De gauche à droite, Lee Jung-sook et une amie et Michelle Kong devant l'entrée du salon Art Capital 2026. © Lee Jung-sook et Michelle Kong
Par Nathalie Fisz
Nous avons sans nul doute besoin d’art dans nos vies. Aller à la rencontre de l’art nous permet de nous évader et également de réfléchir.
À l'instar de Séoul, la capitale française révèle la beauté des œuvres d’art classiques ou contemporaines et sait parfaitement associer les styles. A Paris, voici maintenant 20 ans que l’art contemporain et les artistes ont trouvé un lieu d’expression dans un endroit qui est un véritable écrin pour leurs créations.
Ce lieu n’est autre que le Grand Palais, qui accueille l’exposition Art Capital. A cette exposition sont présents des artistes du monde entier et également des artistes coréens. L’édition 2026 qui s’est tenue du 13 au 15 février derniers n’y fait pas exception.
Parmi ces artistes coréens il y avait Michelle Kong. J’ai eu la chance d’écrire deux articles avec Michelle, et je sais à quel point elle est honorée de présenter son travail à un public grandissant. Elle m’a proposé de venir la voir à l'exposition, ce que j’ai bien entendu accepté.
Dans le même temps, j'ai suivi les publications d’une autre grande artiste coréenne, qui n’est autre que Lee Jung-sook, une spécialiste de la broderie traditionnelle coréenne.
Elle avait posté plusieurs publications sur Facebook. On la voyait visiter Paris notamment au Musée d’Orsay. Puis elle avait indiqué qu’elle serait présente à Art Capital.
Toutes les raisons étaient donc réunies pour que j’aille leur rendre visite à mon tour, au Grand Palais.
Soutenu par le ministère de la Culture et de nombreux mécènes, tels que la Maison Chanel, Art Capital fête sa vingtième année. Le salon célèbre la création dans toute sa diversité : peinture, sculpture, dessin, photographie. Il est composé du salon des Indépendants, célèbre une liberté totale d’expression et la diversité des démarches artistiques, du salon Comparaisons, un parcours en groupes d’affinités, où les œuvres dialoguent autour de sensibilités et de styles communs, du salon Dessins et Peintures à l’eau, qui présente des aquarelles, encres, lavis dans une ambiance subtile et intimiste et du salon des artistes français, héritier des grands salons académiques.
Comme l’indiquait le Centre culturel coréen dans l’une de ses publications, au fil des années, le salon Comparaisons d’Art Capital a accueilli de nombreux artistes célèbres, comme Yves Klein, Picasso, Salvador Dali ou Kim Tschang-Yeul.
Michelle Kong devant l'une de ses toiles de coquelicots au Salon Art Capital 2026. © Michelle Kong
Dans
le dernier article que j’ai consacré à Michelle, je l’ai réellement imaginée comme une digne héritière de Claude Monet. Elle a présenté à nouveau des coquelicots qu’elle aime passionnément et dont elle a le secret mais peints encore autrement avec d'innombrables touches de couleurs. Je sais à quel point Michelle est perfectionniste et elle n’a pas manqué de me demander mon avis.
Puis des acheteurs potentiels sont venus la voir et aussi des visiteurs qui s’arrêtaient comme pour compter les couches de peinture successives des coquelicots. Je suis allée lui chercher un café, nous avons discuté et pris des photos, puis j’ai laissé Michelle se consacrer pleinement à ses invités.
L'une des réalisations de Lee Jung-sook présentées au Salon Art Capital 2026. © Nathalie Fisz
Lee Jung-sook n’en est pas à sa première participation à Art Capital. Elle aime aussi beaucoup Paris et son patrimoine artistique et a partagé des publications de ses visites dans différents musées, tels que le musée d’Orsay, le musée Guimet. Mais Lee Jung-sook est elle-même une très grande artiste, maître de la broderie traditionnelle coréenne, jasu. Elle est reconnue dans le monde entier et certains critiques d’art ont dit d’elle que « son travail repousse les limites de cet art traditionnel, s'élevant à un niveau de grâce et d'expression artistique sans égal ».
Lee Jung-sook est artisan de jasu (broderie traditionnelle coréenne) et coordinatrice du Korea Bojagi Forum. Si les techniques utilisées de jasu sont historiques, ce sont les couleurs et les motifs qu’elle interprète de manière moderne avec sensibilité.
Quand je suis arrivée au salon le samedi, Lee Jung-sook avait eu un contretemps mais j’ai eu le plaisir de rencontrer l’une de ses très proches amies et de voir son travail.
« The Three Graces » de Park Hyung-jin au Salon Art Capital 2026. © Nathalie Fisz
En arpentant les allées du salon, je suis tombée en admiration devant l’une des peintures de Park Hyung-jin (né en Corée en 1970), une peinture impressionnante en tout point de vue, intitulée « Les trois grâces », une peinture huile sur toile de dimension 180x322 cm.
Il est dit par les critiques d’art que Park Hyung-jin peint à la lisière d’un réalisme assez proche pour sembler familier, mais altéré juste assez pour troubler et que ses portraits féminins brillent d’une clarté photoréaliste : peau lumineuse, yeux agrandis, immobilité composée.
Park Hyung-Jin réinvente la beauté, non pas telle qu’elle est, mais telle qu’on la désire. La beauté devient symbole. Le réalisme, un point de départ.
J'ai trouvé pour ma part, les visages, la brillance des cheveux et la lumière des yeux totalement exceptionnels.
Quelques jours après j’ai vu les publications de la Galerie Eric Burdin consacrées à Park Hyung-Jin, et j’ai partagé fièrement ma photographie de
The Three Graces.
Sous la verrière du Grand Palais, Samsara de Jeong Hae-kwang à la rencontre d'un visiteur au Salon Art Capital 2026. © Jeong Hae-kwang
J’ai pu également admirer Samsara de Jeong Hae-kwan (né à Séoul en 1963), diplômé du département de peinture de la faculté des beaux-arts de l’Université Chung-Ang. De nombreux visiteurs se sont arrêtés comme moi devant cette huile sur toile de dimension 181,8 X 227,3 cm (2015-2019).
Comme je le suis également sur Facebook, j’ai pu aussi lui partager fièrement ma photographie de Samsara.
En me promenant dans le salon, j’ai pu admirer le travail d’autres artistes tels que Cheong Heon, Kim Saymyung, Park Hanbyul, Suh Kyoungja, mais ce n’étaient pas les seuls.
J’ai également pu échanger quelques mots avec Mia Lee-Dervout qui préside l’Association Echos de la Corée et qui est aussi une grande amatrice d’art. D’ailleurs, elle organise souvent des expositions et fait la part belle aux talents émergents. C’était un très bel après-midi !
Ode fleurie à la nature par Kim Saymyung au Salon Art Capital 2026. © Nathalie Fisz
Quelques mots encore
C’est ainsi que grâce à Michelle Kong et à Lee Jung-sook, j’ai pu m’évader et voir de belles œuvres le temps d’un après-midi au Grand Palais. Il faut bien garder à l’esprit que ce lieu historique accueillait l’exposition universelle de 1900 et lors de cette exposition un pavillon coréen était présent. La présence de ces artistes coréens à Art Capital édition 2026, est elle aussi un très bel hommage à l’amitié entre la France et la Corée.
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