Busan a accueilli la 48e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet dernier. Dans cette série d’articles, Korea.net présente six des douze sites que la Corée entend proposer à l’inscription.
Par Hong Angie
Sur le site de l'ancien temple Hoeamsa, situé à Yangju, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Séoul, il n'y a pas de grands pavillons en bois ni de décorations colorées, mais principalement de vastes pelouses et d'anciennes pierres de fondation.
En parcourant le site, on distingue peu à peu les traces du temple qui se trouvait autrefois à cet endroit. Les vestiges permettent ainsi de mesurer l'ampleur de ce complexe qui fut l'un des principaux temples bouddhistes de la fin de la période Goryeo et du début de la dynastie Joseon.
Près du sommet de la colline se trouve une pagode classée trésor national. Sa base octogonale est ornée de sculptures représentant notamment des dragons, des nuages et des fleurs de lotus, tandis que son imposant couronnement lui donne une allure particulièrement remarquable. L’édifice témoigne du haut niveau atteint par l'art de la pierre au début de la dynastie Joseon.
Pour en savoir plus sur l’histoire de Hoeamsa, il faut se rendre au musée situé près du site archéologique. Une maquette restaurée présentée au premier étage permet notamment de reconstituer l'apparence du temple il y a plus de 600 ans.
Les fouilles archéologiques menées depuis 1997 ont permis de mieux connaître le temple et son histoire. Parmi les objets découverts figurent des tuiles de couleur bleue, généralement réservées aux bâtiments royaux, ainsi que des têtes de dragon, des gargouilles et des figurines d'enfants en porcelaine blanche. Plusieurs de ces éléments présentent des caractéristiques architecturales proches de celles des palais royaux.
Le geumtak, une grande cloche en bronze, constitue également l'un des principaux objets mis au jour sur le site. Autrefois suspendu aux avant-toits des bâtiments du temple, l’objet est exceptionnel par sa taille. Les noms du premier roi de Joseon, Taejo, ainsi que de sa deuxième épouse Sindeok, de son dernier fils Bangseok et du moine Muhak, devenu précepteur du roi, sont gravés sur sa surface, accompagnés d'une prière pour la prospérité de la famille royale.
« La taille exceptionnelle de la cloche en bronze, les inscriptions de personnages royaux clairement gravées sur sa surface et les vestiges de style palatial montrent que le temple Hoeamsa était bien plus qu'un simple temple bouddhiste. Il servait également de résidence royale temporaire, où le roi pouvait séjourner pour superviser les affaires de l'État, et bénéficiait d'un important soutien de la cour », explique Hong Bo-kyeong, conservatrice à la mairie de Yangju.
Considéré comme le plus grand temple royal de la fin de la période Goryeo et du début de la période Joseon, Hoeamsa comptait plus de 70 bâtiments construits sur huit niveaux de terrasses en pierre à flanc de montagne. Le roi Taejo y séjournait temporairement. L'organisation du site rappelle notamment celle de Manwoldae, le principal palais royal de la dynastie Goryeo, situé à Kaesong, aujourd’hui en Corée du Nord.
Le temple fut cependant détruit par un incendie au XVIe siècle et tomba progressivement en ruine. Si les bâtiments ont disparu, de nombreux vestiges souterrains ont été conservés. C'est notamment le cas du système de chauffage au sol, appelé ondol en coréen, et d'un système de drainage, élaboré pour l’époque. Ces installations témoignent des techniques architecturales de l'époque et permettent de mieux comprendre les conditions de vie des milliers de moines qui résidaient sur le site.
Le site du temple de Hoeamsa constitue aujourd'hui un témoignage important du développement du bouddhisme coréen et permet également de mieux comprendre l'organisation des grands espaces de méditation construits à la fin de la période Goryeo et au début de la dynastie Joseon, vers le XIVe siècle.