Journalistes honoraires

06.01.2026

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Les deux lauréates du Prix culturel France-Corée 2025, Choi Kyungran et Ariane de La Chapelle, reçoivent leur prix à Paris, le 8 décembre 2025. © Ambassade de Corée en France

Les deux lauréates du Prix culturel France-Corée 2025, Choi Kyungran et Ariane de La Chapelle, reçoivent leur prix à Paris, le 15 décembre 2025. © Ambassade de Corée en France



Par Nathalie Fisz

Les fêtes de fin d’année sont souvent teintées d’une certaine magie qui nous procure bien-être et harmonie. Cette magie se traduit par des ambiances et des couleurs, des décorations et des dégustations, et également par des événements qui mettent en lumière l'année écoulée, et présagent un avenir prometteur.

Le 8 décembre dernier, j’ai reçu un courriel du centre culturel coréen, que j’ai relu à plusieurs reprises, qui m’indiquait que j’étais conviée le lundi suivant à la cérémonie de remise du Prix culturel France-Corée 2025, à Paris, à la résidence de l’ambassadeur. L’an passé, j’avais eu le plaisir d’assister à la remise du Prix culturel France-Corée 2024. Cet honneur m’était renouvelé.

Les nominés 2025, sont Ariane de La Chapelle, Choi Kyungran, ainsi que Pierre Bisiou.

Grâce à la bienveillante invitation de M. Kim Byungjun, chargé d’affaires à l’Ambassade de la République de Corée en France, ainsi que des membres du Comité du Prix culturel France-Corée, j’allais rencontrer ces lauréats qui s’apprêtaient à récolter les fruits de leur travail.

Découvrons ces talentueux récipiendaires, ainsi que cet évènement qui forge toujours davantage l’amitié entre la France et la Corée.

Conviée pour la seconde année consécutive

L’année dernière, mon amie Danielle Tartaruga, également journaliste de Korea.net,  et moi-même étions invitées à la soirée et à la remise du Prix 2024 dont la cérémonie avait eu lieu au centre culturel coréen de Paris. C’est Bastian Meiresonne, réalisateur de cinéma, ainsi que Frédéric Barberis, représentant de la Fédération française de taekwondo et disciplines associées, qui avaient reçu le prix.

Nous avions écouté attentivement les discours de Moon Seoung-hyun, alors ambassadeur de Corée en France, d’Agnès Benayer, membre du Comité du prix culturel France-Corée, et de Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du groupe LVMH. Nous avions retrouvé de nombreux amis sur place, puis écrit ensemble un article au présentant la cérémonie.

De gauche à droite, Choi Kyungran, co-traductrice de la littérature coréenne et Ariane de la Chapelle, responsable des recherches appliquées à la restauration des collections au musée du Louvre reçoivent le Prix culturel France-Corée 2025, à Paris, le 8 décembre 2025. © Nathalie Fisz

De gauche à droite, Choi Kyungran, co-traductrice de la littérature coréenne et Ariane de la Chapelle, responsable des recherches appliquées à la restauration des collections au musée du Louvre reçoivent le Prix culturel France-Corée 2025, à Paris, le 15 décembre 2025. © Nathalie Fisz


Conservation et restauration d'œuvres d'arts, littérature et traduction : le Prix 2025

Les membres du Comité du Prix culturel France-Corée ont eu la tâche délicate de faire un choix. Cette année, ils ont mis à l’honneur des personnes qui contribuent à la conservation et restauration des œuvres d’arts et également à la traduction de littérature coréenne.

Le Comité a porté son choix d’une part sur Ariane de La Chapelle, responsable des recherches appliquées à la restauration des collections au Musée du Louvre, et d’autre part, sur Choi Kyungran et PIerre Bisiou, co-traducteurs de littérature coréenne.

Hormis la maîtrise de leur savoir, le papier est un fil rouge entre ces lauréats : tantôt un papier qui permet de conserver et réparer, tantôt un papier sur lequel des romanciers couchent leurs idées qui deviennent une littérature, laquelle sera traduite.

Dans le premier cas, il s'agit du papier Hanji de Corée qualifié par Ariane de La Chapelle dans son discours de merveille. Dans le second cas, il s’agit de la traduction de la littérature coréenne dont celle de Han Kang, récipiendaire du prix Nobel de littérature en octobre 2024. Comme l’explique Choi Kyungran également dans son discours, « les traducteurs s’effacent, et se mettent au service du texte ».

Outre cet aspect, il y a les rencontres entre ces spécialistes des deux nations, leur alchimie professionnelle et le respect mutuel qu’ils éprouvent vis-à-vis de leurs travaux respectifs. Sans la précieuse contribution des premiers, des biens culturels ne peuvent pas résister à l’épreuve du temps. Quant à la littérature pour les seconds, si celle-ci n’est pas traduite de façon fidèle à la pensée de son auteur, elle ne peut pas aller à la rencontre des lecteurs à travers le monde.

Enfin, comme point commun entre ces spécialistes, il y a sans nul doute l’intuition. Ariane de La Chapelle a été convaincue par le travail de Kim Minjung, son homologue coréen consacré au papier Hanji. Choi Kyungran a fait lire un roman de Han Kang à Pierre Bisiou, qui a ressenti un véritable choc littéraire.

Ariane de La Chapelle : les qualités pérennes du papier Hanji

Poser le cadre du travail d’Ariane de La Chapelle et de son équipe, c’est entrer doublement dans un domaine d'exception. Son domaine d’activité est d’une part, celui de la conservation et de la restauration de biens culturels, d’autre part c’est celui de l’apport mutuel de techniques venues de différentes nations, dont la Corée. Comment imaginer qu’un papier traditionnel venu de Corée fabriqué à la main à partir d'une pâte de mûrier possédait de telles qualités de pérennité. Surtout comment imaginer que ce papier allait permettre la conservation et restauration d'œuvres d’art au sein de l’un des plus prestigieux musées du monde, le musée du Louvre. Un article publié sur Korea.net est consacré au travail d’Ariane de La Chapelle sur le sujet.

Ariane de La Chapelle a fait confiance à un spécialiste coréen de la restauration en la personne de Kim Minjung, autre figure emblématique de la restauration des biens culturels du Louvre grâce à l'utilisation du papier Hanji. Kim Minjung avait également accordé un entretien à Korea.net et déclaré que le papier Hanji avait été reconnu « pour sa grande durabilité et sa qualité exceptionnelle », et s’était imposé comme « le meilleur choix pour la restauration, et que ses fibres horizontales et verticales s'entrecroisent, ce qui confère au papier sa robustesse ». 

Ariane de la Chapelle est responsable des recherches appliquées au Musée du Louvre. C’est une spécialiste des recherches appliquées aux arts graphiques sur les matériaux de création (papiers, techniques graphiques...) leurs altérations et leur conservation. Elle a ainsi organisé une conférence internationale au Musée du Louvre en 2017 sur la pérennité des papiers traditionnels à la forme avec un focus sur le papier coréen avec un ensemble d'experts européens et extrêmes orientaux.

Lorsque Ariane de la Chapelle, était responsable de l'équipe de restauration du musée du Louvre, elle a pris connaissance du mémoire de maîtrise de Kim Minjung portant sur sa comparaison des papiers traditionnels de Corée, du Japon et de Chine, mémoire qui indiquait donc que le hanji se prêtait parfaitement à la restauration grâce à sa contractilité et à sa dégradation progressive. C'est ainsi qu'en 2017, le Musée du Louvre a utilisé pour la première fois du hanji fabriqué à Jeonju, dans la province du Jeolla du Nord (Jeollabuk-do), pour restaurer le bureau du XVIIIe siècle du roi Maximilien II de Bavière.

De gauche à droite, Choi Kyungran avec ses enfants et Pierre Bisiou en décembre 2025 avec l'équipe de KBS, en décembre 2025. © Nathalie Fisz et Pierre Bisiou

De gauche à droite, Choi Kyungran avec ses enfants et Pierre Bisiou avec l'équipe de KBS, en décembre 2025. © Nathalie Fisz et Pierre Bisiou


Choi Kyungran et PIerre Bisiou, la co-traduction de la littérature coréenne

Tout comme pour Ariane de La Chapelle et son équipe, on ressent cette fusion et ce respect mutuel entre Choi Kyungran et Pierre Bisiou lesquels nous ont permis de découvrir la belle littérature coréenne. Pour tous les deux c'est un travail de longue haleine car ils ont fait leurs preuves dans les domaines de l’édition et de la co-traduction d’ouvrages de littérature coréenne.

Choi Kyungran est traductrice du coréen au français de la littérature coréenne. Elle a commencé en 1998, pour les éditions Philippe Picquier. Après avoir fait une pause dans son parcours professionnel, elle a repris en 2018. De très nombreuses collaborations avec Pierre Bisiou, dont le parcours est présenté dans cet article de Korea.net écrit par mon amie journaliste Danielle Tartaruga, vont suivre.

Pierre Bisiou a expliqué à Danielle qu'avant Matin Calme, il y a eu Le Serpent à Plumes, une maison d’édition généraliste qu’il avait dirigée après en avoir été l’un des fondateurs il y a presque trente ans. Un jour de 2018, il lit un article du Guardian qui annonce que la nouvelle vague du polar coréen vient prendre la suite du polar nordique.

Pierre Bisiou dit qu’il doit tout à Choi Kyungran. Bien que ne parlant pas coréen, il devient son co-traducteur pour un certain nombre d’ouvrages de littérature coréenne, dont quelques stars du polar à commencer par Kim Un-su (Le placard, Les planificateurs), Jeong You-jeong (Généalogie du mal) ou Kim Young-ha (Quiz show). Un jour, le manuscrit de La végétarienne de Han Kang arrive. Il en publiera trois autres avec le Serpent à plumes : Celui qui revient, Leçons de grec et Blanc.

Kyungran Choi et Pierre Bisiou étaient co-traducteurs du dernier livre de Han Kang, Impossibles adieux aux éditions Grasset qui a reçu le prix Médicis étranger en 2023, puis le prix Nobel de littérature, le 10 octobre 2024.

Le lundi 15 décembre 2025, Pierre Bisiou, qui était à Séoul, a publié un post Facebook sur lequel il a écrit. « Je partage avec vous cette belle nouvelle, ma binôme Choi Kyungran et moi-même sommes les heureux récipiendaires du Prix culturel France-Corée 2025, pour nos traductions ».

L'entrée superbe et le cocktail dînatoire coréen. © Nathalie Fisz

L'entrée superbe et le cocktail dînatoire coréen. © Nathalie Fisz


La soirée de l’amitié franco-coréenne

Après la remise du prix aux lauréats par M Kim Byungjun et les remerciements, nous avons été conviés à déguster un cocktail dinatoire coréen.

Nous nous sommes dirigés vers la vaste salle à manger où des mets délicats nous attendaient, des mets avec une présentation raffinée comme nos amis coréens savent si bien le faire. Là encore, un mariage, celui du visuel et du goût.

J’ai eu le plaisir d’échanger quelques mots avec M. Kim Sangwon, Interprète et rédacteur, section politique à l’ambassade de la République de Corée que j’avais vu l’an passé avec Danielle au Centre culturel coréen. J’ai pu également m’entretenir avec M. Kim Byungjun lui-même, que j’avais vu cette année au concours de poésie franco-coréen dédié au sijo, ainsi qu’au concert pour la paix au siège de l'UNESCO organisé par Echos de la Corée et Mia Lee Dervout.

J’ai retrouvé M. Lee Il-Yul, directeur du centre culturel coréen, et des membres de son équipe, ainsi que David Hamon, président d’honneur de Racines coréennes dont je fais partie, et Marc-Antoine Jamet, secrétaire général du groupe LVMH, qui se réjouissait à nouveau de la magnifique collaboration entre le groupe LVMH et la Corée.

Une soirée aussi exceptionnelle que la qualité du travail des lauréats.

Quelques mots encore

En quittant la soirée, j’ai fait quelques pas dans Paris et suis tombée quasiment « nez à nez » avec notre belle dame de fer, la tour Eiffel brillante et scintillante de mille feux.

Captivée par ses lumières, j’ai pris alors pleinement conscience de l’honneur qui m’avait été fait de m’associer à cette réussite, et de partager ce moment d’amitié entre la France et la Corée.


Présents partout à travers le monde, les journalistes honoraires de Korea.net ont pour mission de faire connaître et partager leur passion de la Corée et de la culture coréenne au plus grand nombre.

caudouin@korea.kr