Sciences

28.11.2025

Le satellite CAS500-3, qui mesure 1,92 mètre de diamètre, 1,76 mètre de hauteur et pèse 516 kilos, a été éjecté de Nuri depuis une plateforme à partir de laquelle les 12 CubeSats ont eux aussi été libérés via leurs tubes de lancement. © Administration coréenne aérospatiale (KASA)

Le satellite CAS500-3, qui mesure 1,92 mètre de diamètre, 1,76 mètre de hauteur et pèse 516 kilos, a été éjecté de Nuri depuis une plateforme à partir de laquelle les 12 CubeSats ont eux aussi été libérés via leurs tubes de lancement. © Administration coréenne aérospatiale (KASA)



Par Charles Audouin

Le lancement réussi de la fusée Nuri, ce 27 novembre, a permis à 13 satellites d’être placés en orbite, soit le plus grand nombre de satellites jamais envoyés dans l’espace par la Corée lors d’une seule mission.

Le plus imposant d’entre eux, CAS500-3, a pour mission d’étudier les récentes éruptions solaires qui ont entraîné l'apparition d’aurores boréales à des latitudes anormalement basses et des perturbations des communications. Trois appareils lui sont associés pour observer les aurores, analyser le plasma et mener des expériences sur la culture de cellules souches en microgravité.

1. Republic of Korea Imaging Test System (ROKITS)

Développée par l'Institut coréen d'astronomie et des sciences spatiales, cette caméra possède un champ de vision de 700 km de large afin de suivre l’étendue et l’évolution des aurores en haute résolution, y compris dans des zones auparavant difficiles à observer, comme le côté du Soleil opposé à la Terre, pas toujours visible. Les données recueillies doivent améliorer la prévision de la météorologie spatiale en analysant l’énergie entrant dans l’atmosphère terrestre.

2. Ionospheric Anomaly Monitoring by Magnetometer And Plasma-probe (IAMMAP)

Cet instrument conçu par l'Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST) mesure simultanément les variations du plasma et du champ magnétique dans l'ionosphère à des altitudes comprises entre 100 et 1 000 km. Il analysera les perturbations ionosphériques à l'origine des coupures de communication et de GPS et étudiera les mécanismes de transfert d'énergie en observant l’électrojet équatorial (un courant électrique de l'ionosphère se déplaçant au-dessus de l’équateur magnétique) et des anomalies d’ionisation équatoriale.

3. BioCabinet

Ce dispositif expérimental développé par l’université l'université Hallym permet de cultiver des souches de cellules en trois dimensions dans l’espace, même en l’absence d’accès à la Station spatiale internationale. Ces recherches devraient contribuer aux progrès de l'astrobiologie et de la médecine spatiale. Il s’agit de la première expérience du type menée à bord d’un satellite coréen, précise l’Administration coréenne aérospatiale (KASA).

Des chercheurs de l’Institut coréen de recherche aérospatiale (KARI) suivent le satellite CAS500-3 depuis Daejeon, le 27 novembre 2025. © Institut coréen de recherche aérospatiale

Des chercheurs de l’Institut coréen de recherche aérospatiale (KARI) suivent le satellite CAS500-3 depuis Daejeon, le 27 novembre 2025. © Institut coréen de recherche aérospatiale


En plus de CAS500-3, Nuri embarquait 12 satellites cubiques mesurant environ 10 cm de côté et pesant entre 2 et 20 kg. Développés par des entreprises, des universités et des instituts de recherche coréens, dont l’Institut coréen de recherche aérospatiale (KARI), l’Institut de recherche en électronique et télécommunications (ETRI), l’Université Sejong et l’Université nationale de Séoul, ces CubeSats mèneront diverses missions scientifiques en orbite.

Inha RoSAT, de l’Université Inha, est le premier microsatellite au monde à intégrer un module photovoltaïque. Persat01, de la société Quaternion, surveillera les courants transportant des déchets marins autour de l’île de Jeju et testera des composants destinés aux CubeSats. K-Hero du KAIST, étudiera le fonctionnement d’un propulseur à effet Hall conçu pour les microsatellites.

caudouin@korea.kr