Journalistes honoraires

11.02.2026

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Experts français et coréens en propriété intellectuelle se sont donné rendez-vous pour un événement destiné à stimuler les échanges sur l’IA et la propriété intellectuelle. © Ambassade de France en Corée

Experts français et coréens en propriété intellectuelle se sont donné rendez-vous pour un événement destiné à stimuler les échanges sur l’IA et la propriété intellectuelle. © Ambassade de France en Corée



Par Mathilde Lafage

Le 5 février dernier se tenait à l’ambassade de France en Corée une conférence intitulée « Navigating Innovation & AI: New Frontiers and New Challenges for Intellectual Property ».

L’événement s’est tenu en présence d’invités de marque tels que Philippe Bertoux, ambassadeur de France en Corée, Kim Yong-sun, ministre de la Propriété intellectuelle, et du directeur général de l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI), Pascal Faure.

Les professionnels coréens et français de la propriété intellectuelle et de l’intelligence artificielle (IA), ont abordé durant cette journée une question centrale : si l’IA accélère aujourd’hui l’innovation à une vitesse sans précédent, est-elle pour autant un allié ?

Car cette accélération s’accompagne aussi de nouveaux défis, notamment celui de fragiliser les fondations traditionnelles du droit de la propriété intellectuelle.

La seconde table ronde du Franco-Korean Day, « Managing and Protecting IP: Is AI an Ally or an Enemy? », se tient à l’Ambassade de France en Corée, à Séoul, le 5 février 2026. © Ministère coréen de la Propriété intellectuelle

La première table ronde du Franco-Korean Day, « Navigating Innovation & AI: New Frontiers and New Challenges for Intellectual Property », se tient à l’Ambassade de France en Corée, à Séoul, le 5 février 2026. © Ministère coréen de la Propriété intellectuelle


Kim Yong-sun a rappelé qu’avec la rapidité du développement de l’IA, la collaboration internationale est plus que jamais essentielle pour harmoniser les règles. La France reste selon lui un partenaire clé pour la Corée sur ces questions, une coopération d’autant plus symbolique que les deux pays célèbrent en 2026 les 140 ans de leurs relations diplomatiques.

Pour Pascal Faure, l’IA a indéniablement transformé le paysage de l’innovation. Accessible à tous, elle est une opportunité sans précédent mais soulève également de nouveaux défis. Son développement est si rapide que les cadres juridiques peinent à suivre.

Ce constat a nourri la première table ronde, intitulée « Innovating in the Age of AI: Opportunity vs. Legal Gap ». L’INPI, comme le ministère coréen de la Propriété intellectuelle (MOIP) intègrent aujourd’hui l’IA dans leurs processus, notamment pour l’examen des dépôts de titres de propriété intellectuelle. Cependant, les intervenants ont insisté sur un principe essentiel à conserver : celui du « human in the loop ». Une supervision humaine reste indispensable pour vérifier les tâches réalisées via l’IA. Han Gyo-don, directeur au MOIP, a rappelé que l’examinateur est celui qui prend la décision finale et en assume la responsabilité.

Jean-Marc Deltorn, professeur au Centre d'études internationales de la propriété intellectuelle (CEIPI) a soulevé le fait que l’incertitude fait désormais partie du paysage technologique et que « nous ne pouvons pas survivre dans un environnement en constante évolution si nous ne prenons pas de risques ». La collaboration internationale apparaît donc comme essentielle pour permettre à l’IA de révéler son potentiel tout en protégeant les droits fondamentaux.

Les professionnels publics et privés de la propriété intellectuelle ont échangé sur les risques et opportunités liés à l’usage de l’intelligence artificielle. © Ambassade de France en Corée

Les professionnels publics et privés de la propriété intellectuelle ont échangé sur les risques et opportunités liés à l’usage de l’intelligence artificielle. © Ambassade de France en Corée


La seconde table ronde, « Managing and Protecting IP: Is AI an Ally or an Enemy? », s’est concentrée sur les pratiques concrètes des entreprises. Louis Vuitton et Amorepacific ont expliqué comment elles utilisent l’IA pour gérer leurs portefeuilles de marques et surveiller leur périmètre de droits.

Selon un sondage mené par Questel (éditeur de logiciel et un prestataire de services français pour les secteurs de la propriété intellectuelle), 76 % des répondants estiment que l’adoption de l’IA a renforcé leur compétitivité.

Le revers de la médaille reste la question de la sécurité des données. Quel traitement est réservé aux données sensibles introduites dans les outils d’IA ? Pour y répondre, certaines entreprises développent leurs propres solutions en interne. LVMH (société mère de Louis Vuitton) a par exemple conçu son propre outil baptisé MaIA.

L’IA apparaît ainsi comme un allié incontournable pour les entreprises, à la fois pour défendre leurs droits et pour éviter d’empiéter sur ceux d’autrui.

Cependant, la législation relative à l’IA demeure récente et en constante évolution. Comme l’ont souligné les intervenants, le droit se trouve souvent en retard par rapport aux avancées technologiques. Les divergences entre systèmes juridiques illustrent cette difficulté. Par exemple, si la législation européenne permet de demander le retrait global de contenus contrefaisants, la législation coréenne impose souvent une déclaration publication par publication, ce qui complique la lutte contre la contrefaçon en ligne.

L’intelligence artificielle transforme déjà de nombreux domaines scientifiques et juridiques. Dans ce contexte, l’humain devra rester vigilant et continuer à encadrer juridiquement son utilisation. Comme l’a rappelé Philippe Bertoux, la coopération internationale sera essentielle pour garantir cet encadrement et permettre à l’IA de continuer à ouvrir la voie aux générations futures.

La rencontre entre l’INPI et le MOIP s’est conclue par la signature d’un plan de travail 2026‑2027, axé sur trois priorités : intelligence artificielle, indications géographiques et protection des droits de propriété intellectuelle. © Ministère coréen de la Propriété intellectuelle

La rencontre entre l’INPI et le MOIP s’est conclue par la signature d’un plan de travail 2026‑2027, axé sur trois priorités : intelligence artificielle, indications géographiques et protection des droits de propriété intellectuelle. © Ministère coréen de la Propriété intellectuelle



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