Au Sejong Museum, sur la place Gwanghwamun, dans le centre de Séoul, cinq petites salles habillées d'une musique relaxante invitent le visiteur à la contemplation. Dans ce repaire de tranquillité sont exposées jusqu’au 27 avril des œuvres d’art médiatique mettant en lumière la beauté des jardins traditionnels coréens. Une occasion de s’évader de la jungle urbaine séoulienne, pour quelques instants.
« Nous avons conçu cette exposition, nommée Mieumwanbo, afin de transmettre aux visiteurs les techniques de conception des jardins traditionnels coréens ainsi que la diversité de leurs charmes », explique le service du patrimoine coréen, à l’origine de cet événement. Mieumwanbo signifie « marcher lentement en fredonnant ».
Derrière le premier rideau blanc, des escaliers en bois et des livres sont installés devant un grand écran sur lequel sont diffusées les images d’un jardin traditionnel en pleine nature. La forme carrée constituée par le pavillon et ses colonnes rappelle le cadre d’une photo qui inviterait le spectateur à regarder ce qui se trouve à l'intérieur.
« En Chine et au Japon, les objets placés dans les jardins traditionnels attirent le regard vers l'intérieur, tandis qu’en Corée, leur architecture ouverte permet de pouvoir observer comment le paysage qui les entourent change au cours de la journée et des saisons », explique Kim Dong Hyun, du service du patrimoine coréen. « Lorsque vous vous rendrez dans un jardin traditionnel coréen, ne vous contentez pas de regarder à l'intérieur : asseyez-vous sous un de ses pavillons et observez la nature qui s’étend autour de vous », recommande-t-il.
Dans la salle suivante, la représentation d’une chute d’eau inspirée de celles de Bulil, près du temple Ssanggyesa, dans le parc national du mont Jirisan, est projetée sur un mur de six mètres de haut.
Dans une autre, les visiteurs peuvent voir le jour défiler sur le mont Geumgangsan, montagne préférée des érudits de la dynastie Joseon, grâce à une projection vidéo installée devant la reproduction miniature d’un seokkasan, une sculpture en pierre à but ornemental représentant une montagne qu'on plaçait devant les maisons.
L'exposition se poursuit avec une reproduction du bangjiwondo, une technique architecturale de conception spatiale typique des jardins traditionnels coréens et qui se compose d’une île ronde au centre d’un étang carré.
Ces deux dernières œuvres transmettent l’esprit dont les jardins étaient utilisés durant la dynastie Joseon dans un but de détente et de culture de l’esprit et du corps. « Ces nouvelles manières d’apprécier la nature à travers la mise en place de petites installations dans les jardins sont apparues avec le développement culturel centré sur les villes, surtout Hanyang (ancienne Séoul), à la fin de la dynastie Joseon », explique Kim Dong Hyun.
Enfin, la dernière salle de l’exposition propose de découvrir ou de redécouvrir les jardins de l’arrière-cour du palais Changdeokgung durant les quatre saisons de l’année. Quatre autres jardins construits dans des maisons à la campagne sont également reproduits à l'identique, sur écran. « Les visiteurs qui n'ont jamais encore eu l'occasion de visiter les jardins de Changdeokgung durant les quatre saisons de l’année peuvent les admirer dans cette salle », a déclaré Kim Dong Hyun.
« Mieumwanbo, Strolling Through Traditional Gardens » voyagera ensuite au centre culturel coréen de Londres de septembre à novembre.