcheon et les collines aux alentours.

Le quartier d’Ami-dong, fondé en 1906 sur l'emplacement d'un ancien cimetière japonais, sur les pentes du mont Cheonmasan. © Lee Jeong Woo / Korea.net

Le quartier d’Ami-dong, fondé en 1906 sur l'emplacement d'un ancien cimetière japonais, sur les pentes du mont Cheonmasan. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Le quartier d'Ami-dong (Ami-dong Tombstone Village)

Le quartier d’Ami-dong témoigne de la vie précaire des réfugiés venus à Busan durant la guerre. De nombreuses habitations de fortune ont été construites sur les vestiges d’un ancien cimetière japonais datant de la colonisation : les pierres tombales sont devenues des marches, les stèles ont servi de fondations. Les traces des rénovations successives, réalisées avec des matériaux de fortune, révèlent les strates de cette existence difficile.

Le cimetière des Nations unies de Busan. © Lee Jeong Woo / Korea.net

Le cimetière des Nations unies de Busan. © Lee Jeong Woo / Korea.net


Le cimetière des Nations unies de Busan

Seul cimetière au monde dédié aux soldats des Nations unies, ce site a été créé en 1951 afin de regrouper, dans une zone arrière plus sûre, les cimetières dispersés à travers le pays au début du conflit. Environ 11 000 dépouilles y ont été inhumées durant la guerre, et près de 2 300 y reposent encore aujourd’hui. Le cimetière se distingue également par la diversité de ses rites funéraires, reflétant les traditions de chaque pays. Chaque année, le 11 novembre à 11h11, une cérémonie rend hommage aux disparus, rappelant que la guerre de Corée ne fut pas seulement une tragédie nationale, mais un combat à la portée universelle.

margareth@korea.kr